Article réactualisé le 21 novembre 2025. La copropriété sollicitée a rejeté à l’unanimité des votants la résolution proposant l’installation des antennes. Le sujet est renvoyé à une future assemblée générale ordinaire. / Orange s’entête pour installer la 5G. La maternelle Puy Pensot, le centre Ohr Menahem, le centre de Santé Elsan Livi, le Centre Médico-Psychologique de la rue Franklin, tous impactés


, par Michel Ribay

Vendredi 21 novembre (et non jeudi 20 novembre comme nous l’avions écrit par erreur) c’est lors d’une assemblée générale extraordinaire que les copropriétaires du 12 rue des Ursulines seront invités à se positionner pour ou contre l’installation d’antennes relais sur l’immeuble.

Un accord avait été donné précédemment par le conseil syndical pour confier une étude à la société Totem. Selon nos informations recueillies auprès de copropriétaires, cette assemblée générale extraordinaire a été convoqué en urgence pour statuer sur un sujet crucial : un changement de chaudière.

A cette occasion a été inscrite à l’ordre du jour et en toute précipitation, et sans qu’il soit possible en terme de temps d’examiner un retour d’étude, l’implantation de ces antennes relais qui contractuellement généreraient un apport financier de 14 000 euros annuels avec un contrat sur douze ans.

Au moment où la copropriété doit faire face à des dépenses incontournables cet apport financier va-t-il suffire à convaincre ?

En tout état de cause quoi qu’il ressorte de cette Assemblée Générale Extraordinaire, rien ne sera possible sans l’accord de l’architecte des Bâtiments de France qui a déjà par deux fois opposé un refus à l’implantation d’antennes relais dans cette zone de protection patrimoniale.

Ce projet au 12 rue des Ursulines est le plus proche parmi ceux envisagés précédemment du bâtiment historique du couvent des Ursulines.

A ce stade rien n’est donc fait. Et tous les recours resteront, si besoin est, possibles à mettre en œuvre.

Ci-dessous notre article daté du 27 juillet 2025.

Malgré son échec à l’automne dernier au 21 rue des Ursulines suite à la mobilisation des riverains et au refus des copropriétaires, c’est maintenant au 12 rue des Ursulines que l’opérateur de téléphonie mobile entend y implanter 6 antennes relais. Le dossier déposé en mairie encore une fois incomplet, bâclé, erroné et ne répond pas aux obligations fixées par l’arrêté de 2016. Côté mairie c’est silence radio.

Orange s’entête rue des Ursulines. Mis en échec en 2007, alors que cet opérateur avait dissimuler sa volonté d’y installer une antenne relais surplombant une école maternelle, un collège et autres structures accueillant des publics fragiles et après son échec à l’automne dernier c’est maintenant sur un bâtiment de 7 étages situé au 12 rue des Ursulines qu’Orange entend installer – dès le mois d’août prétend-t-il – 6 antennes relais dont 3 en 5 G.

Ancien projet en rouge au 21, nouveau projet en violet au 12 rue des Ursulines

Rien n’est encore joué, d’abord parce que le Dossier d’Information Mairie (DIM) dont le contenu a été fixé par un arrêté est incomplet et erroné.

Ensuite parce qu’il serait incompréhensible que l’Architecte des Bâtiments de France donne son accord au projet alors que le précédent s’est heurté à un avis défavorable de sa part. Les deux projets sont attenants à un site patrimonial, le couvent des Ursulines. Les riverains ont alerté les résidents du 12 rue des Ursulines par courrier.

En rouge, l’ancien projet d’Orange rétoqué, en violet, le nouveau projet. Tous deux en toute proximité du Couvent des Ursulines, site classé

Ce projet ne manquera pas aussi d’alerter les usagers, les parents, les familles, des différentes structures situées en toute proximité, à mois de 100 mètres, du site d’implantation envisagée.

