Les faits ne relèvent plus du simple « incident » isolé. Samedi 20 décembre, à la tombée de la nuit, le même scénario s’est répété selon un mode opératoire désormais bien identifié.
Au sein du périmètre de la fête, des individus visages dissimulés – capuches et tours de cou – ciblent leurs victimes avec méthode.
La tactique est précise : profiter du relâchement de la vigilance au cœur de l’événement, isoler des passants et les entraîner vers des « zones de repli » : en proximité de Carrefour, dans les rues adjacentes, les recoins, en périphérie. Là où les lampions ne brillent pas, la violence prend le relais.
Cette situation soulève une question de fond : celle de l’attention réelle à ce qui se passe dans l’espace public et la capacité de sentir ce qui couve, ce qui peut advenir. Cette recrudescence d’agressions témoigne d’une approche défaillante dans la conduite de l’événement. La scénographie (coûteuse) privilégiée au détriment d’une présence humaine efficiente (coûteuse elle aussi mais qui se révèle indispensable).
En étant concentré uniquement sur le cœur de l’événement, l’attention portée aux marges de celui-ci ont manifestement fait défaut. D’autant que les jours précédents en marge de ce périmètre des agressions et débuts de rixes s’étaient déroulés et constituaient des alertes.
D’une manière plus générale cela interroge le travail de prévention mené depuis 2020 par la municipalité. On est bien en peine d’identifier ce qui a été fait.
Combien de policiers municipaux étaient mobilisés compte-tenu de l’affluence samedi dernier, combien d’agents de sécurité sur le terrain ? (Première ligne).
Et surtout sur quel périmètre ?
Il est paradoxal que durant l’événement un stand de la police municipale soit présent et que dans le même temps à quelques dizaines de mètres de celui-ci, des agressions se produisent.
L’affichage de la police municipale au sein de Bel Hiver, avec un stand mobilisant des agents dans celui-ci (dimanche 21 décembre à 17h, 6 agents étaient à l’intérieur) est-il le bon choix s’agissant des missions qui leur incombent ?
La municipalité a assigné à la police municipale une tonalité à ses missions : une police d’intervention. La com de la municipalité programme un stand de la police municipale dans tous les événements d’ampleur.
Ni la tonalité ni la com n’ont évité les agressions de personnes vulnérables (jeunes, pré-ados).
Privilégiant la com au cœur de l’événement, force est de constater qu’elle est passée à côté de sa mission principale : être à l’écoute du terrain, anticiper, prévenir, protéger.
