Article actualisé 8/12/2025. La FCPE 93 a invalidé samedi 6 décembre le bureau FCPE du collège composé de deux élus municipaux et territoriaux et d’une fonctionnaire de Plaine Commune. Un nouveau bureau a été élu. / Les drôles de manœuvres d’élus, adjoints au maire, contre la FCPE mises en échec … mais « ton patron tape l’incruste sur la boucle WhatsApp de ton association » !

, par La Rédac’

Article publié le 18 novembre 2025. Les parents d’élèves ou presque tous connaissent le rôle des associations de parents d’élèves. Ils ont pu mesurer le travail mené par ceux élus dans les conseils d’école ainsi que celui des adhérents de la FCPE. Un travail indispensable pour l’amélioration de l’école publique, des conditions de son fonctionnement au service des familles, des élèves et pour l’égalité des droits. Un combat qui gène la majorité municipale. Du conflit d’intérêt aux petites manœuvre d’élus, adjoints les plus proches du maire, une affaire consternante.

Effectifs enseignants, accompagnement des élèves en situation de handicap, état des locaux, restauration scolaire, fonctionnement de l’accueil des loisirs, projets pédagogiques, membres essentiels de la « communauté éducative », les parents, les élus aux conseil d’école, les conseils locaux de la FCPE que ce soit en primaire ou en collège jouent un rôle essentiel.

Ce rôle de vigie, d’alerte et de force de propositions les a amenés ces dernières années à interroger et contester des situations problématiques pour les élèves, les familles dues à des choix de la majorité municipale, à des dysfonctionnements majeurs relevant des compétences de la municipalité.

Un travail constant, des adhésions en hausse

La FCPE a mené une bataille de plusieurs mois dénonçant les pénalités financières auxquelles ont été soumis les familles dans le cadre de la mise en place de la cantine gratuite.

Elle a aussi alerté sur la dégradation de l’accueil dans le périscolaire avec des sous-effectifs chroniques, aggravée avec la création de la commune nouvelle, là aussi avec des réservations obligatoires et les pénalités afférentes encourues, sans compter les hausses de tarifs et la réductions des horaires d’accueil.

Les conditions matérielles de l’accueil des enfants, les problèmes récurrents rencontrés sur la question du chauffage, l’absence de réponses ou celles tardives apportées pour faire face aux vagues de froid ou aux épisodes caniculaires ont aussi ponctués l’année 2025 pour la FCPE.

Tout cela a donné lieu à un travail concret, un suivi documenté sur chaque sujet dont témoigne le site de la FCPE année après année.

Un travail reconnu qui a conduit au doublement du nombre des adhérents qui dépasse aujourd’hui 150.

Tout ce travail, on s’en doute, n’avait rien pour plaire aux élus de la majorité municipale. Mobilisés sur des sujets relevant des compétences de la ville, face à des attitudes de la part des élus que les parents ont vécu comme de l’indifférence voire du mépris à leur égard, les tensions n’ont cessé de croitre.

L’élue en charge de l’éducation, Leyla Temel, a été jusqu’à refuser, à la rentrée 2025, de répondre favorablement à la demande de rendez-vous de la FCPE pour « discuter des modalités de cette nouvelle année scolaire. » Une demande qui s’est heurtée à une réponse dilatoire de l’élue conditionnant le rendez-vous à une réponse de la présidente nationale de la FCPE à son courrier s’agissant des « pratiques de la FCPE Saint-Denis » !

Drôle d’attitude, on en conviendra, consistant, face à des conseils locaux FCPE souverains qui jouent leur rôle, de s’adresser aux instances nationales. Une démarche qui signe la vision verticale, caporaliste, infantilisante en direction de l’association.

Refus de rencontre de la part de l’élue, dénigrement de l’association, refus d’une subvention modique (1200 euros) à la FCPE. Rien ne lui sera épargnée. Mais cela ne semblait pas suffire…

Une manœuvre grossière des élus…

C’est dans ce contexte que les parents de la FCPE ont découvert récemment les tentatives de la part d’élus de la majorité et pas des moindres, de créer des bureaux de conseils locaux (président, secrétaire, trésorier) en vue de l’AG du 15 novembre… sans même en informer les adhérents.

Des tentatives qui ont avorté compte-tenu de la réaction des adhérents de la FCPE, scandalisés de cette manière de faire, avec leur présence massive à l’AG appelée à statuer sur différents sujets et procéder à l’élection d’un nouveau bureau FCPE pour la ville. Une AG où, fait exceptionnel, plus de 40 adhérents dionysiens se sont déplacés.

On ne sait comment qualifier cette manière de faire des élus, trop brouillonne pour relever de l’entrisme, trop grossière pour ne pas être immédiatement découverte, à tout le moins contraire aux statuts de l’association, à son fonctionnement démocratique, à ses valeurs, à toute éthique et particulièrement méprisante à l’égard des parents adhérents.

Une tentative de créer un bureau du conseil local dans un collège en réunissant 2 élus en poussant au poste de présidente la candidature d’une fonctionnaire dépendant de Plaine Commune dont le maire, Mathieu Hanotin, est le président, rien que ça !

Des élus qui lors de leurs accès aux responsabilités en 2020 avaient démissionné de la FCPE considérant à juste titre qu’ils étaient en situation de conflits d’intérêt.

L’échéance des élections municipales se rapprochant non seulement le conflit d’intérêt subsiste mais chacun comprendra qu’il s’exacerbe.

Cette tentative s’est soldée par un échec, outre l’entorse démocratique manifeste (les adhérents ne sont pas prévenus) et la production d’un procès verbal d’une AG fantôme, la candidature de la fonctionnaire (absente à l’AG le samedi 15 novembre) n’étant pas recevable, l’élu qui s’est proposé pour s’y substituer a finalement renoncé, sa candidature étant apparue, à tous les présents pour ce qu’elle est : la poursuite d’une manœuvre visant à affaiblir la FCPE, contrecarrer son développement auprès des parents et à porter atteinte à son indépendance.

On taira les noms, le nom de l’établissement également, par respect des élèves, des parents, des enseignants, ces manœuvres n’apportant rien de bon à la communauté éducative et n’alimentant que la défiance à l’égard des institutions.

On taira aussi le nom d’autres établissements où de semblables manœuvres se sont déroulées.

… et un résultat insidieux, préjudiciable à la bonne marche de la FCPE

La FCPE est une association démocratique. Elle peut s’en honorer.

Preuve en est qu’elle respecte ses statuts et c’est ainsi que les nouveaux adhérents – élus en conflits d’intérêt qu’ils reconnaissent eux-mêmes – sont maintenant membres de la boucle Whatsapp de la FCPE locale.

Ce qui ne manque pas de sel. Imagine-t-on la présence du patron sur la boucle Whatsapp qui réunit les adhérents d’un syndicat d’entreprise ?

Imagine-t-on ce qu’il en est dorénavant de la liberté de parole des agents de la ville, de Plaine Commune, parents d’élèves, membres de la FCPE sur cette boucle d’échange, de mobilisation ?

Imagine-t-on ce qu’il en est dorénavant pour des agents de la possibilité d’y être présents sans crainte ?

Fallait oser. Ils l’ont fait. Dans leur intérêt. Au mépris d’une organisation, la Fédération des Conseils de Parents d’élèves.

Ne parlons pas du peu de respect pour l’ensemble de la communauté éducative.

Encore une fois consternation et colère.