Enfin et surtout parce qu’à ce jour la copropriété n’a pas donné son accord. Cela n’empêche pas Orange, dans le dossier déposé en mairie, d’indiquer dans son calendrier prévisionnel un début de travaux le 18 août et une mise en service au 18 octobre. Drôle de manière, celle qui consiste à considérer comme acquis ce qui n’a pas été décidé par les premiers concernés, les copropriétaires du 12 rue des Ursulines.

Nous publions une carte du quartier où figure l’ancien projet 5 G retoqué (au 21 rue des Ursulines) et en violet celui projeté par Orange au 12 rue des Ursulines.

Un Dossier d’Information Mairie, incomplet, des adresses inexistantes et document sans rapport avec le site

Le contenu du DIM est fixé par un arrêté du 12 octobre 2016. Il comprend notamment l’adresse de l’installation concernée, un calendrier du déroulement des travaux, la date prévisionnelle de mise en service, les caractéristiques techniques de l’installation (nombre d’antennes, fréquences utilisées, puissance d’émission...). Il recense également la liste des crèches, établissements scolaires et établissements de soins situés à moins de 100 mètres de l’installation.

C’est sur ce dernier point que le dossier ne répond que partiellement à l’arrêté. Ainsi, s’il mentionne la présence d’établissements scolaires, Jean Baptiste de la Salle avec une adresse fantaisiste d’une place qui n’existe pas (au 8 place des Ursulines !!!) et l’école Maternelle Puy Pensot, rue Emile Connoy, il ne mentionne par la présence du Centre Médico- Psychologique (CMP) au coin de la rue Franklin et de la rue Gibault, ni le centre de Santé Elsan Livi situé au 10 rue des Ursulines.
Il évoque l’accueil de Jeunes enfants au 12 sans autre précision, ce qui n’est pas le cas (le 12 est le bâtiment résidentiel d’implantation prévue par Orange) et au 10 rue des Ursulines qualifié d’I.M.E Accueil Temp Eh, alors qu’au 10 est adressé le centre de Santé Elsan Livi.

Institut Médico-pédagogique au croisement de la rue Gibault et de la rue Franklin à 100 m

Le centre Ohr Menahem situé rue Emile Connoy n’est pas cité ou positionné au 12, au 10 rue des Ursulines ? L’établissement scolaire Jean Baptiste de la Salle est sur une carte (page 20) indiqué comme étant au 8 de la rue des Ursulines alors qu’il est en réalité du côté impair. Ni fait ni à faire donc. Quelle légèreté, quelle désinvolture à l’égard des services municipaux !

Que va dire l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) ? Le silence de la municipalité jusqu’à quand ?

Les documents de l’insertion paysagère sont tout aussi fantaisistes puisque apparait en page 11 du DIM une vue n’ayant aucun rapport avec le site censée illustrée la situation avant l’installation. En page 12 n’est indiqué le nom d’aucune rue, ni d’explications sur l’un des clichés.

Bien entendu, le document ne mentionne pas l’existence du couvent des Ursulines, situé au 16 rue des Ursulines. L’ABF avait donné un avis défavorable pour le projet situé au 21 rue des Ursulines (en rouge). Un avis contraire concernant le 12 rue des Ursulines (en violet) serait incompréhensible.

L’opérateur entend aller vite. De son côté la municipalité alors qu’elle en a la possibilité, n’a pas encore saisi le préfet. En effet, le maire ou le président d’EPCI peut saisir le préfet de département d’une demande de médiation (instance de concertation départementale) lorsqu’il l’estime nécessaire concernant une installation radioélectrique existante ou projetée.

De la même manière, qu’est-il du respect du Parcours du DIM ? L’information ? Les mesures possibles ? Le sujet ne manquera pas de resurgir à la rentrée.

Les étapes du DIM

Face à l’entêtement d’Orange, ce sont les riverains qui aujourd’hui s’attachent à informer sur ce projet. A n’en pas douter ils poursuivront leur mobilisation jusqu’à ce qu’Orange cède. Ne dit-on pas jamais deux sans trois ?

Rendez-vous donc à la rentrée.