Dernier Comité social territorial de la mandature ce 9 février. Chiffres officiels à l’appui, la CGT Territoriaux tire le bilan – édifiant – des 6 ans de Mathieu Hanotin

, par La Rédac’

A l’image des articles qui tirent le bilan des politiques menées en 6 ans par Mathieu Hanotin et sa majorité municipale en matière d’éducation, de restauration, d’entretien des bâtiments scolaires et d’accueil des enfants dans les Accueils De Loisirs (ADL), la CGT en fait de même avec une déclaration lors du dernier Comité Social Territorial de la mandature.

Monsieur le Maire,

Vous arrivez au terme de votre mandat. Mais quel est donc, M. Hanotin, votre bilan concernant les personnels et le service public municipal ? Nous saisissons l’occasion de ce dernier CST pour en dresser un plus au moins exhaustif. Nous soulignerons également votre conception, bien singulière, du dialogue social.

Dès l’automne 2020, vous avez braqué les collègues que vous considériez comme des « fainéants » qu’il fallait remettre au travail ! C’est ainsi que vous avez rogné les jours de congés, remis en cause le temps de travail réel, conditionné la prime annuelle à la présence en comptabilisant les accidents de travail et les congés longue maladie dans les absences à partir de 2021 ! Pourtant, les personnels travaillaient ; et ils travaillent encore ! Surtout, votre méthode pour lutter contre le « fameux » absentéisme s’est finalement soldée par un échec, comme nous l’avions imaginé, si on en croit les données « officielles » que vous êtes contraint de nous transmettre. Le bilan social de 2020 indiquait un taux d’absentéisme global de 12,6% et le rapport social unique 2024 (données transmises en décembre 2025, dernières données disponibles) annonce 11,4% en augmentation depuis 2022 où le taux était descendu à 9,91%. Effets pervers des mesures iniques et culpabilisantes comme les jours de carence ou le déremboursement des arrêts maladie ? Les politiques libérales mises en place par les différents gouvernements Macron transpireraient-elles dans les dispositions locales ?

Fin 2021, vous annonciez la privatisation de l’entretien dans les équipements sportifs et les écoles.
Malgré l’opposition des collègues et de l’ensemble des organisations syndicales, vous êtes passé en force, encore une fois, et dès 2022 des plans de suppressions de postes, que vous avez distillé sur plusieurs mois pour faire « bonne figure », ont été mis en place dans les directions des sports et de la vie scolaire. Le service rendu s’est-il amélioré ? Ecoutez les parents d’élèves, les associations sportives, les enseignants, les collègues, les usagers… et vous aurez la réponse !
Votre « dégraissage » se traduit en nombre de vies chamboulées ! Un article de StreetPress annonçait en mai 2023, 548 suppressions de postes, en 3 ans ! Depuis nous avons, de nouveaux chiffres !

Qu’on en juge :
Entre fin 2019 et fin 2024, dernières données officielles transmises en décembre 2025 en CST selon le rapport social unique, nous aurions perdu, à Saint-Denis, près de 500 postes et si même les effectifs des contractuels permanents ont augmentés au détriment des contractuels non permanents, ceux des titulaires, des fonctionnaires, ont fondu de plus de 20%. Le tableau ci-après précise les évolutions et le graphique illustre en un clin d’œil ce recul !

Effectif par catégorie de statut du personnel entre fin 2019 et fin 2024
Evolution des effectifs entre 2019 et 2024

Mais, nous le disions, votre plan social est insidieux. Si nous prenons l’exemple des centres de loisirs, c’est flagrant. En 2023, en augmentant le taux d’encadrement, c’est-à-dire réduire le nombre d’adultes, en proposant des contrats « Mac-Do », à 20 heures par mois, en réduisant les budgets de fonctionnement et les sorties… les collègues des AdL ont perdu peu à peu le sens de leur action, eux qui sont par nature attachés au projet… Vous les avez cantonnés à de la garderie même s’ils et elles résistent encore dans l’intérêt des enfants. Pire, vous avez même réduit le nombre de collègues pour accompagner les enfants en situation de handicap !

