Alain Paker, infatigable militant communiste, nous a quitté comme Jean-Yves Liégour, agent communal, syndicaliste

, par Michel Ribay

C’était il y a un ou deux jours que j’ai appris le décès d’Alain Paker. Nous nous croisions régulièrement au marché de Saint-Denis, dans la halle. Si nous avions de brefs échanges ils étaient la marque, d’un fil ininterrompu, de deux choses qui nous reliaient, notre intérêt pour la politique, et par là même le débat. Au marché ou en ville, j’y croisais aussi, comme beaucoup d’entre nous, Jean-Yves Liégour.

Comprendre, décortiquer, aller au bout des choses et agir, c’est sans nul doute ce qui passionnait Alain Paker. Aller à la racine. Cet attrait pour la vérité, cette exigence, ce rapport à la vie on le retrouvait dans l’expression même de son regard, à la fois en retrait, par en dessous, interrogateur et perçant, que ne parvenait pas à dissimuler l’épaisseur du verre de ses lunettes.

Aussi exigeant que bougon, Alain Paker rentrait dans nombres de discussions comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. On lui en faisait le reproche. Il faisait le dos rond pour revenir à la charge. Sans cesse. Obstiné. L’obstination du militant. Du militant communiste toujours prêt à revenir à la racine des choses, les conditions matérielles… l’existence, la conscience. Les faits. La dialectique.

Nous nous sommes côtoyés régulièrement. Il y a longtemps, entre autres parce que nous siégeons ensemble au conseil d’administration du collège Elsa Triolet. Nos enfants respectifs y étaient scolarisés. L’école publique, creuset de la République, un des combats d’Alain Paker. C’était il y a longtemps, Claudie Gillot-Dumoutier, conseillère générale, y siégeait aussi.

Militant communiste, Alain Paker accompagnait, comme collaborateur, le groupe du même nom au Sénat.

Je me suis toujours demandé quel effet, par son mordant, comment ses remarques aussi acerbes qu’acérées, pouvaient bousculer l’atmosphère feutré du palais du Luxembourg ? Je ne doute pas qu’il avait là, justement, conquis des marques de respect à son égard.

Ces dernières années il s’était particulièrement investi dans la coopérative de la gare. Un militant communiste chez les libertaires. Alain Paker y saluait toutes les coopératrices et coopérateurs de leur numéro et de leurs noms qu’il connaissait par cœur. Toujours présent.

Ses interventions sur les mailings listes ou les boucles What’app avaient l’allure d’une effraction.
Sans concession, indiquant aussi maladroitement que sans ménagement mais avec exigence non négociable ce qui pour lui était en jeu, il ne s’embarrassait pas de la forme.

Pas diplomate pour deux ronds, il était aimé pour cela. Aussi bougon qu’attachant. Et tout aussi rentre dedans qu’attentionné.

On sait la période cruelle pour les personnes fragiles. On sait que la canicule tue. Alain en est-il une victime comme d’autres ? C’est probable. En tout cas possible. On sait le prix du déni, de l’inactivité des politiques sur le sujet. Il n’est pas le seul. Un agent de la collectivité, syndicaliste, connu de beaucoup de Dionysiens, nous a lui aussi quitté.

Toutes mes condoléances les plus sincères à la famille d’Alain Paker, à celle de Jean-Yves Liégour, à Chantal, pilier de l’école primaire Jules Guesde, rue du Corbillon, qui est restée profondément marquée par les attentats du 15 novembre 2015 et la terrible nuit du 18 novembre 2015. A nos fous rires, Chantal.

Bien à toi, Alain Paker. Bien à vous, Jean-Yves et ChantaL

PS : En ces temps de canicule et malgré toutes les consignes, gestes et décisions indispensables pour en atténuer les effets, des comportements irresponsables perdurent. Au Campus Condorcet, plutôt que d’offrir l’accès au parc – aujourd’hui encore menacé par un projet de construction –, celui-ci est fermé aux habitants. Irresponsable. Cela relève de la non-assistance à personnes en danger.

Samedi 27 juin 2026. Le parc est fermé.

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