Début janvier 2026, précisément le 7 janvier, Mediapart a adressé aux 100 maires des plus grandes villes de France une série de questions.
Elles sont simples, nous les reproduisons :
– Serait-il possible de consulter les notes de frais municipales pour cette dernière mandature (2020-2025) ? Dans l’idéal, nous souhaiterions consulter les frais de représentation, de restauration et de déplacement
– Par ailleurs, vous engagez-vous, si vous êtes candidat·e aux municipales, à les rendre publiques pendant cette campagne
– Si vous vous représentez pour les municipales et êtes réélu·e, vous engagez-vous à rendre publiques vos futures notes de frais
– À l’inverse, considérez-vous cette publicité illégitime et si oui, pourquoi ?
Considérez-vous que le sujet de la transparence a sa place dans la campagne et si non, pourquoi ?
A ces questions sur les 100 villes sollicitées, seules 48 ont « répondu positivement à cet exercice de transparence », les 52 autres ont « refusé implicitement ou explicitement de nous transmettre leurs notes de frais. ».
Mathieu Hanotin figure parmi ces 52 refus.
C’est pourtant un droit, la loi permet en effet à tout citoyen d’avoir accès à ces documents administratifs.
Mathieu Hanotin n’en est pas à son premier refus de transparence, puisque sur le site dédié pour faire des demandes de documentsce ne sont pas moins de 30 demandes qui ne font l’objet d’aucun retour de la part de la municipalité dont 9 concernent la demande de communication des notes de frais du maire et dont l’une datant de mars 2024 fait l’objet d’une saisine de la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA).
Celle-ci est une autorité administrative indépendante chargée de veiller à la liberté d’accès aux documents administratifs et aux archives publiques ainsi qu’à la réutilisation des informations publiques.
Le maire se refuse donc depuis de nombreux mois à justifier de ses notes de frais.
Un post ce 6 mars sur le Facebook de Cécile Gintrac, pointait par ailleurs une discordance étonnante entre les budgets alloués en matière de frais de représentation et les dépenses engagées. Pourquoi abonder, augmenter le montant des lignes de crédit quant le compte administratif révèle une baisse du montant utilisé.
Mystère.
Refus de transparence, discordance entre budget alloué et crédit consommé. Pour un maire se vantant que chaque euro dépensé doit être un euro utile, les citoyens ont, comme le dit la formule, « le droit de savoir ».
Mais le maire s’en moque.
"Cagnotte stratégique" et gros magot
Un autre média, celui là beaucoup plus confidentiel, La Lettre, qui se définit comme un quotidien d’information stratégique, traitait le 2 mars dernier de l’importance qu’ont pris les micro-partis comme source de financement autonome des partis traditionnels et qui permettent « de gagner en autonomie par rapport aux partis et de récolter des dons aux montants plus élevés. ».
L’article révèle ainsi l’intérêt de constituer « ces cagnottes stratégiques » puisque avec des dons, plafonnés à 7 500 € par an et par donateur, alors que ceux accordés à un candidat directement, sans structure partisane, sont limités à 4 600 €. Dans les deux cas, le donateur peut bénéficier du dispositif de défiscalisation, à hauteur de 66 % du montant de son don. Les micropartis permettent aux candidats de financer des actions avant le début de la campagne officielle, qui dure six mois. L’État rembourse lui jusqu’à 47,5 % du plafond des dépenses de campagne, le microparti peut financer la somme restante.
On y découvre que certains disposent grâce à l’existence de leur micro-partis de « réserves conséquentes ». C’est le cas, nous dit La Lettre , à Saint-Denis où le « socialiste Mathieu Hanotin peut compter sur Notre Saint-Denis, qui avait 147 000 € en dépôt fin 2024.
A quoi ont servi ces 147 000 euros en 2025 ? La question se pose. Qui sont les éventuels donateurs ? La question se pose aussi. Les élus ont-ils contribué mensuellement depuis juin 2020 à abonder « cette réserve conséquente » ? Avec leurs indemnités ?
Dons au micro-parti, personnes privées, personnes morales, entreprises ? ; Cotisation mensuelle sur des indemnités issues d’argent public ? Quoi d’autre ?
On n’entend plus parler de « Notre Saint-Denis ». La campagne du candidat Mathieu Hanotin est menée sous le vocable « Réussir Ensemble »
Une hypothèse : si transfert de fond il y a eu comment cela s’est-il juridiquement opéré entre « Notre Saint-Denis » et « Réussir Ensemble » ?
Autant d’interrogations que seul peut lever celui qui aujourd’hui encore, force est de constater, préfère l’opacité à la transparence.