Mais pour réduire drastiquement les effectifs des agent-e-s de la ville, vous avez sorti une autre arme, celle de fermetures d’équipements municipaux ! Après celle de l’Espace Jeunesse du
centre-ville en 2022, vous avez proclamé celle de 3 ludothèques municipales en 2023 tout comme celle de la maison des Parents, vous n’avez pas réouvert la crèche Petit Prince en gestion directe en 2023, vous avez sabordé la cyberbase en 2024, et surtout vous avez annoncé, via les réseaux sociaux, la fermeture de 3 Espaces Jeunesse en mai 2025 ! Dans ces conditions, le service public
rendu à la population a largement été affecté ! Vous êtes Monsieur « fermeture », quoi que vous en disiez ! C’est factuel !

Parallèlement, vous mettez en place le CNAS dès 2022 en liquidant le CASC, outil d’action sociale, d’activités sportives et culturelles, pensé pour et par les personnels ! La CGT, ne désespère pas réinstaurer un CASC qui permettra la mise en place de tickets déjeuners pour tous les agent-e-s !
Par ailleurs, durant de votre mandat, vous n’avez eu de cesse de réorganiser les services ! Les réorganisations intempestives et successives, les suppressions de postes, le dénigrement des agents… conduisent à mettre, les collègues qui restent, en instabilité et participent à la démotivation, contribuent à la perte de sens, au délitement de la confiance, à l’instabilité.

L’ambiance de travail n’est pas sereine et, malgré les alertes de la CGT, vous ne semblez pas mesurer l’urgence de recruter, de considérer les personnels et d’apaiser le management agressif de certain-e-s. Nombreuses sont les directions où la souffrance au travail traverse les équipes…
Parmi elles, nous pourrions par exemple citer la Communication, l’Etat Civil, la DRH, la DBA et bien sûr la Jeunesse que vous n’avez eu de cesse de maltraitée…

Et puis, il y a l’épisode de la « fusion-acquisition » de Pierrefitte-sur-Seine, sortie de nulle part, sans que les personnels n’y soient associés. Dès son annonce, la CGT a alerté à propos de la dégradation des services publics rendus aux populations, des conditions d’exercice pour l’ensemble des personnels, du nivellement par le bas. Car d’expérience, ce genre d’ambition mégalomane, se réalise toujours sur le dos des agent-e-s et donc des citoyen-ne-s. Nous avions eu le nez creux, puisque pour le moment nous attendons encore les soi-disant améliorations pour les collègues. Certes, certain-e-s ont gagner en rémunération, surtout à Pierrefitte où le niveau était bien bas (à qui la faute ?), mais dans le détail ce n’est pas si simple. Surtout, la reconnaissance des pénibilités à Pierrefitte chez les ATSEM et les personnels des offices est menacée pour s’aligner à Saint-Denis où vous avez choisi de ne plus le faire.

Si en plus, l’occasion de la « fusion-acquisition » permet de justifier les fermetures des EJ… alors c’est plus que déplorable ! La CGT a donc nécessairement voté contre « l’étude d’impact RH » au CST du 16 mai 2024, ce qui n’a pas été le cas, malheureusement de toutes les OS.

Enfin, et ce n’est pas une mince affaire, vous avez dénigré les représentant-e-s du personnel, les organisations syndicales et refusé de créer les conditions d’un dialogue social « apaisé et équilibré », c’était pourtant un de vos slogans en 2020. Dès le début de votre mandat, à l’automne 2020, vous avez refusé de recevoir les organisations syndicales alors que les collègues ont fait 3 mois de grève massive contre votre première mesure réactionnaire visant à sabrer nos congés et conditionner la prime annuelle à la présence ! Par la suite, vous avez souvent snobé les demandes des représentant-e-s du personnel et singulièrement celles de la CGT. Vous avez avancé comme argument que vous étiez élu ! Pour votre information, les représentant-e-s du personnel le sont également. Restons humbles et gardons le service public et le respect chevillés au corps, au cœur et à notre conscience…

Voici donc quelques évènements et décisions dont vous êtes responsable qui illustrent par bien des aspects votre manière d’agir et vos desseins qui sabotent le service public de proximité et les conditions de travail des personnels municipaux.

Heureusement, vous nous avez octroyé une prime exceptionnelle de fin d’année 2025, comme s’il fallait nous faire oublier toutes ces attaques que nous avons subies. Nous prenons le pognon !

Mais ne sommes pas dupes ! Cela ne rattrape pas les 20% de salaire perdus en 20 ans. La CGT revendique le point d’indice à 6 €. Et, à l’opposé de votre action, la CGT revendique de la
considération, des moyens humains et matériels pour assurer un service public de qualité !