Canicule. Adapter la ville… avec quels arbitrages financiers ?

, par Rosalie Merteuil

C’est par un reportage, au journal de 20 h de France 2 du 13 août, consacré aux coûts pour les collectivités de l’adaptation au réchauffement climatique, qu’on apprend les choix budgétaires opérés par Mathieu Hanotin pour aménager la place Jean Jaurès. Coût de l’opération 3 millions d’euros. « 3 millions d’euros "piochés" sur l’enveloppe des logements sociaux » précise le reportage. Un choix budgétaire, comme bien d’autres, qui en disent long.

Trois millions d’euros ponctionnés donc sur « l’enveloppe des logements sociaux ». « C’est des choix » confirme Mathieu Hanotin. « C’est pas au détriment de quelque chose », poursuit-il. « des choses… qui doit être fait, si on veut continuer à vivre de manière positive en ville, en zone urbaine dense, il faut que la ville s’adapte ».

L’absolue nécessité d’adaptation des villes aux effets du réchauffement climatique n’est pas contestable, en revanche dire une chose et son contraire en affirmant que c’est « un choix » qui « n’est pas au détriment de quelque chose » est une énormité.

Le budget de la ville de Saint-Denis, comme celui de Plaine Commune, à qui la compétence aménagement a été transféré, contient une multitude de lignes budgétaires sur lesquelles un choix pouvait être opéré autre que celui concernant les logements sociaux.

Des exemples ? On apprend ainsi, dans un article du Monde en date du 9 août intitulé « Nouvelle ère pour le Stade de France : GL Events, le nouveau gestionnaire, promet d’accueillir plus d’évènements et des nouveaux sports », par le maire de Saint-Denis et président de Plaine Commune que « Pendant la coupe du monde de rugby, on a dépensé 1,5 million d’euros par fan zone en frais de gardiennage et en location de matériel ».

Obnubilé par une stratégie consistant à faire du territoire une « Terre d’évènements », un « Hub de loisirs, d’hospitalité » Mathieu Hanotin n’entend pas de ce côté là regarder à la dépense. On en a parlé. On y reviendra.

C’est un choix.

1,5 million d’euros donc. Gardiennage et matériel. Auquel il faut sans aucun doute rajouter le coût de la présence humaine des agents de la ville, la préparation de l’ensemble, sa gestion, la communication. Et cela en 2023. La ville et Plaine Commune ont déboursé a minima 5 millions d’euros pour les JO 2024.

Question communication, le maire-président ne regarde pas non plus à la dépense au regard de la profusion de documents qui précède la période de réserve avant les élections municipales de mars. Le coût ?

Encore une fois, c’est un choix.

Dans une de ses dernières videos Mathieu Hanotin se félicite d’en être à 600 caméras video installées. Il parlait de 500 caméras il y a peu. Le coût ?

Un choix là aussi.

L’adaptation des villes au réchauffement climatique n’est pas contestable. Il nécessite des arbitrages financiers. La municipalité a-t-elle puisé sur les financements de l’Agence Nationale de Renouvellement Urbain pour cela ?

1,5 millions… 2 millions… 3 millions… ponctionnés sur « l’enveloppe des logements sociaux » et une réponse au changement climatique à géométrie variable. Président de l’association Territoires d’événements sportifs (TES) Mathieu Hanotin, tout à la promotion des grands événements sportifs, défend la candidature des JO d’hiver dans les Alpes en 2030.

Encore un choix. Coûteux pour tous. Inepte et mortifère.