De Trappes, d’Aubervilliers, de Saint-Denis ou d’ailleurs, « Siamo tutti antifascisti ». En mémoire de Pengo Bossio Wangi

, par Michel Ribay

Une marche en mémoire de Pengo Bossio Wangi victime de l’attentat terroriste raciste du vendredi 23 octobre à Trappes et La Verrière s’est déroulée à Aubervilliers ce dimanche 25 octobre.

Partie du parvis de la mairie une marche qui a réuni plus de 2000 personnes s’est dirigée vers le carrefour des Quatre Chemins en mémoire de Pengo Bossio Wangi, jeune homme noir de 26 ans tué vendredi 23 octobre. Un crime raciste commis à l’arme automatique à Trappes et La Verrière (Yvelines) au cours duquel cinq autres personnes ont été blessées, dont une enfant de 12 ans.

Il est un peu plus de 14h15 et le parvis de la mairie d’Aubervilliers commence à se remplir. Au micro, c’est une allocution du maire, Sofienne Karroumi qui retient l’attention de celles et ceux qui ont répondu présents à l’appel.

Sofienne Karroumi, le maire d’Aubervilliers. A sa gauche, Stéphane ‘Atch’ ‘Chaufourier.

Pourquoi ici à Aubervilliers ? Parce que bien qu’originaire de Poissy (Yvelines,) Pengo Bossio Wangi était un espoir du club de MMA de l’Atch Academy à Aubervilliers.

Le portrait de Pengo Bossio Wangi sur le site du club Atch Academy.

En fin de manifestation c’est aux côtés du maire d’Aubervilliers que Stéphane ‘Atch’ ‘Chaufourier, le président fondateur de la Atch Academy et ancien champion de France par équipe de lutte, répondait aux questions des nombreux journalistes présents.

« Une marche blanche » silencieuse qui s’est étoffée au cours du parcours. Peu de pancartes, peu de drapeaux si ce n’est deux. D’abord un tricolore presque en début de cortège et plus loin celui de la Palestine. Beaucoup d’écharpes tricolores portées par des élus d’Aubervilliers et de Saint-Denis. Les élus dionysiens de la majorité Diangou Traoré, Samuel Rogeret, Nelly Angel Itouchène, Hélène Boussel, Nesrine Gharbi, Cécile Gintrac étaient présents ainsi que les conseillers municipaux d’opposition Katy Bontinck et Adrien Delacroix. La conseillère départementale Oriane Filhol était aussi présente.

Le silence des participants n’a été rompu que par la reprise du slogan que l’on entend ces derniers temps dans toutes les manifestations. Clamé, rythmé d’un battements de mains c’est à l’unisson qu’il était repris par tous les participants : « Siamo tutti antifascisti ». Beaucoup de ceux qui étaient là ce dimanche l’avaient sans doute entonné le 17 et le 24 octobre à Paris ou à Orléans.

La banderole de tête.
Diangou Traoré interrogée par la presse le dimanche 25 octobre.
Dominique Sopo, président de SOS Racisme.

« Une marche blanche » très politique donc. Il ne pouvait en être autrement tant ce qui est arrivé était écrit et précédé d’autres crimes racistes. Ne serait-ce que ces deux dernières années : Aboubakar Cissé, poignardé dans une mosquée du Gard, crime raciste ; Hichem Miraoui abattu par son voisin dans le Var en 2025, crime raciste ; Ismaël Aali, 20 ans, retrouvé sans vie dans un étang du Rhône en janvier 2026, crime raciste.

Qui sont ceux qui arment les bras des meurtriers ? Qui sont ceux qui, en continu, désignent une communauté, une religion comme un corps étranger qui menace la France ?

Qui sont-ils, ne connait-on pas leurs noms ? Les plateaux d’où suintent la haine ? L’adresse où ils siègent ? Ne connait-on pas ceux qui les financent ?

En cet automne aux allures de mai rampant, ce crime, cette tuerie vient nous rappeler que les mots tuent vraiment.

Une – des très rares – pancarte brandie par un manifestant.

En cet automne aux allures de mai rampant, ce sont aussi des chiffres qui nous disent ce qui s’installe. Le fond de l’air est lacrymo. Le fond de l’air pue. Des interpellations massives inédites (plus de 8000) des violences répétées des forces de l’ordre, filmées, documentées. Des offensés, des humiliés, des mutilés.

Clermont-Ferrand, Tours, Toulouse, Caen, Lyon, Brest, Nice, Montpellier, Rennes, Bayonne, Rouen, Saint-Etienne, La Rochelle, en cet automne qui prend des allures de mai rampant, des centaines de nervis xénophobes, racistes, d’extrême-droite défilent dans les rues de nos villes et attaquent des manifestants sous les yeux de policiers impassibles.

En cet automne aux allures de mai rampant, le bête immonde menace et tue.

PS : Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a rejoint la tête de cortège au cours de la marche.