Collège Fabien : ghetto de l’Education nationale

, par Jacques

Bienvenue au collège Fabien : le porche d’entrée s’écroule ? Ce n’est pas le pire... Le département ampute le budget du collège, coupe les crédits de projets en cours ? Bon, on survit… Ici, le serial killer, c’est l’Education nationale.

Le porche étayé du collège, en attente de démolition depuis 3 ans

Il y a l’ordinaire, les absences non remplacées. Avec encore cette année semble-t-il un fléchissement vers le pire. Attention ! Nous ne parlons pas ici des absences longues, qui constituent un scandale en soi.

Absences en 4e8 cette année matière par matière

Non, nous parlons des absences courtes, au fil de l’eau, ces absences de moins de 15 jours que l’Education nationale ignore, pour lesquelles aucun remplacement n’est même demandé.
Des absences qui font perdre chaque année 1 cours sur 5, voire un sur 4, à nos enfants en moyenne sur le collège ! En ne tenant compte que des cours dits « obligatoires »… Chaque semaine, une journée de cours en moins ! En 4e 8, cette année, c’est un cours sur 4 que nos enfants ont perdu. Une journée de cours complète devient exceptionnelle.

Le collège pour les enfants de Fabien, c’est 3 ans, pas 4

Il y a les 2 secrétaires à plein temps absentes depuis 6 mois et non remplacées. Sauf 1/2 poste depuis un mois. Et la désorganisation qui en découle dans le plus gros collège de Saint-Denis, qui compte 600 enfants. Des convocations aux examens données au dernier moment, des formulaires à prendre le jour même et rendre le lendemain pour les réinscriptions, des informations données un jour contredites le lendemain... des changements de plannings incessants qui rendent impossible pour les parents délégués en conseils de classe et les élus d’accomplir leur mandat.

Il ya depuis mars la suppression de toutes les aides aux enfants en difficulté. Le programme national d’aide aux devoirs, le tutorat, les dispositifs locaux, tout est stoppé… Dans nos quartiers où l’accès à la scolarité est compliqué (problèmes de langue, difficultés sociales, système scolaire peu adapté…), ce sont des dispositifs souvent cruciaux qui du jour au lendemain disparaissent parce que l’enveloppe des heures supplémentaires qui rémunère les enseignants a été brutalement sabrée.

Demain, c’est aujourd’hui en pire

… et maintenant, c’est la promesse pour la rentrée 2026 de classes de 4e et 5e au-dessus du seuil de 24 enfants par classe ! Un sureffectif que semble assumer la direction départementale de l’Education nationale. Qui dégradera encore la situation du collège, où s’affirme déjà une dérive problématique vers une gestion répressive plutôt que pédagogique de la discipline (jusqu’à une soixantaine de conseils de discipline par an les années précédentes, dont 1/3 d’enfants exclus définitivement). Une approche privilégiant le répressif sur l’éducatif déjà assumée par une partie du personnel

Les enfants de Saint-Denis ont droit au meilleur !

Appel au « collège mort » mardi 23 juin

C’est face à tout cela que les parents du collège ont décidé de réagir en organisant un collège désert le dernier jour de classe, mardi 23 juin. Une décision difficile, qui peut sembler contradictoire étant donné le nombre d’heures de cours perdues par leurs enfants. Une décision qui en a fait hésiter certains, on les comprend. Mais qui pour beaucoup répond à une volonté générale de stopper la dégradation des conditions dans lesquelles ils sont scolarisés. Que faire d’autre ?

Les parents ont interpellé les élus locaux, leur ont demandé leur soutien, leur présence. Souvent, ils ont pu constater dans le passé leur soutien. Bally Bagayoko, Stéphane Peu, Éric Coquerel... Leur présence, s’ils sont disponibles, serait évidemment un signal fort contre la dégradation de l’enseignement dans les quartiers populaires de leur ville.