Enquête sur la surexposition des quartiers populaires aux vagues de chaleur

, par La Rédac’

La Fondation pour le logement des défavorisés révèle dans une étude publiée ce jeudi 18 juin, la surexposition des quartiers populaires aux canicules. Faible revenu, risque plus élevé d’une mauvaise santé, urbanisme de forte densité, matériaux inadaptés, carence d’espaces verts, de multiples facteurs majorent les vagues de chaleurs et conduisent à une « urgence sanitaire ». Une autre étude réalisée sur la bases des diagnostics de performance énergétique (DPE) révèle que la moitié des logements (au niveau national) sont susceptibles d’être des « bouilloires thermiques ».

Principaux résultats issus de la base de données Diagnostic de Performance Energétique au regard du confort d’été (Etude POUGET Consultants-IGNES)

Portant sur près de 9 millions de DPE, l’étude révèle que 9 logements sur 10 étudiés ne sont pas adaptés aux fortes chaleurs, y compris dans les logements récents (RT2012/RE2020) et ceux performants énergétiquement (classés A ou B).

Tout DPE confondu, près d’1 logement sur 2 est considéré comme « bouilloires thermiques » au sens de l’indicateur (classement en « insuffisant ») avec quasi exclusivement comme raison le manque de protections solaires. Un chiffre qui reste de plus d’1 tiers pour les logements performants qui, s’ils sont efficaces l’hiver, peuvent se transformer en « bouilloires thermiques » lors de fortes chaleurs.

Autre constat surprenant, le nombre de logements classés « bon », très minoritaire, ne progresse pas au fil des années de construction et de leurs réglementations

Une approche territoriale fait apparaître que certaines grandes villes très exposées aux phénomènes d’îlots de chaleur concentrent un nombre important (>50%) de bouilloires thermiques (ex. Paris ou Lille).

Les villes de + de 100 000 habitants les plus exposées aux canicules. L’insuffisance de protections solaires extérieures (volets, stores) est le principal facteur de surchauffe dans les logements.

Le recoupement des logements avec un indicateur insuffisant et l’équipement en climatisation met en évidence une proportion importante (1 sur 2) de logements climatisés sans avoir effectué les « premiers gestes » du confort d’été (installation de protection solaire en particulier), pourtant obligatoires.

La fréquente absence des travaux de confort d’été dans les préconisations des audits énergétiques – réalisés notamment lors de rénovations globales et de ventes de passoires énergétiques – alerte sur une politique de rénovation qui délaisse ce sujet.

Les ilots de chaleur en centre-ville de Saint-Denis. Copie d’écran issu de la carte interactive de l’Institut Paris Région.

Pour accéder à la carte interactive c’est ici.