Article actualisé. Dimanche 17 H. « Les policiers, arrêtez de nous tuer, ça suffit ! »Dimanche 25 janvier, la famille d’El Hacen Diarra appelle à une marche, à 14 h, au départ du Foyer des Mûriers dans le 20e arrondissement de Paris pour réclamer la justice et la vérité

, par La Rédac’

Dix jours après la mort d’El Hacen Diarra, 35 ans, décédé dans la nuit du 14 au 15 janvier, à la suite de sa mise en garde à vue au commissariat du 20e arrondissement, sa famille appelle à une marche pour lui rendre hommage et exiger justice et vérité.

Le 14 janvier dernier, El Hacen Diarra, un homme de nationalité mauritanienne, handicapé, est violemment interpellé devant le Foyer des Mûriers, un foyer pour travailleurs étrangers où il résidait, au 16 rue Fernand Léger dans le 20 ème arrondissement.

Malgré une pluie continue, plusieurs centaines de personnes se sont réunis devant le foyer où résidait El Hacen ce dimanche 25 janvier. La famille, un délégué du foyer, un adjoint PCF au maire du 20 ème arrondissement en charge du lien avec les foyers de l’arrondissement et Assa Traoré ont, entre autres, pris la parole pour dénoncer un nouveau « crime raciste de la police ». Beaucoup de drapeaux des deux NPA, de Révolution Permanente, de syndiqués CGT des foyers et une banderole de la coordination des sans-papiers. Beaucoup de jeunes présents à ce rassemblement qui s’est ébranlé aux cris de « Justice et vérité pour El Hacen » et de « Pas de justice, pas de paix ». On pouvait y croiser une dionysienne, Diangou Traoré.

Sans l’intervention de la police le 14 janvier dernier, El Hacen Diarra, serait encore de ce monde.

Photos MR.

Mis en garde à vue dans un commissariat du 20ème arrondissement de Paris, il n’en ressort pas vivant ; il décède d’un arrêt cardio-respiratoire. Un décès survenu quelques temps après sa violente interpellation par les policiers devant son foyer comme le montre une vidéo d’un témoin de la scène – pour une soi-disante consommation de cannabis –. Dimanche dernier, un rassemblement de plusieurs centaines de personnes s’est déroulé devant le Foyer des Mûriers pour rendre hommage à El Hacen et dénoncer les violences policières.

C’est dans ce contexte que jeudi 22 janvier, à l’occasion de sa niche parlementaire, le groupe LR défendait à l’Assemblée un texte soutenu par le gouvernement et qui entendait instaurer, au bénéfice des membres de forces de l’ordre, une présomption d’usage légitime des armes.
Adopté, il n’incombait plus au policier ayant blessé ou tué avec son arme de démontrer qu’il était dans son bon droit, mais au Parquet de prouver l’illégalité de l’utilisation de son arme. Une totale inversion de la charge de la preuve, le policier étant protégé d’emblée par la « présomption d’un usage légitime de son arme à feu ».

Grâce au combat mené par des parlementaires de gauche, faute de temps ce texte n’a pas été voté.

Les défenseurs de ce texte (syndicats de policiers et parlementaires de droite et extrême-droite) ainsi que le gouvernement n’ont pas pour autant renoncé. Le texte reviendra devant l’Assemblée.

Le nombre de décès survenus en opérations de police est au cours des dernières années le suivant : 17 décès en 2018, 19 décès en 2019, 32 décès en 2020, 37 décès en 2021, 38 décès en 2022 et 36 décès en 2023.

Un organe des Nations unies a interpellé la France à trois reprises sur la loi « Cazeneuve » adoptée en 2017 étendant les possibilités de faire usage de son arme à feu. « La France est devenue depuis quelques années le pays de l’Union européenne où il y a le plus grand nombre de personnes tuées ou ou blessées par des agents de la force publique »pointe un expert du Comité contre la torture (CAT). La loi de 2017 « semble étendre le champ de la légitime défense au-delà du raisonnable », et rappelé que « depuis cette loi (…) le nombre de personnes tuées par la police a été multiplié par cinq ».

29 personnes au moins ont été tuées par la police nationale, la gendarmerie et des polices municipales en 2024. (ces dernières ont tué deux personnes cette année là). Les données pour l’année 2024 sont incomplètes. (source flagrant-deni.fr)

En avril 2025, à l’initiative de la France Insoumise une proposition de loi visait à abroger la loi Cazeneuve.

La loi Cazeneuve est toujours en vigueur. Elle reste pour des syndicats de policiers, des parlementaires de droite et extrême-droite et le gouvernement insuffisante !