Le nombre ? 700. Le lieu ? La Bourse du travail. L’ambiance ? Chaude ! « Moi aussi je t’aime ! »

, par Michel Ribay

Le nombre d’abord parce qu’il y avait foule. La salle Marcel Paul bien remplie, pleine à craquer, blindée. Les 400 places assises (c’est la jauge), la travée qui surplombe les rangées de fauteuil comme l’arrière salle, occupés, certains avaient trouvé place sur les marches, faute de pouvoir disposer d’un siège. Ambiance.

700 personnes ont répondu à l’appel du premier meeting unitaire après l’accord conclu entre LFI ; le PCF et la SSDAC. Beaucoup à l’extérieur de la salle discutaient quand d’autres là encore nombreux s’accordaient une pause cigarettes ou un bol d’air frais hors d’une salle surchauffée. La salle, la Bourse du travail qui avait commencé à se remplir dès 19h s’est lentement vidée 3 heures plus tard.

Un premier meeting unitaire qui se devait de donner place à l’expression de toutes ses composantes. Une figure imposée. Impossible de faire l’impasse sur la création de la commune nouvelle, les conditions antidémocratiques dans lesquelles elle a été créée. Trois Pierrefittois y sont revenus Farid Aïd pour le PCF, Yoan Sales Salada pour LFI, Mohamed Diaouné pour la Seine-Saint-Denis au Coeur.

Coté Saint-Denis, c’est Diangou Traoré pour LFI, Bakary Soukouna pour la SSDAC qui sont intervenus, Sofia Boutrih concluant cette séquence avant l’intervention de Bally Bagayoko, tête de liste de cette union en clôture du meeting.

Mais n’allons pas trop vite. Les députés Eric Coquerel et Stéphane Peu étaient là. Ils ont ouvert le meeting, ce dernier saluant l’indispensable union et dénonçant la stratégie de ceux qui ici, à Saint-Denis, tentent de diaboliser LFI. Une stratégie qu’ils connaissent bien tous deux à l’Assemblée, orchestrée sans cesse par ceux là même qui font montre d’une grande complaisance à l’égard de l’extrême-droite.

Si de son côté Eric Coquerel a rappelé l’importance de gagner aussi à Plaine Commune, il a dénoncé le racisme de plus en plus décomplexé auquel les candidats et candidates racisé.es font face, Stéphane Peu a pour sa part souligné avec force la nécessité de rassembler, de fédérer autour d’un programme qui donne la part belle à l’enfance, la jeunesse, ou l’accès aux professionnels de santé.
Un programme, qui, comme l’ont exprimé beaucoup de personnes lors des échanges qui se sont poursuivis une fois le meeting clos, reste à renforcer, à étoffer.

La jeunesse est montée sur scène. En force. Lycéennes et lycéens de Rosa Parks, usagers des espaces jeunesse dont ils ont dénoncé la disparition. Lieux pour eux de sociabilité, de rencontre, de création.

Avant la dernière intervention, celle de Bally Bagayoko, salué par tous comme tête de liste de l’union, c’est un parlementaire issu des quartiers nord qui est monté à la tribune, pas ceux de Saint-Denis mais de Marseille, Sébastien Delogu.

Marseille. Pour les Dionysiens qui connaissent cette ville, on ne peut s’empêcher d’y retrouver un air dionysien., Marseille c’est un peu Saint-Denis sans la mer, sans la Bonne mère, sans l’accent. On y ressent pourtant la même vitalité, le mélange des cultures, le cosmopolitisme, la solidarité d’une terre d’immigrés. La rue de la Rep un samedi après-midi, l’été, c’est la même foule. Celle de la Cannebière, de Saint-Ferréol, de la porte d’Aix ou de la Belle de Mai.

Ce qui a marqué ce meeting ? La ferveur, la chaleur populaire qui s’en dégageait avec des apostrophes lancées en direction de la tribune, comme on apostrophe un ami, un pote, un frérot. Une tribune en phase avec la salle. A l’image de celles et ceux à qui elle s’adresse et qui conduit Sofia Boutrih à s’exclamer « Moi aussi je t’aime » en réponse à l’apostrophe lancée de la salle « Sofia, je t’aime ».

Un meeting ponctué de moments aussi complices qu’imprévus. Les rires, les cris, la joie aussi d’être ensemble. Une salle qui scande « La police avec nous » quand Bally Bagayoko annonce que la municipale a verbalisé ce soir de nombreux véhicules garés dans le secteur de la Bourse du travail.

Un meeting, au sens premier du terme : une rencontre. Populaire. Joyeuse. Combative.

700 personnes, toutes animées d’un même objectif : tourner la page des années Hanotin. Recréer des liens, de la solidarité, de la bienveillance. Restaurer des services publics affaiblis, malmenés. Prendre soin de la jeunesse, des agents publics, de tous.

Substituer au mépris, le respect. A la brutalité, la démocratie. A la résignation, l’espoir.
C’est de cela dont il était question ce mercredi 16 décembre au soir à la Bourse du travail de Saint-Denis.

C’est bien de cela, au fond, qu’il sera question les 15 et 22 mars 2026.