En 2023, la France a connu deux mobilisations historiques : six mois de résistance à la réforme des retraites et six jours de soulèvements dans les quartiers populaires. En France, depuis l’embrasement des banlieues en 2005 et les Gilets jaunes notamment, partout dans le monde les émeutes et révoltes populaires se succèdent. Elles incarnent la vie face au capitalisme financier et mortifère, mais ne parviennent pas à des révolutions. Quelles formes de démocratie populaire pourraient émerger de cette politique des corps ? A partir des émeutes, en quête de démocratie, Alain Bertho examine les manières de rassembler autour des revendications du siècle : égalité, fin des dominations patriarcale et coloniale, défense des communs, préservation du vivant.
192 pages. 15 euros
L’étrange hypothèse qui structure ce livre est que la seule chose plus dangereuse que la guerre pour la nature et le climat, c’est la paix. Nous sommes en effet les héritiers d’une histoire intellectuelle et politique qui a constamment répété l’axiome selon lequel créer les conditions de la paix entre les hommes nécessitait d’exploiter la nature, d’échanger des ressources et de fournir à tous et toutes la prospérité suffisante. Dans cette logique, pour que jalousie, conflit et désir de guerre s’effacent, il fallait d’abord lutter contre la rareté des ressources naturelles. Il fallait aussi un langage universel à l’humanité, qui sera celui des sciences, des techniques, du développement.
Ces idées, que l’on peut faire remonter au XVIIIe siècle, ont trouvé au milieu du XXe une concrétisation tout à fait frappante. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le développement des infrastructures fossiles a été jumelé à un discours pacifiste et universaliste qui entendait saper les causes de la guerre en libérant la productivité. Ainsi, la paix, ou l’équilibre des grandes puissances mis en place par les États-Unis, est en large partie un don des fossiles, notamment du pétrole.
Au XXIe siècle, ce paradigme est devenu obsolète puisque nous devons à la fois garantir la paix et la sécurité et intégrer les limites planétaires : soit apprendre à faire la paix sans détruire la planète. C’est dans ce contexte qu’émerge la possibilité de l’écologie de guerre, selon laquelle soutenabilité et sécurité doivent désormais s’aligner pour aiguiller vers une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ce livre est un appel lancé aux écologistes pour qu’ils apprennent à parler le langage de la géopolitique.
324 pages. 23 euros
Ville globale, ville créative, ville multiculturelle, ville intelligente... Autant de slogans à la mode qui imposent et diffusent une vision aseptisée et consensuelle des réalités urbaines. Les villes doivent au contraire être bousculées, chahutées, contestées. C’est précisément ce que ce recueil se propose de faire en réunissant pour la première fois un ensemble d’auteurs dont la réflexion n’épargne ni les espaces urbains, ni les élites qui les façonnent et les gouvernent. Par la radicalité de leurs analyses, qui portent entre autres sur la financiarisation de la production urbaine, sur les trompe-l’oeil que représentent le développement durable, la mixité sociale ou le multiculturalisme, sur les dispositifs de surveillance et de contrôle des populations, et plus globalement sur les formes de domination qui régissent les rapports sociaux en ville, les onze textes réunis dans ce recueil parviennent à identifier, et par là à contester, les nombreuses contradictions spatiales et urbaines que le système capitaliste produit et reproduit. Ils nourrissent ainsi une géographie critique de l’urbain et, indirectement, une critique en profondeur des sociétés contemporaines.
416 pages. 24 euros
On sait que le capitalisme au XXIe siècle est synonyme d’inégalités grandissantes entre les classes sociales. Ce que l’on sait moins, c’est que l’inégalité de richesse entre les hommes et les femmes augmente aussi, malgré des droits formellement égaux et la croyance selon laquelle, en accédant au marché du travail, les femmes auraient gagné leur autonomie. Pour comprendre pourquoi, il faut regarder ce qui se passe dans les familles, qui accumulent et transmettent le capital économique a ?n de consolider leur position sociale d’une génération à la suivante. Fruit de vingt ans de recherches, ce livre analyse comment la société de classes se reproduit grâce à l’appropriation masculine du capital. Les autrices enquêtent sur les calculs, les partages et les con ?its qui ont lieu au moment des séparations conjugales et des héritages, avec le concours des professions du droit. Des mères isolées du mouvement des Gilets jaunes au divorce de Jeff Bezos et MacKenzie Scott, des transmissions de petites entreprises à l’héritage de Johnny Hallyday, les mécanismes de contrôle et de distribution du capital varient selon les classes sociales, mais aboutissent toujours à la dépossession des femmes.
