Nous, habitants, commerçants, salariés et usagers du quartier de la gare de Saint-Denis, souhaitons répondre à la lettre ouverte publiée le 9 octobre sur le Blog de Saint-Denis.
Nous partageons plusieurs de ses exigences : l’accès aux soins, l’accompagnement des personnes en difficulté, des toilettes publiques et une mobilisation coordonnée des institutions. La précarité et les addictions appellent des réponses humaines et durables.
Mais nous voulons rappeler un constat essentiel : depuis avril 2026, nous observons une nette dégradation de nos conditions de vie et de travail dans le quartier. Les difficultés existaient auparavant. Cependant, leur aggravation au cours des derniers mois et l’accumulation des nuisances nourrissent aujourd’hui un profond sentiment d’abandon.
Ce constat repose sur notre expérience quotidienne : développement des ventes à la sauvette, occupation croissante des trottoirs, nuisances sonores, déchets et problèmes de salubrité. Nous demandons que cette évolution soit reconnue, documentée et prise en charge.
Dans ce contexte, nous contestons une présentation du débat qui associe les inquiétudes du quartier à un « agenda réactionnaire et sécuritaire » et oppose les réalités sociales à ce que des « polémistes » chercheraient à faire voir.
Les habitants qui alertent sur la dégradation de leur quartier ne sont pas des polémistes. Les commerçants qui demandent à travailler dans des conditions normales ne portent pas, de ce seul fait, un discours réactionnaire. Demander de pouvoir dormir, circuler librement ou rentrer chez soi sans crainte est légitime.
Les habitants et les commerçants vivent les difficultés du quartier. Ils peuvent eux aussi connaître la précarité, l’épuisement et le sentiment d’abandon. Leur parole doit être accueillie avec autant de considération que celle des autres personnes concernées.
Nous demandons explicitement davantage de présence et d’interventions de la police municipale et de la police nationale dans le quartier de la gare. Cette présence doit être régulière, visible et durable, y compris le soir et aux horaires où les nuisances sont les plus importantes. Elle doit permettre de prévenir les intimidations, de faire cesser les infractions, de garantir la libre circulation et de répondre aux signalements des habitants et des commerçants.
Des opérations ponctuelles ne suffisent pas : nous avons besoin d’une action suivie, coordonnée et évaluée sur ses résultats dans la durée, dans le respect des droits de chacun.
Nous ne prétendons pas que la police puisse résoudre à elle seule la pauvreté ou les addictions. Mais attendre des réponses sociales durables ne peut signifier accepter, dans l’intervalle, une dégradation continue du quotidien.
L’accompagnement social, la prévention, les soins, la propreté et la présence policière doivent avancer ensemble. Les personnes en difficulté ont besoin de soutien. Les riverains ont besoin de protection et de tranquillité. Les pouvoirs publics doivent répondre à ces exigences simultanément.
La proposition de réguler certaines activités informelles mérite également d’être précisée. Quelles activités seraient concernées ? Dans quels espaces ? Avec quelles garanties d’hygiène, de sécurité, de libre circulation et de respect des commerces qui remplissent leurs obligations ?
Nous demandons aux institutions concernées de prendre publiquement en compte la dégradation constatée depuis avril 2026 et de présenter des engagements concrets : un renforcement de la présence policière, des mesures immédiates de propreté et de tranquillité publique, un accompagnement social et sanitaire renforcé, un calendrier public et un suivi régulier associant réellement les habitants et les commerçants.
Cette démarche est ouverte à toutes celles et tous ceux qui souhaitent un quartier accueillant, solidaire, propre et apaisé, quelles que soient leurs opinions politiques.
Notre quartier doit prendre soin des personnes en difficulté et de celles et ceux qui y vivent et y travaillent. Nous demandons que personne ne soit oublié.
Premiers signataires :
Collectif Confluence apaisée
Collectif des Amis et voisins de la gare
Association Saint-Denis Confluence
Amicale des locataires de la rue Charles Michels
Association Les Quartiers du canal.
Pour signer cet appel, écrivez un mail à : habitants.gare.saintdenis@proton.me