Face aux méthodes cavalières de la municipalité, la colère d’anciens combattants.

, par Michel Ribay

Jean-Claude Legendre, le président de la section de Saint-Denis de l’Union Nationale des Combattants était en colère au mois de juin dernier. Le blog de Saint-Denis s’en était fait l’écho. Dimanche 3 septembre, il ne sera pas présent à la commémoration du 79 ème anniversaire de la Libération de Saint-Denis.

S’apprêtant comme tous les ans, à une sortie prévue le 5 août (finalement annulée pour d’autres raisons), avec l’ensemble des adhérents à l’Arc de triomphe pour un dépôt de gerbe, Jean-Claude Legendre apprenait, en se rendant à la Maison de la vie associative en juin dernier, que dorénavant son association devra contribuer financièrement à cette sortie.

C’était et cela reste la conséquence d’une délibération du conseil municipal du 8 juin dernier qui, ayant modifié les conditions d’attribution des bus aux associations mettait fin à la possibilité d’en bénéficier gratuitement – une fois dans l’année.

Les associations devant dorénavant contribuer à hauteur de 33%, ce qui pour certaines qui ne perçoivent aucune subvention ou d’un montant très modeste, seraient contraintes à renoncer à leur unique sortie.

Lors de la commémoration du 18 juin 1940, face au mécontentement de L’Union Nationale des Combattants, des sections dionysiennes de l’Union Française des Anciens Combattants et victimes de guerre (l’UFAC) et de l’Amicale des Anciens Marins et Marins Anciens Combattants (l’AAMMAC), le Maire s’était engagé, publiquement, à réexaminer le sujet afin de ne pas pénaliser les associations.

Trois mois se sont écoulés depuis – la question du financement des sorties n’est toujours pas réglée – et pire aucune leçon ne semble avoir été tirée de ces méthodes puisqu’à nouveau, les associations en question sont maltraitées. Et du coup, fort mécontentes.

En colère même, puisque, selon nos informations, à quelques heures de la commémoration du 79ème anniversaire de la Libération de Saint-Denis, dimanche 3 septembre, le président de L’Union Nationale des Combattants n’y sera pas présent. Ce sera une première. Une décision qui lui en coûte mais une décision mûrement réfléchie.

Pourquoi ? Depuis l’incendie du centre administratif la municipalité est contrainte pour assurer la continuité des services publics de repositionner des agents et de mobiliser à cet effet des locaux.

Les locaux mis à disposition des associations d’anciens combattants à la Bourse du Travail ont donc été envisagés comme une option, au grand dam des associations, puis alors qu’il leur avait été indiqué que cela ne se ferait pas, la municipalité revient sur son engagement et cela en plein mois d’août. Une demande de réunion de la part du président de l’UNC reste encore aujourd’hui sans réponse.

Cette volte face prend la forme d’une « réquisition » brutale qui du coup ne passe pas. L’engagement n’est pas un vain mot pour les anciens combattants. On comprend donc leur colère et leur indignation quand une parole n’est pas tenue.

La méthode – à laquelle on ne s’habituera pas – manque encore de la plus élémentaire politesse à l’égard des associations.

Même les plus indulgents à l’égard de la municipalité en conviennent avec sévérité : un maire ne devrait pas faire cela.