Tout vu ! L’entrée
Ce conseil du 28 novembre démarre sur les chapeaux de roue pour un élu municipal.
Christophe Durieux, conseiller municipal, arrive avec la conseillère municipale Sofia Boutrih, pour le conseil. Les agents de la police municipale n’ont sans doute pas bien identifié tous les élus d’opposition, puisque si Sofia Boutrih franchit sans encombre la porte du hall d’entrée de la mairie, Christophe Durieux est lui rembarré par les agents de la Police municipale. Il y a pourtant des trombinoscopes des élus en mairie, à l’accueil, et Christophe Durieux appartenait, en début de mandat, à la majorité municipale.
Il a fallu une heureuse coïncidence à savoir la présence d’un chargé de mission au cabinet du maire-président connaissant Christophe Durieux pour que celui-ci puisse enfin pénétrer dans la mairie.
A moins que certains traitent l’accès à la "maison du peuple" comme d’autres font le tri à l’entrée des boîtes de nuit, un effort sérieux est donc à faire pour rectifier l’accueil des élus d’opposition en mairie.
Le même élu, sorti comme tous les autres pendant la suspension de séance, s’apprête à rentrer pour la reprise de la séance.
Deux agents de la police municipale, lui barrent à nouveau la route. Christophe Durieux proteste, fait part de sa qualité d’élu municipal, décline son identité, un des deux agents part vérifier ses dires revient, indique à son collègue : négatif ; puis intime l’ordre à Christophe Durieux de repasser derrière les barrières mis en place devant la mairie.
Protestation de Christophe Durieux, protestations des personnes derrière les barrières, ceux-ci connaissant le citoyen élu et Christophe Durieux finit par pouvoir pénétrer dans la mairie pour y exercer son mandat de conseiller municipal.
Faut-il avoir un look particulier pour être reconnu, identifié comme élu municipal ou le port de la casquette s’avère-t-il être un accessoire non conforme, peu recommandable pour pénétrer dans l’hémicycle municipal voire même s’y exprimer ?
Pour les autres, les Dionysiennes et Dionysiens, qui voulaient assister au conseil, il fallait laisser son identité à l’accueil contre la remise d’un badge pour accéder à l’espace réservé au public.
Tout entendu ! Le plat de résistance
Le débat après la communication du maire sur la grève des personnels de l’enfance et de la vie scolaire a été l’occasion, une fois de plus, au soi-disant groupe "écologiste" de se "distinguer" comme il en a l’habitude avec l’intervention de son président, Kader Chibane.
Arborant sa casquette de président de groupe EELV au conseil régional il s’affiche régulièrement sur les réseaux soutenant tel ou tel mouvement de grève ici ou là. Avec sa casquette de président de groupe EELV au conseil régional pas avec sa casquette de président de groupe à Plaine Commune, encore moins avec celle de président de groupe au conseil municipal à Saint-Denis.
Et que nous dit ce multi-présidents en entame de son intervention sur le sujet : "Un mouvement social c’est toujours un échec collectif, un échec pour la collectivité, l’employeur, un échec pour les salariés en grève, un échec pour les enfants scolarisés qui ne bénéficient pas de leur repas normalement, pour les parents inquiets et finalement pour le service public… »
Tout le monde dans le même sac, employeur, salariés, les enfants, les parents. Comme si tout le monde portait la responsabilité de cette situation. La responsabilité d’un échec collectif. Ben voyons.
Tout cela pour ne pas dire un mot sur la situation réelle des agents, le conflit, le mouvement social.
Louvoyer toujours, apporter son soutien au maire, blablater hors sujet et sortir des énormités, le tout révélant une fois de plus son positionnement et celui du groupe "écologiste" qu’il cornaque.
Un mouvement social est toujours un échec collectif, jamais de victoire donc ?
Le 5 décembre, jour de mobilisation dans la fonction publique le même serait capable d’entonner le discours inverse, il suffira de changer de casquette. Le blanc c’est le noir. Le noir c’est le blanc et la nuit tous les chats sont gris.
Bla bla insipide, énormité de Kader Chibane en début de conseil.
Dédain, condescendance du maire à l’égard de l’opposition et expression paternaliste aux allures de mépris de classe à l’égard de Christophe Durieux, un peu plus tard.
Menu complet, fromage et dessert, le beurre et l’argent du beurre
Toute honte bue, dans la catégorie "affaires courantes" au conseil municipal, une délibération pour l’indemnisation (700 euros annuels) de Leyla Temel en tant qu’administratrice d’une Société d’économie mixte (SEM,) – en plein mouvement de grève depuis 3 semaines des personnels qui dépendent de sa délégation –, est adoptée.
Madame Temel ne peut donc envisager de participer en tant qu’administratrice aux réunions de la société d’économie mixte (SEM) Semelog au titre de son mandat d’élue et de sa délégation à la restauration scolaire sans être à l’avenir rémunérée et cela dès 2025.
