Elections municipales. Est-ce la dernière inauguration d’ici le premier tour ?

, par Michel Ribay

Ces derniers mois, tout à l’approche des élections, c’est une véritable floraison d’inaugurations à laquelle s’adonnent les élus. Relayées à de nombreuses reprises sur les réseaux sociaux, celui de la ville, de « Notre Saint-Denis », du maire, des élus sans compter les publications papiers auxquelles Plaine Commune apporte sa contribution.

Une de plus. C’est un peu ce qui pourrait se dire du côté de la municipalité tant les inaugurations se sont succédées ces tous derniers mois à l’approche des élections. Ce serait être mauvaise langue que de suggérer, dire, affirmer même, qu’au vu de leurs nombres et du calendrier resserré dans lequel elles sont célébrées, tout cela a été soigneusement préparé.

Ceci étant dit, on vous épargnera la liste des précédentes pour s’arrêter un instant sur la toute dernière.

On le sait, notre ville, le territoire même sont largement fracturés par des diverses infrastructures qui rendent difficile le passage aisé d’un quartier à un autre, d’un équipement à un autre, d’une ville à une autre.

Passer de la Plaine à Pleyel, du Stade de France au centre aquatique olympique, de Saint-Denis à l’Ile-Saint-Denis, et inversement, autant de cheminements, de détours, de connexions difficiles auxquelles la mandature précédente s’est attelée pour les réduire, les effacer et rendre possible le franchissement d’obstacles majeurs : le faisceau ferré, l’autoroute A1, la Seine.

Autant de projets, le Franchissement Urbain Pleyel, la passerelle qui surplombe l’autoroute A1 entre le stade de France et le centre aquatique, le franchissement de la Seine entre deux parties du village olympique, qu’a lancé la municipalité précédente entre 2014 et 2020 et qui se sont achevés en 2024, à l’exception du Franchissement Urbain Pleyel aujourd’hui encore incomplet.

Ces franchissements, chantiers de grande ampleur, qui ont nécessité temps d’études, montages financiers complexes et bataille au long cours pour en assurer la faisabilité par des financements croisés ont tous été inaugurés par la municipalité actuelle.

C’est le sort réservé à tous les projets d’ampleur en cas d’alternance politique.

Cette situation devrait conduire la municipalité actuelle à un peu plus de mesure, de considération pour le travail accompli précédemment. La conduire aussi, peut-être, à ne pas trop en faire en matière d’inauguration surtout quand elles sont opportunément programmées dans un tel calendrier. Mais nous savons que c’est trop demander.

Personne ne contestera l’amélioration apportée, l’accès aisé aux personnes à mobilité réduite mais convoquer fanfare, ruban, élus, soutiens, service de com et photographe pour la passerelle des Etuves, convenons qu’au regard des projets portés précédemment, des franchissements majeurs réalisés, cette toute dernière inauguration frise le ridicule.

Mais le calendrier prime.

Soyons juste, il s’agissait pour les organisateurs d’inaugurer la nouvelle passerelle du passage des Etuves ET la rue Jean Jaurès qui existe… depuis des décennies.