Si l’assistance était un peu moins nombreuse lors de la deuxième réunion publique qui s’est tenue à l’école Brise Echalas, à l’appel du collectif « On s’en mêle », mardi 7 au soir, les 70 personnes réparties en trois ateliers ont été particulièrement productives sur le sujet de la démocratie locale.
Les propositions issues des trois ateliers viennent compléter celles qui avaient été avancées lors de la réunion du 26 juin dernier à La Plaine et dont on peut prendre connaissance avec le fichier joint en fin d’article.
Si les propositions avancées lors de la réunion à l’école Brise Echalas ont précisé, approfondi les premières pistes et ont enrichi la démarche initiale, force est de constater que le contexte évoqué en préambule du compte-rendu de la réunion du 26 juin n’a malheureusement pas évolué. Une situation qui n’a pas manquée d’être au centre des débats, de ponctuer les différentes interventions au moment de la restitution des trois ateliers.
Rappelons le : « Au moment où « On s’en mêle » organise sa première rencontre publique la situation à propos des municipales est la suivante : une démarche unitaire regroupe LFI, le PCF, Seine-Saint- Denis au cœur, le collectif « Rassemblés pour changer Pierrefitte ». Le NPA et les habitants ne sont pas conviés à ces négociations. Si les grandes lignes du programme semblent avoir l’aval de tous, rien n’est tranché sur le nombre de candidats pour chaque groupe politique et pour celui des non encartés. »
Contrairement à « des bruits circulant ces derniers temps », et répondant à une question lancée à l’ensemble des participants, Sofia Boutrih, cheffe de file du PCF a confirmé qu’à ce stade, vu les derniers échanges, « il n’y avait pas d’accord ».
Pour sa part, si la question de la tête de liste était réglée (LFI s’est opposée à tout processus s’apparentant à une primaire sur le sujet NDLR) – et ne constituait pas un obstacle, – démontrant par là-même que le sujet des égos n’en était pas un – ; en revanche « elle n’entendait pas renoncer au pluralisme dans la constitution de la liste » et qu’il n’était pas question « de reproduire ce qu’on reprochait à Mathieu Hanotin », le pluralisme étant un gage de « débat et de fonctionnement démocratique d’une future majorité ».
Romain Potel, de son côté, a rappelé que le refus d’une liste dans laquelle une seule composante détiendrait la majorité absolue était au cœur de la position du collectif « Rassemblés pour changer Pierrefitte », qu’il fallait refuser « toute hégémonie », et que cela était valable pour « eux-mêmes », la tentation hégémonique étant « une tendance naturelle » à contrecarrer.
C’est en cohérence avec ce constat que « Rassemblés pour changer Pierrefitte » a proposé il y a plusieurs mois, la constitution d’une liste par 3 tiers comme suit : 1/3 LFI, 1/3 PCF, 1/3 citoyen.ne.
« Un tiers citoyen », sorte de « tiers-état », n’appartenant ni à LFI, ni au PCF, – mais pour certains à la Seine-Saint-Denis Au Cœur qui se définit comme « un mouvement citoyen qui place les habitantes et les habitants de notre territoire au centre des préoccupations et des débats politiques » –, dont LFI interroge la légitimité.
« Qui sont-ils ? » interroge LFI . Tentons la réponse la plus simple, la plus naturelle, la plus conforme à ce qui est en jeu. Ce tiers citoyen est la manifestation, l’incarnation locale de ce que LFI met à juste titre au cœur de sa démarche : « la révolution citoyenne ».
La pluralité de la liste constitue – et ce n’est pas rien ! – un gage de victoire pour toutes ses composantes en mars 2026. Et en premier lieu pour les habitants de Pierrefitte et Saint-Denis, contraints à un mariage forcé – ce qu’a rappelé Farid Aïd dans un des ateliers, évoquant au passage les difficultés, même en cas de divorce consenti, d’une défusion.
La pluralité de la liste constitue aussi l’assurance d’un indispensable débat politique démocratique dans la constructions des politiques publiques, adossée à un programme, non seulement au sein d’une future majorité mais mené en permanence avec les habitants, qui doivent être associés à toutes les décisions qui engagent leur quotidien, leur avenir, tant les contraintes de la période, les attaques multiples contre « la libre administration des communes » sont à craindre.
L’aspiration à l’unité, au rassemblement a été rappelé avec force par un intervenant, François Krumnow, du NPA, tel un combat à mener, sans relâche et s’il le faut « jusqu’au dépôt des listes », comme d’autres combats, avec volontarisme et malgré une période bien sombre, y construire de la convivialité, du joyeux.
Une manière de rappeler l’appel du Collectif « On s’en mêle » d’avril 2025 : « … nous voulons créer une dynamique de rassemblement, collective et joyeuse, donner envie de s’engager sur des sujets qui nous concernent toutes et tous. Nous pouvons puiser dans nos outils, ceux de l’éducation populaire (les carnavals, les fanfares, les débats en place publique, les fêtes, les repas partagés …), et dans la force de notre imaginaire collectif.
C’est pourquoi, nous, habitantes et habitants de Saint-Denis et Pierrefitte, en appelons à tout.e.s les citoyen.nes, militant.e.s de collectifs, syndicats, associations et partis politiques de gauche afin de construire ensemble un territoire qui nous ressemble et nous rassemble. ».
Deux dates sont appelées à incarner cette aspiration, cette volonté, et marquer des étapes pour une victoire en mars 2026 : le 11 octobre avec le Carnaval des luttes à Saint-Denis et le 16 octobre avec le meeting de LFI à Pierrefitte.
PS : Toute contribution peut être déposée sur le site du Collectif « On s’en mêle » : on-sen-mele-93.fr
Contact : onsenmele2026@gmail.com