324 pages. 14 euros
Du haut en bas de la pyramide sociale, que l’on soit mère célibataire ou cocréatrice d’un empire commercial, les mécanismes de transmission du patrimoine bénéficient aux hommes, quand bien même nos sociétés proclament plus de parité. Entraînées par une armada de félins volubiles, les autrices éclairent le rôle de la famille dans la perpétuation des inégalités de richesse.
128 pages. 22,50 euros
Des émeutes aux violences de la police, des zones à défendre aux places occupées, des Black Blocs aux gilets jaunes, de la viralité des réseaux à la rage de la rue, c’est tout l’espace de la contestation sociale qui s’est transformé radicalement ces dernières années. Et cela loin des formations politiques et syndicales, de leurs rites et folklores, dans une quête d’indépendance et d’auto-organisation bien fragile face au rouleau compresseur du néo-libéralisme autoritaire. Ce livre retrace l’histoire de ces mouvements qui débordent le cadre de la politique traditionnelle, de mai 68 à nos jours. C’est l’histoire de la France « d’en bas », celle de ces hommes et ces femmes qui se soulèvent face aux diverses oppressions qu’ils subissent au quotidien, dressant ainsi cette diagonale de la rage, des quartiers populaires aux gilets jaunes.
320 pages. 18 euros
Du même auteur à paraitre le 15 janvier chez Anamosa, Emeute.
C’est une histoire qui semble typique des milieux maoïstes dans la France de l’après-Mai 68, mais sur laquelle plane un fantôme.
En 1971, six couples décident de faire ensemble table rase de leur vie passée au nom de leurs idéaux politiques. Leur chef est un ouvrier espagnol dénommé Fernando. Dans l’effervescence de l’époque, et suivant l’appel du président Mao, ils partent " enquêter " dans des foyers de travailleurs immigrés, s’établissent comme ouvriers en usine et emménagent collectivement dans un ancien couvent.
Progressivement, au gré d’incessantes (auto)critiques, cette communauté bascule d’un engagement au service du peuple à une soumission totale à Fernando, devenu tout-puissant. Sous son emprise, un couple se déchire, une militante est " rectifiée ", un autre, accusé d’être un traître, se voit traduit devant un tribunal populaire. L’expérience prend fin au début des années 1980 lorsque le prophète rouge, qui continue d’exercer son autorité à distance, déclare leur rendre leur liberté, avant de se volatiliser une fois pour toutes.
Intriguée par le pouvoir charismatique de Fernando après avoir été contactée par une ancienne membre du groupe, Julie Pagis s’est lancée dans une enquête de longue haleine pour reconstituer cette incroyable histoire. À partir des témoignages recueillis, des archives de la communauté, mais aussi celles des services de renseignement, son enquête explore les zones d’ombre de la biographie de Fernando et éclaire les ressorts de l’emprise. Ce dont l’autrice ne se doutait pas, c’est que cette domination charismatique allait également agir sur elle, jusqu’à mettre en péril l’écriture de cet ouvrage.
352 pages. 21 euros
Classe : historiquement, le mot est fort, associé à une remise en cause radicale de l’ordre social ; aujourd’hui, il est affaibli et ne cristallise plus les oppositions politiques, alors que les inégalités de conditions de vie et de travail sont toujours présentes. Il s’agit ici de redonner son tranchant à la classe sociale comme concept et instrument politique d’émancipation.
Pour point de départ, il y a un paradoxe : le mot classe se trouve affaibli aujourd’hui, alors même que la domination capitaliste se radicalise depuis quarante ans. Le sens associé au concept s’est en effet transformé ; le pluriel (classes populaires, classes supérieures ou classes dominantes) a remplacé le singulier de la classe ouvrière et de la bourgeoisie pour désigner les classes et, chez les chercheurs en sciences sociales, l’accent est mis sur la pluralité des conditions socio-économiques et des rapports à la culture et à la politique davantage que sur les formes d’unité. Dit autrement, " la classe ouvrière " ne constitue plus le sujet historique des transformations sociales dans le discours et l’organisation des forces de gauche.
