Clarifications, joie et soulagement

, par Saska Rupert

La dissolution voulue par un homme seul avait pour but de parvenir à une clarification politique.

Elle a conduit à plusieurs clarifications.

La première semblait loin d’être acquise. En quelques jours la gauche et les écologistes ont montré, démontré que face à une telle situation ils étaient capable de s’écouter, de s’entendre, de s’allier. Première clarification, premier pari perdu d’un homme seul, le président de la République.

Le taux de participation du premier tour a aussi permis de démontrer que face à un enjeu majeur, le clivage gauche-droite – que le président de la République n’a cessé, dès son accession au pouvoir, de le présenter comme obsolète – revigoré en clivage gauche-extrême-droite a détrôné le premier parti de France : les abstentionnistes. Cette clarification s’est amplifié au second tour. L’enjeu fait les votes. 67 % des inscrits sont allés voter au second tour.

Les nettes victoires de candidats sortants, qu’un autre homme seul – aidé de quelques uns – avait écarté avec brutalité des investitures viennent rappeler, autre clarification, que les électeurs n’acceptent pas, n’acceptent plus les desiderata de ceux qui pourfendent à juste titre la verticalité, le pouvoir personnel de la Vème République et use des mêmes méthodes. Un autre pari perdu. L’exigence de démocratie va continuer à faire son chemin. Ce n’est pas en conjuguant inélégance et brutalité que la gauche peut régler les questions tout à fait légitimes de représentation politique de la diversité de notre pays. Les combats fratricides dont seul un homme seul – aidé de quelques uns – est responsable ne sont pas de mise.

La clarification première, celle à laquelle nous invitait un homme seul, celui dont la politique menée depuis 7 ans et par ses prédécesseurs a été le terreau du résultat de l’extrême-doite aux élections européennes et au premier tour des législatives s’est exprimée dimanche 7 juillet. Les Françaises et les Français ne veulent pas que le pays soit gouverné par l’extrême-droite.
On retiendra de la campagne de l’entre-deux tours tous ceux qui partisans du ni-ni ont boudé le barrage républicain. Qu’un Gabriel Attal a eu plus de hauteur de vues qu’un Edouard Philippe ou un François Bayrou.

Après ces utiles clarifications, tout commence. Après le soulagement et la joie, le danger subsiste. Deux même. Celui d’une extrême-droite qui a reculé en voix (de 9,3 à 8,7 millions pour le RN) mais qui passe de 88 à 143 député.es.
Et celui d’une clarification qui s’embourberait dans une coalition contre-nature et autres combinazione d’un pays dit ingouvernable.

Une dernière clarification se fait attendre. La 6ème république n’est pas née et la 5ème est moribonde. Comment dénouer cet entre-deux ?