Fusion de la ville de Paris avec les villes de Saint-Denis et Pierrefitte-sur-Seine (93). Mathieu Hanotin réclame un référendum

, par Léon Lacarpe

On a beaucoup glosé sur le deal caché entre le président Emmanuel Macron et Rachida Dati pour qu’elle entre au gouvernement mais la clarté commence à se faire jour. Selon nos informations recueillies auprès d’une source proche du dossier, la rumeur enflait depuis plusieurs jours mais maintenant tout semble en place pour qu’au prochain Conseil de Paris, la cheffe de file de l’opposition, Rachida Dati, soumette un rapport visant à fusionner, avec l’appui du Préfet d’Ile-de-France et donc du plus haut sommet de l’Etat, la Ville de Paris avec les villes de Saint-Denis et Pierrefitte-sur-Seine (93).

Un projet apparemment consensuel
Ce rapport prévoit que Mathieu Hanotin, actuel maire de Saint-Denis, devienne Adjoint à la Maire de Paris et maire du 21e arrondissement, lequel englobera Pierrefitte. Michel Fourcade, actuel maire de Pierrefitte deviendra provisoirement président délégué exécutif du conseil du nouveau quartier Pierrefitte au sein de ce 21è arrondissement. Anne Hidalgo semble ne pas vouloir s’opposer, une fois n’est pas coutume, à ce projet porté par son adversaire qui ne la ménage pourtant pas. Les deux édiles y voient sans doute l’une et l’autre un avantage en perspective des élections municipales de 2026.

Le volet financier déjà clos
Contrairement à la fusion-annexion des deux seules villes de Saint-Denis et Pierrefitte qui devait faire supporter par les contribuables de Saint-Denis le poids financier de la dette abyssale, récemment révélée par la Chambre Régionale des Comptes, de la commune de Pierrefitte, cette fusion-annexion par Paris ne coûterait rien aux contribuables parisiens, les taux respectifs de taxe foncière sur les propriétés bâties ayant été préalablement quasi-harmonisés au niveau de 20,5% pour Paris et Saint-Denis.

Un avantage transport
L’avantage avancé pour les habitants se situe donc ailleurs : le coût de la mobilité. En effet les 4 gares RER, Saint-Denis, La Plaine Stade de France, Stade de France-Saint-Denis et Pierrefitte-Stains, seront désormais considérées en intra-muros de Paris et il suffira d’un pass au tarif métro intra-muros pour y emprunter les trains en destination ou en provenance des autres stations parisiennes. Finis les amendes et les blocages aux barrières de contrôle qui empoisonnent la vie des touristes logés en Air’bnb sur le territoire de Saint-Denis et déboussolés par ces immuables subtilités tarifaires !

L’ombre du Stade de France avec le PSG ?
Mais il se murmure qu’au moins un autre acteur de poids s’intéresse de près à l’affaire : le Stade de France se situant désormais à l’intérieur du périmètre de la Ville de Paris, le Paris-Saint-Germain-Football-Club peut enfin lâcher sans crainte le Parc des Princes et acheter le Stade de France et s’y installer sans s’exiler hors de Paris, alors que sa domiciliation à Saint-Denis hors de Paris lui aurait posé un gros problème marketing. En coulisse, les tractations autour de ces deux stades ont repris de plus belle, au moment même où tous les esprits sont accaparés par les JO.

Le maire de Saint-Denis, garant de la démocratie locale ?
Mathieu Hanotin fait preuve d’un enthousiasme très mesuré. Sans s’opposer au projet auquel il n’était visiblement pas associé à l’origine, il souligne « la nécessité démocratique que les Dionysiennes et Dionysiens soient associés et qu’elles et ils puissent donner formellement leur avis » et envisage d’organiser très rapidement un référendum local. Rendez-vous donc le 30 mai pour un conseil municipal extraordinaire à Saint-Denis.