Le maire, Mathieu Hanotin, interpellé suite à des violences commises par la police municipale dans la nuit du 6 mai à la Plaine

, par La Rédac’

Le Collectif Stop Violences Policières à Saint-Denis interpelle le maire, Mathieu Hanotin suite à une intervention de la police municipale dans une résidence de la Plaine dans la nuit du mardi 6 mai. Une fois de plus le comportement injustifiable d’agents de la police municipale est constaté. Des captures video attestent de la brutalité de l’intervention, une personne est violemment poussée sur une voie de circulation, une autre frappée au visage, autant d’éléments contraires à la déontologie policière. Le Collectif Combat pour l’hébergement dénonce de son côté l’illégalité de l’expulsion, le 7 mai, par la police municipale du campement des familles à la Maltournée.

Voir les témoignage en date du 7 mai de Salim Dabo sur sa page Facebook.

Monsieur le Maire,

Nous vous écrivons pour vous faire part de faits d’une extrême gravité
survenus dans la nuit du mardi 6 mai 2025, à la résidence La Sablière,
située au 89 rue du Landy à Saint-Denis. Plusieurs équipages de la
police municipale y sont intervenus aux alentours de minuit, procédant à
des contrôles d’identité sous les fenêtres des habitant·e·s.

Des résident·e·s, réveillé·e·s par cette opération, ont pu filmer la
scène. Les vidéos que nous vous joignons font apparaître des agissements
inacceptables de la part des agents municipaux : on y voit un jeune
homme violemment saisi par le t-shirt, un autre frappé, un autre poussé
et plusieurs agents tentant d’empêcher l’enregistrement de la scène à
l’aide de lampes torches, ce qui constitue une entrave manifeste à la
liberté d’informer et une violation de la jurisprudence constante en la
matière. Sur les vidéos, on constate également que les caméras-piétons
dont sont équipés les policiers sont activées ou éteintes à leur
convenance.

Ces faits soulèvent de graves questions, auxquelles nous vous demandons
de répondre publiquement :

 Quelle est votre position face à ces comportements contraires à la
déontologie policière ?

 Quelles mesures immédiates comptez-vous prendre pour faire la lumière
sur cette intervention ?

 Une enquête administrative ou judiciaire va-t-elle être ouverte ?

 Les agents mis en cause feront-ils l’objet de sanctions, et selon
quelles modalités seront-elles rendues publiques ?

Par ailleurs, nous tenons à souligner l’absence à Saint-Denis d’un
mécanisme indépendant de contrôle de la police municipale. Contrairement
à d’autres villes comme Paris, notre commune ne dispose ni d’un comité
éthique, ni d’un dispositif transparent de traitement des signalements
citoyens concernant des abus policiers. Ce vide institutionnel empêche
les habitant·e·s de faire valoir leurs droits et favorise un sentiment
d’impunité.

De plus, les agents municipaux n’étant pas identifiables par un numéro
RIO (comme c’est le cas dans d’autres forces de sécurité), comment les
citoyen·ne·s peuvent-ils signaler précisément les comportements fautifs
 ? Nous demandons que cette mesure de traçabilité élémentaire soit
rapidement mise en œuvre à Saint-Denis.

Enfin, nous attirons votre attention sur le caractère systématique de
ces interventions :
plusieurs contrôles similaires ont lieu chaque
semaine au sein de cette résidence. Le soir même, un agent aurait menacé
les jeunes en déclarant « nous reviendrons vendredi, soyez prêts ».
Cette phrase, lourde de sous-entendus, exige une clarification immédiate
de votre part : qu’est-il prévu pour le vendredi en question ? Comment
entendez-vous encadrer et responsabiliser les agents municipaux dans
leurs interventions ?

Nous exigeons une réponse rapide, ferme et transparente à l’égard de
cette situation, ainsi que la mise en place de garanties concrètes pour
prévenir de nouveaux abus. Le respect des droits fondamentaux et de la
dignité des habitant·e·s ne saurait être négociable.

Dans l’attente de votre retour, nous vous prions de recevoir, Monsieur
le Maire, l’expression de notre considération distinguée.

— 
Collectif Stop Violences Policières à Saint-Denis

L’instant qui précède le coup porté au visage. La personne n’est pas menaçante et ne constitue pas une menace, 5 policiers municipaux sont présents.
Un membre de la police municipale (Groupe de Soutien et d’Intervention-GSI) lors de l’intervention.