21 mars 2026. « A Saint-Denis, terre de résistance nous sommes la Nouvelle France… », l’intervention de Nelly Angel-Itouchene lors du conseil municipal d’installation du Maire, Bally Bagayoko

, par La Rédac’

Nous publions l’intervention de Nelly Angel-Itouchene, doyenne de l’assemblée, lors du conseil municipal d’installation du Maire de la commune nouvelle de Saint-Denis, Bally Bagayoko, le 21 mars 2026.

Mesdames les Conseillères et Messieurs les conseillers, mes cher·es collègues.

Les premiers mots seront pour vous féliciter car nous aurons l’honneur de
représenter les Dionysiens et les Pierrefittois

Nous avons reçu un message clair : Changer de cap, uni·es par un idéal et des
objectifs précis définis dans un programme travaillé depuis plus de deux ans avec
les habitantes et les habitants de tous les quartiers . Ils ont exprimé leur volonté
d’un changement radical et leur soutien à un projet municipal plus proche d’eux,
plus attentif à leurs préoccupations, plus respectueux.

L’Espoir, nous l’avons redonné, maintenant il faut construire l’Avenir. Car, comme
dit le poète Paul Eluard « Saint-Denis, elle dit l’Avenir ! ».

Je vais répéter pour celles et ceux qui n’ont pas bien entendu ou qui ne
connaissent pas leurs classiques : Nous sommes et demeurerons « la ville des rois
morts et du peuple vivant », comme l’écrivait Jean Marcenac, poète dionysien,
résistant et enseignant de philosophie au lycée Paul Eluard.

Dans une démocratie locale, un maire et ses adjoint·es ont avant tout un devoir :
être au service des habitants et des habitantes pendant toute la durée de leur
mandat. Être élu·e ne signifie pas détenir un pouvoir personnel, mais assumer une
responsabilité collective, exercée avec humilité, transparence et sens de l’intérêt
général.

La fonction d’élu·e exige d’écouter les habitants, de dialoguer avec eux, de
prendre en compte leurs préoccupations quotidiennes et de construire les
décisions avec la population. Les élus ne sont pas propriétaires de la ville : ils en
sont les dépositaires temporaires, mandatés par les citoyens pour agir en leur
nom. Elle exige également d’organiser les luttes pour arracher les crédits
nécessaires afin de satisfaire les besoins de la population.

Il est également essentiel de rappeler une réalité simple : ce sont les habitants, les
travailleurs, les agents, qui font vivre la commune par leur engagement, leur travail
et leurs impôts. Gouverner une ville implique de rendre des comptes, d’expliquer
ses choix et de respecter celles et ceux qui contribuent chaque jour à la vie
collective.

La liste « Ensemble Retrouvons l’Espoir », conduite par Bally Bagayoko, a fait
naître un espoir immense dans la ville de Saint Denis /Pierrefitte. Cette alliance
entre La France Insoumise, le Parti Communiste Français, la Seine Saint Denis au
Cœur, avec le soutien de PEPS, des Radicaux de Gauche, et du NPA, a
maintenant la charge de mettre en œuvre le programme validé par les citoyen·nes.

A Saint-Denis, terre de résistance nous sommes la Nouvelle France et Bally
Bagayoko, enfant héritier de l’immigration, est digne de nous représenter, nous qui
sommes en grande partie enfants ou petits-enfants d’immigrés. C’est un enfant de
Saint-Denis, qui représente tout ce que certains ne veulent pas montrer et voir de
Saint-Denis/Pierrefitte.

Issu d’une famille nombreuse venue du Mali, il a grandi dans une cité et a
fréquenté l’école de la République. Il a fait du sport, beaucoup de sport, puis il a
fait des études, beaucoup d’études. Il est devenu cadre supérieur dans une
grande entreprise, comme des milliers de nos enfants de Saint Denis et Pierrefitte
qui ont des talents divers et varié.

Saint-Denis, banlieue populaire, est une terre de migrations d’hommes et femmes
venus d’autres pays du monde mais aussi une terre de migrations à l’intérieur de
l’hexagone : les Bretons, premiers arrivés en 1870, les Normands, les Auvergnats
et tous les descendants d’ouvriers venus chercher du travail à Paris et à Saint-
Denis.

