Elle s’appelle Mylène, c’est le prénom d’emprunt qu’on lui donnera ici pour raconter son histoire. Ce n’est pas une grande histoire. Non. Juste une petite histoire qui illustre le décalage entre ce que le maire-président, Mathieu Hanotin et son équipe affichent et les décisions qu’ils prennent et dont l’impact est implacable pour celles et ceux qui les subissent.
Mylène perçoit l’allocation Adulte Handicapé. Un revenu très faible qui oblige à compter. Et à compter juste… A faire des choix qui consiste à renoncer à beaucoup de choses.
Pour autant, au-delà de l’essentiel toujours difficile à financer, Mylène, dionysienne avait fait le choix de participer, depuis l’année dernière, chaque mardi après-midi à un atelier de pratique artistique à l’école d’arts plastiques de la ville, Gustave Courbet. Pour un coût calculé sur le quotient familial. Un choix de Mylène, d’une autre saveur, pour elle même, que ses dépenses contraintes sur lesquelles elle n’a pas totalement la main.
Au cours de l’année, Mylène a quitté le logement privé très dégradé dans lequel elle vivait, pour profiter à terme d’un autre logement plus digne, plus adapté à sa situation. Le logement qui lui permet d’améliorer son quotidien se trouve à La Courneuve.
Ce logement – social – tant attendu améliore la vie quotidienne de Mylène mais menace la poursuite de ses ses activités culturelles. En effet, ce n’est plus du tout les mêmes conditions tarifaires et de plus la grille tarifaire accessible aux habitants de Plaine Commune a disparu.
Mylène est honnête, aussi elle n’a pas caché sa future domiciliation à La Courneuve, même si au moment de son inscription elle était toujours dionysienne car hébergée le temps que les travaux soit achevés dans l’appartement de La Courneuve.
Fini le tarif à 15% du quotient familial accessible aux seuls Dionysiens, elle devrait maintenant s’acquitter de 383 euros. Le tarif pour habitants de Plaine Commune a disparu. Seuls ne subsistent que deux tarifs, celui des Dionysiens (au quotient familial) et un tarifs appliqués aux extérieurs [[Le calcul sur le quotient familial a été porté à 17,5% à la rentrée avec un tarif plancher à 70 euros et 298 euros pour l’année 2025-2026 ; anciennement 60 euros et plafond à 255 euros pour les tarifs 2024-2025.].
Mylène inquiète se demande comment elle va pouvoir assumer cette dépense qui passe de 60 à 383 euros, sur quoi sera-t-il rogner pour pouvoir continuer cette activité ? Elle alerte amies, collègues qui lui conseillent de faire part de sa situation au Maire, au président de Plaine Commune, aux élus dont la délégation a un rapport avec sa situation.
Mylène s’adresse donc à Mathieu Hanotin, le maire-président, à l’adjoint au handicap Daniel Dalin, à l’adjoint à la Culture, Yannick Caillet, à l’adjointe à la santé, Katy Bontinck, à l’adjointe aux solidarités, Oriane Filhol, à la vice-présidente à la stratégie culturelle à Plaine Commune, Leyla Temel, leur expose sa situation et suggère en quelques lignes – tant pour elle que pour d’autres – l’instauration d’un tarif accessible aux habitants de Plaine Commune et un tarif en cohérence avec les politiques d’inclusion des porteurs de handicap :
« Je suis sous curatelle et perçoit l’indemnité Allocation Adulte Handicapé (AAH) depuis de nombreuses années, ce qui fait que mes revenus sont très faibles aux alentours de 950€.
Ne peut-il y avoir un tarif pour les résidents de Plaine Commune ou tout au moins un tarif concernant les personnes en situation de handicap, à faibles revenus, au titre des politiques d’inclusion et d’accès à la culture pour tous, sur la communauté d’agglomération ?
Je vous serais reconnaissante de bien vouloir envisager cette possibilité pour me permettre, ainsi qu’à d’autres à l’avenir, de poursuivre ce cycle d’apprentissage. Beaucoup de personnes handicapées sont en grande difficulté, ne disposant que de revenus modestes et sont trop souvent marginalisées du fait de leur handicap.
Une activité de ce type est aussi pour moi un atout qui contribue à mon bon équilibre, ma santé et mon bien-être. »
Le courriel a été adressé le 27 octobre aux élus. Il a fait l’objet d’une relance le 5 novembre dernier.
Ce 3 décembre 2025, il n’a suscité aucune réponse de leur part. Même pas la politesse d’un accusé de réception.
Aucun n’a daigné répondre à Mylène. Le seul courrier adressé à Mylène est un courrier de relance pour qu’elle s’acquitte de la facture.
Voilà pour la petite histoire. Nous sommes le 3 décembre, c’est la journée internationale des personnes en situation de handicap. Et rien sur le Facebook de la ville à ce sujet.
Des politiques inclusives, disent-ils !