Pour comprendre le paradoxe, il est nécessaire de faire évoluer la définition du mot en lien avec les transformations du capitalisme. L’affaiblissement de la classe est alors à mettre en relation avec la fin d’une configuration historique spécifique : les nouvelles formes de capitalisme qui se sont développées depuis les années 1970 nécessitent de repenser le concept de classe en tant qu’elles fabriquent un type de rapport d’exploitation mais aussi de marchandisation de la monnaie, du travail et de la nature. Ces transformations ne sont pas uniquement économiques, elles se jouent aussi dans les formes de sociabilités, de solidarités et de culture dans lesquelles se forment et se reforment les classes sociales. Ces recompositions sociologiques impliquent dès lors de rompre avec la vision d’une classe ouvrière synonyme de prolétariat industriel pour en redéfinir les contours.
Redonner sa force au mot classe implique également de ne pas en faire un isolat et une chose statique, qui nierait d’autres formes de dominations telles que le genre et la race. Autrement dit, les inégalités de genre, de race ou d’origine migratoire ont une base matérielle dans le capitalisme contemporain qu’il s’agit de prendre au sérieux. La configuration contemporaine invite ainsi à réinventer le processus d’affirmation du mot de classe, en y articulant positivement dans une perspective d’émancipation l’imbrication des rapports de domination. De ce point de vue, les expériences des luttes sociales récentes (par exemple la mobilisation des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles) fournissent des points d’appui pour imaginer un réarmement du mot classe sans affaiblir les autres.
112 pages. 9 euros
Et si la France n’avait pas été bâtie par ses rois, empereurs et présidents, mais par son peuple ? À contrepied de ce qu’on appelle le « roman national », Alphée Roche-Noël montre que notre pays s’est construit contre ses monarques. Après avoir retracé les origines de cet antagonisme jusqu’au coeur du Moyen Âge, dans la confrontation entre les seigneurs, les villes et les villages, cette histoire à front renversé se déploie jusqu’à nos jours, en passant par la révolte de Paris en 1357, l’oeuvre des états généraux et des parlements aux XVe et XVIe siècles, la longue Fronde, la Révolution de 1789 et les révolutions du XIXe, épisodes culminants d’un conflit entre la société et son monarque. Les personnages secondaires, bourgeois et peuple de Paris, députés aux états, magistrats, protestants du Midi, paysans du Sud-Ouest et de la Normandie, conventionnels, femmes de la Halle et des faubourgs, canuts et communards, ouvriers et étudiants, se révèlent sous un jour nouveau, à travers leur combat contre le pouvoir d’Un seul. C’est moins une histoire des luttes qu’une histoire de France revue et inédite que signe ici Alphée Roche-Noël.
288 pages. 22 euros.
De plus en plus évoqué au gré des crises récentes, le lien entre le temps long des évolutions et des prises de conscience, et le temps court de la décision politique est au coeur des arbitrages entre usages, espaces personnels, collectifs et publics. Faisant le point sur les politiques des temps, leurs problématiques et leurs mises en oeuvre depuis une vingtaine d’années, cet ouvrage analyse ces questions, au regard des mutations contemporaines. Dominique Royoux et Patrick Vassallo tentent ainsi d’éclairer la décision publique, les choix d’aménagement, les modalités d’organisation et le nécessaire débat citoyen dans une société où clivages et inégalités tendent à s’aggraver. Le temps peut-il (re)construire du (des) commun(s) ?
182 pages. 21 euros.
"Fleurette Africaine" Trois Ténors pour Emmanuel Bex et Simon Goubert’, c’est la réunion de trois formidables saxophonistes ténors aguerris, Pierrick Menuau, François Ripoche et Pierre-Yves Merel, autour de deux grands noms du Jazz français. Ce nouvel album est une célébration de la musique de Duke Ellington et Mal Waldron avec des arrangements signés du clarinettiste Olivier Thémines, double hommage prolongé par des compositions originales dans une inspiration sans cesse renouvelée, avec la création du nouvel album “Fleurette Africaine”. Née d’une envie commune, la Réunion de ces 5 jazzmen émérites s’est faite sous l’étendard d’une formation inédite, qui parvient à lier harmonieusement tradition et modernité.
