Près de 250 agents et soutiens devant la mairie pour marquer le début d’une deuxième semaine de grève ont marqué cette journée du lundi 18 novembre où se sont succédés des prises de parole en soutien au mouvement. Du côté des parents, après les communiqués en soutien eux aussi des écoles Jules Vallès et Daniel Sorano, circulent ceux des écoles Jules Guesde, Marcel Sembat, Jacqueline de Chambrun, La Roseraie, L’Estrée, Victor Hugo, Honoré de Balzac et Lili Boulanger… Plus même, quatorze groupes scolaires et écoles qui, à l’heure où nous écrivons, sont rejoints par d’autres au fur et à mesure .
Elément de langage, propos mensongers, sans fondement dans l’expression de la municipalité…
La communication sur les réseaux sociaux de l’élue en charge Leyla Temel n’a pas rassuré les agents grévistes au bout d’une semaine. Pire, ses déclarations ont une nouvelle fois fortement choqué les agents. Niant la situation que connaissent les agents sur le terrain, la municipalité joue l’incompréhension. Un élément de langage qu’elle entend marteler dans les esprits.
C’est le propos tenu au Parisien le 14 novembre, « C’est incompréhensible sur le fond et ça éloigne les gens du service public sur la forme. Ils viennent en poste et annoncent qu’ils font grève peu avant le déjeuner. C’est une expression syndicale qui prépare les élections de l’année prochaine. »
Le même élément de langage utilisé par le Maire lui-même qui ne s’était pas exprimé directement depuis le début du mouvement mais qui y a été contraint par la présence d’agents grévistes de FO à la réunion publique qui s’est tenue à Floréal lundi soir.
« C’est une grève incompréhensible » s’est-il exclamé devant l’auditoire après le départ de la délégation venant exprimer dans cette réunion publique leur colère. Devant cette situation, le Maire a menacé un instant de clore la réunion, ce qui aurait privé les habitants du quartier de s’exprimer eux aussi.
… et maintenant une menace
La réunion s’est poursuivie et c’est une autre menace qu’a exprimée le Maire, une menace à l’encontre du mouvement social. Prenant la peine, à l’image du courrier de l’élue, de faire référence au droit de grève, tout en assimilant les grévistes à des « perturbateurs », il a fait part de sa volonté d’instaurer « un service minimum », afin d’assurer « la continuité du service public ».
On sait, les agents savent ce que veut dire ce discours, ce qui le motive : la volonté de mettre les agents au pas, de monter les parents contre les personnels, les usagers contre les agents, dévitaliser les moyens de pression des salariés, dévitaliser le droit de grève, un droit reconnu comme constitutionnel.
Le mouvement de grève aborde avec cette deuxième semaine de mobilisation une période cruciale. La volonté de poursuivre est là. Le besoin d’une victoire – même partielle – pour les agents aussi.
La municipalité fait la sourde oreille, menace, durcit et exacerbe le conflit. Elle en porte la responsabilité.
« Faire à quatre ce qui se faisait à cinq »
Cette mobilisation résonne sans doute dans d’autres services et fait écho à des situations similaires de souffrance au travail… et aux confrontations à venir.
La menace du Maire d’un « service minimum » a été complétée de la réponse qu’il a donnée à un habitant de Floréal l’interrogeant sur l’intérêt de la fusion avec Pierrefitte. Outre les conditions plus « favorables de coût des assurances » et les « conditions d’emprunt » a-t-il avancé pour la commune nouvelle, le Maire a insisté sur la possibilité de « supprimer les doublons », de « faire à quatre ce qui se faisait avec cinq personnes ». Cela a le mérite d’être clair.
A la croisée des chemins, et au vu des intentions du Maire à l’avenir, le mouvement a sans doute un besoin. Celui de s’élargir.
PS : une nouveauté dont on ignore à ce stade si c’est une initiative de la police municipale, de la police nationale ou de la préfecture de police, un drone a survolé pendant de très longues minutes le rassemblement devant la mairie. A suivre donc. C’est en tout cas l’occasion de faire part de l’exposition qui se tient à Paris 8, à la Bibliothèque universitaire jusqu’au 22 novembre sur le thème : Les Yeux Olympiques, la vidéosurveillance dans l’espace public.