Ces hommes et ces femmes, ont reconstruit, avec ceux qui s’y trouvaient déjà,
cette ville qui après la guerre, était à terre, toute détruite. Ils ont construit des
logements, des cités qu’ils voulaient, disaient Auguste Gillot et Marcelin Berthelot,
« aérées pour que les travailleurs quand ils rentraient du travail puissent profiter
de coins de verdure et les enfants d’espaces de jeux, et aussi pour certaines cités
en plein centre-ville » , car, disaient-ils « Pourquoi les ouvriers n’auraient pas le
droit d’avoir leur fenêtre qui donne sur la basilique ? ». Ils ont canalisé les rivières,
ont démoli des logements insalubres, ont résorbé les bidonvilles ; ils ont construit
des centres de santé, des écoles, des colonies, la liste est impressionnante.
Les femmes ont pris une grande part. Je pense à ma mère, Marie-Louise Angel
qui a pris part à la Résistance puis a milité toute sa vie au Parti Communiste, au
syndicat des communaux CGT et à la CNL.

Je pense à Simone Gillot qui a développé l’Accouchement Sans Douleur à la
maternité de Saint Denis, pour qui j’ai une tendresse toute particulière puisque, a
l’hôpital Delafontaine elle m’a assisté quand j’ai accouché de mes deux fils qui ont
été élevés à Saint Denis, y ont fait du foot Ball, des études et sont devenus des
hommes remarquables dont je suis extrêmement fière , comme tous les enfants de
Saint Denis.

Nos aînés ont été trop souvent décriés, critiqués ces dernières années et je l’ai pris
comme une insulte à mes amis, aux habitants de St Denis/Pierrefitte, à mes
compagnons de lutte, à mes parents, résistants et militants communistes, à mon
grand-père venu d’Espagne qui s’est battu contre Doriot avec Auguste Gillot et
d’autres - mais il n’y en avait pas beaucoup -, à mon oncle, Henri Marcos, qui fut
Conseiller Municipal dans notre ville et qui a beaucoup travaillé avec Bally, en tant
que Président de l’Office des Sports pendant des années. Une insulte à mon beau
père, Abderrahmane Itouchene, arrivé d’Algérie à 20 ans, qui a élevé avec sa
femme 11 enfants dans le respect des valeurs qui sont les nôtres, qui s’est battu
comme des milliers d’immigres, pour libérer la France en 1939-1944 et pour
libérer son pays aux côtés du FLN ensuite.

Les vagues migratoires successives ont participé à la reconstruction, les habitants
les ont accueillis, se sont mélangés. Ils ont fait tourner les usines de la Plaine
Saint-Denis et de tout le territoire, ils ont vécu dans la solidarité et la fraternité, ne
se souciant ni de la nationalité des uns ni de la religion de l’autre. Aujourd’hui ils et
elles sont les premiers de cordée SAINT-DENIS C’EST ÇA !

Saint-Denis en a relevé des défis ! Le prochain est l’adaptation aux changements
climatiques, avec la mise en œuvre d’une écologie populaire.

Bally, notre nouveau Maire, tout le monde le connaît !

Il est engagé depuis longtemps dans la politique municipale mais avant tout, c’est
un humaniste au bagage bien rempli. Il privilégie l’Homme et les valeurs humaines.
Il connaît tout le monde à Saint-Denis, exactement comme nous dans cette salle
qui ne pouvons pas faire un pas dehors sans rencontrer une connaissance. Il
connaît les problèmes de tous, il les a vécus. Il connaît les difficultés que rencontre
notre jeunesse, une école inégalitaire, Parcoursup, les stages pas trouvés, obligé
d’arrêter les études. Bally Bagayoko il vit tout ça, il nous ressemble, il nous
rassemble.

Comme des milliers de Dionysiens et Dionysiennes, de Pierrefittois et
Pierrefittoises, je suis une citoyenne engagée et nous devons inciter les habitants à
s’engager davantage, à s’occuper de leurs affaires dans tous les domaines.
Longtemps élue à la CGT j’ai toujours défendu les droits du Monde du travail,
aujourd’hui , militante à la France Insoumise, élue à la CNL je continue à défendre
le pouvoir d’achat des locataires et à réclamer un logement digne, et abordable
pour tous ce qui est à mes yeux élémentaire.

C’est pourquoi en partant d’un programme, nous devons donner du pouvoir aux
citoyens et aux citoyennes qui ont eux aussi le devoir de s’engager dans toutes les
instances.

Je veux avoir une pensée particulière à cet instant ou je vais terminer pour mes
copines qui se reconnaîtront « Les Fantastiques » et pour tous les habitants de
SFC avec qui j’ai particulièrement travaillé ces dernières années.

Nous pouvons compter sur nos deux députés, Éric Coquerel et Stéphane Peu
pour porter nos projets et faire entendre nos voix. Alors, en route pour un nouveau
communalisme. L’équipe menée par Bally Bagayoko, Sofia Boutrih, Farid Aïd,
Bakary Soukouna et tous les autres, est prête !

Notre ville est et restera populaire, solidaire, métissée, antifasciste,
écologiste, féministe et résistante !