Le tableau des indemnités au titre de l’année 2022 indique qu’elle percevait 60 518, 44 euros brut pour ses mandats à la ville et à Plaine Commune. Sans compter une petite gratification de 626 euros net en 2024 comme présidente de l’agence d’attractivité de Plaine Commune qu’elle préside au titre de sa délégation à Plaine Commune. Autant y rajouter les possibles 700 euros annuels brut de la SEM Semelog ! Quand il y a de la gêne…
Dans ce conseil municipal du 28 novembre, il semble bien que certains ont touché le fond. Peuvent-ils faire pire ? On peut encore le craindre.
Pour ceux qui penseraient aussi que « le mouvement social est toujours un échec collectif » voir ci-dessous :
Les conquêtes de la grève générale de 1936
– Les contrats de travail collectifs, précisés dans la loi du 24 juin 1936, sont ce que nous connaissons aujourd’hui sous l’appellation "conventions collectives".
– La liberté syndicale. Le patronat reconnait la liberté d’opinion du salarié, ainsi que le droit pour chaque salarié d’appartenir à un syndicat professionnel (d’après le livre III du Code du travail). Un salarié doit pouvoir adhérer à un syndicat en toute liberté, sans craindre d’éventuelles représailles de la part de l’entreprise en ce qui concerne la suite de sa carrière : embauche, licenciement et répartition du travail.
– Les salaires en France sont revus à la hausse. Les salaires des ouvriers seront augmentés de 15 % pour les salaires les plus bas et jusqu’à 7 % pour les salaires les plus élevés.
– Dans les entreprises de plus de dix salariés, il y aura désormais des délégués du personnel, directement élus par le personnel. Ces délégués du personnel seront chargés de défendre les intérêts individuels et collectifs des salariés vis-à-vis de la direction de l’entreprise.
– Le patronat s’engage à ne sanctionner aucun salarié gréviste.
– Les 17 et 18 juin 1936, le Front populaire vote la loi des congés payés, permettant deux semaines de vacances par an. Avant cette loi, les Français ne prenaient que peu de congés qui n’étaient généralement pas payés.
– Le 21 juin, la semaine de travail passera à 40 heures (contre 48 auparavant). Les 40 heures seront payées 48 pour ne pas détériorer le pouvoir d’achat.
Les conquêtes de la grève générale de 1968
– Le SMIG augmente de 35 %, et de +56 % pour les salariés
– Le passage par étapes de 48 heures aux 40 heures de travail hebdomadaire est acté.
– Les conventions collectives sont révisées. La part des primes dans la rémunération diminue au profit de celle du salaire.
– L’accès au remboursement des soins (ticket modérateur des visites et consultations) par la Sécurité sociale passe de 35 à 25 %.
– La section syndicale d’entreprise et l’exercice du droit syndical dans l’entreprise sont reconnus par la loi.
– La garantie de la liberté collective de constitution de syndicats ou de sections syndicales dans l’entreprise à partir des organisations syndicales représentatives à l’échelon national.
– La protection des délégués syndicaux est assurée dans des conditions analogues à celle des délégués du personnel et des membres du comité d’entreprise.
– Les prérogatives de l’organisation syndicale dans l’entreprise et des délégués syndicaux sont la discussion et la conclusion d’avenants d’entreprise (addition proposée par les syndicats et le droit de déterminer par accord les règles concernant la structure et le montant des salaires, primes et gratifications).
– Des moyens d’expression pour l’organisation syndicale avec des délégués syndicaux et des nouvelles heures de délégation.
– Collecte des cotisations à l’intérieur de l’entreprise pendant le temps de travail,
– Liberté de diffusion de la presse syndicale et des tracts syndicaux à l’entrée des lieux de travail,
– Libre affichage des communications syndicales,
– Mise à disposition des organisations syndicales d’un local approprié.
– Le droit de réunir tous les membres du personnel de l’entreprise à des assemblées générales du personnel, ce droit doit s’exercer pendant les heures de travail, une fois par mois.
– Interdiction, en cas d’exercice du droit de grève, de tout abattement sur un élément quelconque de rémunération : prime, gratification ou autre avantage au-delà du prorata du temps d’absence.
Dans le prolongement des conquêtes de mai 1968 :
Les négociations par branches et entreprises continueront d’amplifier les acquis de la grève générale de mai 1968 avec en 1970, l’accord sur la formation professionnelle et, en 1982, la promulgation des lois Auroux encadrant :
– la protection des libertés individuelles et collectives dans l’entreprise,
– les pouvoirs disciplinaires du chef d’entreprise,
– l’obligation annuelle de négociation collective sur les salaires,
– la durée et l’organisation du travail
– la création du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).