La nouvelle "Confrérie du souffle"
L’idée première de réunir trois saxophonistes sur cet album est née d’un souvenir personnel de Pierrick Menuau, remontant à l’époque où il parachevait sa formation de jazzman à Washington DC. Un jour, chez une amie commune, le jeune saxophoniste fit la connaissance d’un glorieux aîné (disparu depuis) : Clyde Dickerson. Ce dernier était une ‘ figure ‘ locale : ayant écumé tous les clubs de la région pendant 40 ans comme saxophoniste de jazz, il fut aussi pendant une bonne vingtaine d’années le portier d’un grand hôtel de Washington. Ce job lui avait d’ailleurs valu le sobriquet de ‘ Watergate ‘ Clyde, du nom du palace où il officiait. Quant à sa longue carrière musicale dans les clubs de la ville, elle lui avait procuré une vraie notoriété au fils des ans. A Washington, les amateurs de jazz appréciaient beaucoup son style, inspiré par celui de Coleman Hawkins et de Lester Young. Un soir, justement, Clyde Dickerson invita son jeune ami français à venir écouter son groupe, pour un hommage intitulé ‘ Three tenor sax for Lester Young ‘ : ‘ Ils portaient tous des chapeaux façon Lester, se souvient Pierrick. Et ils avaient tous les trois une identité bien distincte. La grande Shirley Horn et les saxophonistes Byron Morris et Ron Holloway faisaient partie de son groupe. J’étais sous le charme.
Aujourd’hui, les trois ténors réunis pour faire renaître cette "confrérie du souffle" sont Pierrick Menuau, Pierre-Yves Merel et François Ripoche. Complété de deux amis musiciens hors pair : Emmanuel Bex à l’orgue et Simon Goubert à la batterie, le trio devenu quintet a choisi de célébrer cette fois Duke Ellington et Mal Waldron, prolongeant ce double hommage par des compositions originales, dans une inspiration sans cesse renouvelée.
Née d’une envie commune, la réunion de ces 5 jazzmen émérites habitués à d’autres aventures musicales partagées en clubs ou dans les festivals, s’est faite sous l’étendard d’une formation inédite, qui parvient à lier harmonieusement tradition et modernité
1 CD. 16 euros
Cela commence souvent par une rencontre. Celle du batteur Romaric Nzaou se fait a Pointe Noire, au Congo. On se decouvre une admiration commune pour Stevie Wonder et sa discographie des annees 1970. C’est l’etincelle qui rend possible un reve d’enfant : je me lance alors dans une ecriture nourrie des rythmes traditionnels africains. Le projet s’elargit a une equipe de choc empruntee a Alpha Blondy, Manu Dibango ou encore Alain Bashung. Stev’in My Mind etait ne. Et avec lui un nouveau reve : Stevie Wonder foulant sa terre d’adoption ghaneenne, que l’on accueille au son de A Seed’s A Star dans une rythmique de rumba congolaise, de kilombo, makossa, zebola… Bon voyage.
1 CD. 16 euros
Sur l’étonnant stand de la librairie Lame & papier, face à la médiathèque du centre-ville, un paquet-cadeau tout prêt de presse garantie sans Bolloré ...
Le Chiffon, unique trimestriel indépendant d’enquêtes sur l’Île-de France, aussi dit "le Monde Diplo punk d’actualités locales" y est proposé pour 4 euros.
Le dernier numéro se concentre sur la filière du livre : de l’histoire de la papeterie de Crèvecoeur à la trève des nouveautés portée par l’association pour l’écologie du livre, des logiques économique de Recyclivre aux pratiques du Peuple du livre selon la singulière maison d’édition l’Échappée, un zeste de Fanzinarium et de croque-morts du livre, un aperçu sur des pratiques de production et de la pensée de ce qui s’imprime aujourd’hui.
Des paquets-cadeaux sont tout prêts à poser au pied du sapin... déjà enrubannés !
Pour finir et contenter les enfants, le dernier né des éditions "La tête ailleurs".
"ÊTRE SOLEIL"
Un enfant se promène dans sa ville et constate, sans savoir pourquoi, que son environnement s’adoucit à son contact. Son secret ? « Être soleil », même quand il pleut ! Son quotidien se réenchante à travers des choses simples : jouer avec les plantes, construire une cabane, aller au parc avec ses amis...
À partir de 3 ans
Illustrations : Fanny Monier
Texte : Yvan Loiseau
32 pages. 10 euros













