"Les JO… ou un plan d’urgence pour l’Education dans le 93 ? "Compte-rendu de la réunion parents d’élèves-personnels qui s’est tenue à la Bourse du travail jeudi 14 mars.

, par La Rédac’

La mobilisation du 14 mars a été particulièrement forte avec plus de 4500 manifestants à Bobigny convergeant de tout le département. Après la rencontre infructueuse avec la rectrice et le Dasen, l’intersyndicale va rencontrer la ministre de l’Education ce vendredi 15 mars en début d’après-midi. Prochain rendez-vous la manifestation du samedi 16 mars, départ 14 h devant la mairie de Saint-Denis.

manLa rencontre parents d’élèves et personnels qui s’est tenue à la Bourse du travail a permis aux participants de faire le point sur la mobilisation et d’échanger sur de nombreux sujets. Les enseignants y ont fait mention d’une très grosse pression et menaces envers les enseignants qui réalisent des vidéos sur la mobilisation (des enseignants de Sevran ont été convoqués par la hiérarchie suite à une vidéo sur Tiktok). Pour répondre au mouvement et à la question des remplacements le rectorat, preuve de sa fébrilité, prend des mesures qui consistent à habiller Pierre en déshabillant Paul, ainsi, des enseignants (les BDREP+, enseignants remplaçant ceux qui vont en formation REP+) sont affectés sur des absences de longue durée, entraînant la suspension des formations REP+.

Si dans les collèges et les lycées cette journée a connu une baisse de la mobilisation cela s’explique par la volonté de faire de la journée du 19 un moment particulièrement fort. Dans l’ensemble la mobilisation reste à un haut niveau, c’est une mobilisation historique, du jamais-vu. Les équipes restent très déterminées. 35 grévistes à Eluard, 40 % des enseignants à Fabien…

Du côté des parents, à Saint-Denis, la mobilisation des parents s’avère plus difficile, néanmoins 4 réunions d’information de quartier ou d’école ont eu lieu la semaine dernière.
Une journée d’action des parents a lieu ce vendredi avec 3 collèges déserts (Fabien, Barbusse et Lurçat) et une école (Sorano), mais beaucoup d’autres écoles s’inscrivent dans la mobilisation avec d’autres actions : affichages de banderoles et de pancartes, rassemblements devant les écoles à l’ouverture (Balzac, Hugo, Guesde, Sémard, Stade…), réunion avec les parents (Langevin…). On note une forte implication de plusieurs conseils locaux de la FCPE, relayés par la FCPE Saint-Denis.

Lors de la rencontre à laquelle a assisté, pour partie, le député de la première circonscription de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel, sa suppléante Manon Monmirel et son collaborateur parlementaire Landry Ngang (Stéphane Peu, député de la deuxième circonscription était de son côté présent à la manifestation à Bobigny), celui-ci a relevé le fait que l’Etat a dégagé 400 millions d’euros en soutien à la ville de Marseille auxquels se rajoutent 600 millions d’emprunt et que dans le 93, suite au rapport Cornut-Gentille de 2018 qui a pointé la dégradation avancée des services publics dans le département, l’État a mis seulement 20 millions dans un plan de rattrapage pour le 93. Cette différence de montant étant le fait du prince, (décision prise suite à la visite d’Emmanuel Macron à Marseille), est injustifiable au regard de la situation du 93 qui n’a rien à envier à celle de Marseille.

Cette inégalité flagrante de traitement peut servir de levier dans la mobilisation même si les enseignants ont souligné que l’Etat sur ce sujet y avance des contreparties inacceptables (autonomie des établissements, recrutement des enseignants sur profils par la direction…).

Plusieurs enseignants et parents ont souligné la singularité de la période : une mobilisation quelques mois avant l’ouverture des JO sur le territoire, beaucoup avançant l’idée que le moment était favorable pour peser autour de l’idée que « Si il n’y a rien pour l’école, il n’y aura pas de JO ».

De très nombreux sujets ont été abordés au cours de la rencontre. L’absence d’accompagnement à la hauteur des besoins pour les enfants en situation d’handicaps, le transfert sur les établissements des responsabilités qui incombent à la Maison Départementale pour les Personnes Handicapées (MDPH), le manque d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) ; les impacts négatifs d’un strict recentrage sur le français et les mathématiques qui va amputer les enseignements d’autres disciplines dont les élèves ont aussi besoin ; la situation des Rased ou à titre d’exemple il faut attendre jusqu’à deux, voire trois ans pour une consultation en orthophonie, sans psychologue et maintenant dans une ville sans médecin scolaire…

Autant de sujets de mobilisation conjointe des parents et des personnels de l’Education qui se sont donnés rendez-vous dans les établissements ce vendredi 15 mars et pour la manifestation dionysienne dont le départ aura lieu le samedi 16 mars à 14h devant la mairie, place Victor Hugo.

Tout un symbole, pour celles et ceux qui revendiquent pour l’école, un simple principe, celui de l’égalité républicaine.

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