7 juin 2026. Saint-Denis. Un air de bonheur et de fraternité.

, par Michel Ribay

Dimanche 7 juin, le lancement de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon s’est déroulé comme prévu. La foule était au rendez-vous et les lieux qu’elle occupait avaient force de symbole. La place Victor-Hugo, la place Jean-Jaurès, la rue de la République tout comme le parvis de la Basilique ou les jardins de l’ancien hôtel Dieu.

Entre de grandes figures des siècles passés et lieux racines de la terre de France, la nouvelle France a été célébrée par celui qui déclarait peu de temps avant ce rassemblement : « Je crois aux forces des lieux ». Dans ce propos comment ne pas entendre celui d’une figure qu’il a accompagné au plus près, François Mitterand et son « Je crois aux forces de l’esprit ». Inscrire son propre destin dans un mouvement historique, Jean-Luc Mélenchon n’avait pas d’autre objectif avec ces mots.

Des milliers de personnes étaient donc présentes. Elles ont envahi l’esprit des lieux avec bonheur, ferveur, fraternité. Avec aussi un esprit de gravité face à l’enjeu maintes fois souligné par le tribun : faire échec au Rassemblement national. Le toboggan de la place Jean-Jaurès faisait figure de statue de la place de la République. Un promontoire hérissé de drapeaux LFI ou bleu blanc rouge. Qui aurait cru cela possible il y a quelques mois ?

Foule militante, beaucoup de jeunes, des familles, foule acquise au combat mené. Foule acquise aussi à ce qui apparait comme une certitude : qui d’autre que Jean-Luc Mélenchon pour rassembler, accéder au second tour de la présidentielle et faire barrage au Rassemblement national qu’il soit conduit par Marine Le Pen (réponse le 7 juillet) ou Jordan Bardella ?

Qui d’autre ? A gauche, aujourd’hui, le néant. Qui parierait sur François Ruffin ? Sur Marine Tondelier ? Ou, malgré ses qualités, sur Clémentine Autain ?
Sur les chances d’un Fabien Roussel ? Si ce n’est d’être présent au premier tour, rééditant ainsi sa contribution, non pas au barrage contre l’extrême droite, mais à l’accès au second tour pour Jean-Luc Mélenchon.

Les dissidences ne manqueront pas de fleurir, de s’amplifier dans le pays face à cet entêtement irresponsable et en premier lieu à Saint-Denis.

Qui d’autre à gauche ? Le néant. La force d’attraction de Jean-Luc Mélenchon va continuer de s’imposer.

Les chaînes d’infos ne s’y trompent pas. LFI, voilà l’ennemi.

Elles n’ont eu d’yeux, d’attention que pour la marche blanche, pour la jeune Lyhanna, qui s’est déroulée dans le Gers. LCI, BFM, CNews. Le meeting de celui qui est candidat pour la quatrième fois à l’élection présidentielle avec un score croissant et à deux doigts de la qualification en 2022 pour le second tour, boycotté.

Cela ne surprendra personne. Au journal de France 2, service public, le soir même, rien. Pas tout à fait, 59 secondes.

Entre déni, mépris et parti pris. Il reste 11 mois.

Article modifié à 15h10. Nous avions d’abord écrit par erreur qu’il n’y a rien eu au 20h de France 2 le dimanche 7 juin. Une séquence de 59 secondes y avait été consacrée.