Orange s’entête rue des Ursulines. Mis en échec en 2007, alors que cet opérateur avait dissimuler sa volonté d’y installer une antenne relais surplombant une école maternelle, un collège et autres structures accueillant des publics fragiles et après son échec à l’automne dernier c’est maintenant sur un bâtiment de 7 étages situé au 12 rue des Ursulines qu’Orange entend installer – dès le mois d’août prétend-t-il – 6 antennes relais dont 3 en 5 G.
Rien n’est encore joué, d’abord parce que le Dossier d’Information Mairie (DIM) dont le contenu a été fixé par un arrêté est incomplet et erroné.
Ensuite parce qu’il serait incompréhensible que l’Architecte des Bâtiments de France donne son accord au projet alors que le précédent s’est heurté à un avis défavorable de sa part. Les deux projets sont attenants à un site patrimonial, le couvent des Ursulines. Les riverains ont alerté les résidents du 12 rue des Ursulines par courrier.
Ce projet ne manquera pas aussi d’alerter les usagers, les parents, les familles, des différentes structures situées en toute proximité, à mois de 100 mètres, du site d’implantation envisagée.
Enfin et surtout parce qu’à ce jour la copropriété n’a pas donné son accord. Cela n’empêche pas Orange, dans le dossier déposé en mairie, d’indiquer dans son calendrier prévisionnel un début de travaux le 18 août et une mise en service au 18 octobre. Drôle de manière, celle qui consiste à considérer comme acquis ce qui n’a pas été décidé par les premiers concernés, les copropriétaires du 12 rue des Ursulines.
Nous publions une carte du quartier où figure l’ancien projet 5 G retoqué (au 21 rue des Ursulines) et en violet celui projeté par Orange au 12 rue des Ursulines.
Un Dossier d’Information Mairie, incomplet, des adresses inexistantes et document sans rapport avec le site
Le contenu du DIM est fixé par un arrêté du 12 octobre 2016. Il comprend notamment l’adresse de l’installation concernée, un calendrier du déroulement des travaux, la date prévisionnelle de mise en service, les caractéristiques techniques de l’installation (nombre d’antennes, fréquences utilisées, puissance d’émission...). Il recense également la liste des crèches, établissements scolaires et établissements de soins situés à moins de 100 mètres de l’installation.
C’est sur ce dernier point que le dossier ne répond que partiellement à l’arrêté. Ainsi, s’il mentionne la présence d’établissements scolaires, Jean Baptiste de la Salle avec une adresse fantaisiste d’une place qui n’existe pas (au 8 place des Ursulines !!!) et l’école Maternelle Puy Pensot, rue Emile Connoy, il ne mentionne par la présence du Centre Médico- Psychologique (CMP) au coin de la rue Franklin et de la rue Gibault, ni le centre de Santé Elsan Livi situé au 10 rue des Ursulines.
Il évoque l’accueil de Jeunes enfants au 12 sans autre précision, ce qui n’est pas le cas (le 12 est le bâtiment résidentiel d’implantation prévue par Orange) et au 10 rue des Ursulines qualifié d’I.M.E Accueil Temp Eh, alors qu’au 10 est adressé le centre de Santé Elsan Livi.
Le centre Ohr Menahem situé rue Emile Connoy n’est pas cité ou positionné au 12, au 10 rue des Ursulines ? L’établissement scolaire Jean Baptiste de la Salle est sur une carte (page 20) indiqué comme étant au 8 de la rue des Ursulines alors qu’il est en réalité du côté impair. Ni fait ni à faire donc. Quelle légèreté, quelle désinvolture à l’égard des services municipaux !
Que va dire l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) ? Le silence de la municipalité jusqu’à quand ?
Les documents de l’insertion paysagère sont tout aussi fantaisistes puisque apparait en page 11 du DIM une vue n’ayant aucun rapport avec le site censée illustrée la situation avant l’installation. En page 12 n’est indiqué le nom d’aucune rue, ni d’explications sur l’un des clichés.
Bien entendu, le document ne mentionne pas l’existence du couvent des Ursulines, situé au 16 rue des Ursulines. L’ABF avait donné un avis défavorable pour le projet situé au 21 rue des Ursulines (en rouge). Un avis contraire concernant le 12 rue des Ursulines (en violet) serait incompréhensible.
L’opérateur entend aller vite. De son côté la municipalité alors qu’elle en a la possibilité, n’a pas encore saisi le préfet. En effet, le maire ou le président d’EPCI peut saisir le préfet de département d’une demande de médiation (instance de concertation départementale) lorsqu’il l’estime nécessaire concernant une installation radioélectrique existante ou projetée.
De la même manière, qu’est-il du respect du Parcours du DIM ? L’information ? Les mesures possibles ? Le sujet ne manquera pas de resurgir à la rentrée.
Face à l’entêtement d’Orange, ce sont les riverains qui aujourd’hui s’attachent à informer sur ce projet. A n’en pas douter ils poursuivront leur mobilisation jusqu’à ce qu’Orange cède. Ne dit-on pas jamais deux sans trois ?
Rendez-vous donc à la rentrée.


