À quelques jours d’un meeting que LFI présente comme le premier de sa campagne pour les municipales, et à cinq mois de l’échéance, des discussions sont toujours en cours entre différentes forces politiques opposées à la majorité municipale actuelle. Sur quoi portent-elles ?
Les discussions entre La France Insoumise de Saint-Denis/Pierrefitte-sur-Seine, le Parti communiste de Saint-Denis/Pierrefitte-sur-Seine, la Seine-Saint-Denis au cœur et plusieurs élus d’opposition ont débuté il y a maintenant plus de neuf mois.
Elles reposent sur un constat partagé : la politique menée par l’actuelle majorité ne répond pas aux attentes des Dionysien·nes et des Pierrefittois·es. Ce constat a été rendu public lors d’une première réunion commune en avril 2024. Il en est ressorti la nécessité d’une rupture claire avec les choix politiques d’Hanotin, tout en refusant de revenir aux pratiques précédentes.
Depuis, un véritable travail de fond a été engagé. Des réunions ont permis de clarifier les points d’accord et de désaccord, et une « charte de la majorité » a été élaborée pour définir une méthode de résolution collective.
Dès janvier 2025, nous avions insisté sur l’importance de conclure un accord avant juin pour engager une campagne suffisamment tôt. Ce calendrier n’a pas été respecté, et nous le regrettons. Il a donc été décidé d’organiser des rencontres bilatérales pour avancer concrètement.
Ces échanges progressent désormais dans un climat constructif. Le lancement de notre campagne sur le terrain confirme la dynamique positive que nous ressentons. Nous l’avons construite sur des bases politiques solides, en partant des équilibres réels et non de projections ou de critères discutables, comme le nombre de signatures d’une pétition dont les modalités n’étaient pas clairement exposées.
Sur le plan démocratique, nous appelons à la rigueur : les membres du collectif On s’en mêle, où s’impliquent d’anciens élus, sont évidemment aussi légitimes que les jeunes qui rejoignent la campagne pour la première fois. Tous sont citoyens à part entière. Nous refusons l’idée qu’il puisse exister des citoyen·nes de seconde zone.
Nos actions de terrain, réunions publiques et initiatives ont permis d’échanger avec 1 500 à 2 000 habitant·es. Une très large majorité d’entre eux partagent notre volonté de rupture autour de quatre urgences majeures : démocratique, écologique, sociale et antiraciste.
Leurs voix comptent tout autant, même si leur manière de s’exprimer, de s’engager ou de participer prend des formes différentes. C’est aussi cela, la richesse de notre démarche collective.
Notre meeting du 16 octobre à la Maison du Peuple de Pierrefitte-sur-Seine s’inscrit dans ce contexte local et dans celui, plus large, de la politique nationale. Toutes celles et ceux qui souhaitent construire une alternative au couple Hanotin-Fourcade comme à la politique d’Emmanuel Macron y sont les bienvenus !
L’union de ces forces, dès le premier tour, est souhaitée et attendue par beaucoup. Quel est aujourd’hui “l’obstacle” à franchir pour y parvenir ?
Les obstacles à l’union sont en train de se lever un à un. Deux points principaux restaient à trancher : la tête de liste et les équilibres politiques.
Lors de notre pique-nique de rentrée, la Seine-Saint-Denis au cœur a soutenu une tête de liste issue de La France Insoumise. Les députés Éric Coquerel et Stéphane Peu partagent cette position. Le Parti communiste n’y est pas opposé non plus, à l’issue de nos derniers échanges. Tout converge donc vers une candidature portée par LFI, que nous sommes prêts à assumer avec Bally Bagayoko chef de file de la France Insoumise Saint Denis / Pierrefitte-Sur-Seine.
Sur les équilibres politiques, les discussions bilatérales récentes montrent qu’un accord est possible. Nous avons toujours défendu une représentation fidèle des dynamiques politiques réelles, fondées sur les résultats électoraux et l’implication concrète sur le terrain : porte-à-porte, présence sur les marchés, réunions publiques, tractages devant les écoles… Nos militants sont mobilisés depuis des mois, et nous sommes rejoints chaque jour par de nombreux habitants. L’opération marché XXL de dimanche dernier en est une belle illustration avec pas loin de 70 insoumis.e.s , sympathisants, soutiens mobilisés et déployés sur toute la ville de Saint-Denis.
Plus de 400 personnes ont signé l’appel du collectif « On s’en mêle ». Deux réunions publiques ont permis de faire émerger de nombreuses propositions en faveur d’une démocratie locale renouvelée. Ce collectif revendique “l’unité et le pluralisme”, et souhaite être représenté dans la liste. Pourquoi rejeter la proposition d’une répartition en trois tiers (LFI / PCF / SSDAC + citoyens) ?
Nous partageons les deux exigences exprimées dans cet appel : l’unité et le pluralisme. C’est dans cet esprit que nous avons toujours travaillé à une union autour d’un programme de rupture, à l’image de ce que nous avons fait au niveau national avec la NUPES puis le Nouveau Front Populaire.
Nous ne rejetons pas la présence d’un tiers de citoyens non-encartés. Au contraire, nous y sommes favorables, mais sous une forme différente. Nous avons proposé que chacun des blocs (LFI, PCF, SSDAC ou autres partenaires) intègre, en son sein, un tiers de personnes non membres de partis politiques. Si cette proposition est acceptée par tous, nous aurons bien, à l’échelle de la liste, une représentation importante d’habitants non-encartés.
Dans le bloc que nous porterons, ce tiers citoyen sera respecté. Il sera composé de personnes issues de tous les quartiers, de tous horizons, reflétant la diversité et la jeunesse de notre ville. Ce n’est pas une question de répartition mécanique ou de postes, mais de construire une équipe représentative, engagée, et résolument tournée vers l’avenir.
En conclusion, La France Insoumise continuera sans relâche à agir pour l’union — mais une union dans la clarté, construite autour d’un programme de rupture et d’un projet de transformation profond. Une union qui fait toute sa place à de nouveaux visages et à des compétences ancrées dans la réalité sociale de nos villes, à l’image de leur diversité.
Notre objectif est clair : gagner, et mettre en place une gouvernance rigoureuse, partagée, fidèle à nos engagements.
Nous ne nous sentons aucunement concernés par les attaques ou caricatures visant à nous faire dévier de cet objectif. Nous réfutons totalement les accusations d’hégémonie ou les rumeurs selon lesquelles nous voudrions partir seuls. Bien au contraire, nous n’avons cessé de le dire : il y a urgence à agir, collectivement.
C’est la raison pour laquelle nous avançons sur deux jambes : l’une, sur le terrain, inlassablement ; l’autre, dans le dialogue avec les habitant·es, les collectifs, les formations politiques qui le souhaitent, les syndicats, et toutes les forces engagées pour tourner la page du mandat actuel.
L’heure est à la construction, pas à la division. L’heure est avancer et non de perdre encore davantage de temps. La France Insoumise Saint-Denis/Pierrefitte-Sur-Seine est déterminée à y contribuer pleinement.
Meeting « Retrouver l’espoir »
Le jeudi 16 octobre 2025
Avec Clémence Guetté, Députée du Val de Marne
Et Eric Coquerel, Député de la seine Saint Denis
A la Maison du Peuple, 12 Boulevard Pasteur, 93380 Pierrefitte
A 19h30 / Gratuit
