Municipales 2026. Pour la droite et le centre qui affichent leur unité, c’est parti. « La méthode de Mathieu Hanotin, marquée par une certaine brutalité dans l’imposition de ses politiques, est particulièrement préoccupante ».

, par La Rédac’

Près de cinq ans de mandat sous la conduite de Mathieu Hanotin élu en juin 2020 sont en train de s’achever. Le premier tour des élections municipales s’est déroulé en mars 2020, celui à venir se déroulera-t-il en mars 2026 ou en juin 2026 – date du second tour – pour respecter strictement un mandat de six ans ? Nous ne le savons pas mais la campagne municipale semble bien s’accélérer. Le Blog de Saint-Denis débute une série d’articles qui prendront des formes diverses pour informer tous ceux qui seront appelés aux urnes l’année prochaine, les Dionysiens et les Pierrefittois étant réunis dans le même corps électoral. Nous commençons avec la droite et le centre qui n’avaient plus d’élus se réclamant de cette famille politique depuis l’élection municipale de 2014 avant leur retour au sein du conseil municipal de la commune nouvelle au 1er janvier 2025.

Vous avez distribué un tract, samedi 15 février à la Plaine et ce dimanche 2 mars en centre-ville, dans lequel vous vous présentez comme un Collectif de citoyens dionysiens. Mais si vous êtes bien des citoyens dionysiens, plusieurs d’entre vous, signataires du document, sont des responsables politiques de la droite, du centre, LR, Horizons ou macronistes. C’est donc bien le départ en campagne de la droite et du centre pour les municipales, non ?
Agissons pour Saint-Denis : Ces premiers événements marquent effectivement le début de notre campagne en vue des élections municipales de 2026. Notre liste se veut citoyenne et transpartisane. Certains d’entre nous sont adhérents à divers partis politiques, mais cela ne concerne pas tous les membres de notre équipe. Notre force réside dans notre diversité de parcours et d’opinions alliée à notre unité autour d’une volonté commune pour insuffler un changement à Saint-Denis. L’urgence de la situation nous pousse à nous rassembler pour proposer une méthode nouvelle.

Quel bilan tirez-vous de la mandature de Mathieu Hanotin qui s’achèvera dans un an ? Des réussites ? Des échecs ?
Si certaines améliorations sont notables, comme le dédoublement des classes dans les écoles primaires ou l’installation de caméras de vidéoprotection, elles sont principalement dues au soutien de l’État et aux financements régionaux. Malgré cela, Saint-Denis reste une ville sale, dangereuse et mal gérée. La méthode de Mathieu Hanotin, marquée par une certaine brutalité dans l’imposition de ses politiques, est particulièrement préoccupante. La gestion des bus en centre-ville et la fusion avec Pierrefitte en sont des exemples frappants.

Qu’est-ce qui vous différencie de Mathieu Hanotin et de la politique menée ? Votre plus grand désaccord ? Sur quels sujets ?
Nos différences avec Mathieu Hanotin sont nombreuses et profondes. Nous devons repenser la gestion de la ville sur plusieurs fronts : politique de logement et urbanisme , approche de la petite enfance et gestion des crèches, entretien des écoles primaires, lien avec la population, approche de la sécurité, et efforts pour rendre la ville attractive aux acteurs économiques. Sans parler de la propreté de la ville, qui est déplorable.
Par ailleurs, nous nous distinguons fortement de M. Hanotin et de sa majorité municipale en ce qui concerne notre approche de la politique et notre conception de la démocratie locale : jamais nous n’aurions déclenché une fusion de deux villes sans en avoir obtenu un mandat clair de la population, soit au travers d’un référendum local soit en l’inscrivant comme point programmatique dans le cadre d’une campagne pour les élections municipales.

La fusion avec Pierrefitte ? Est-ce pour vous de l’histoire ancienne maintenant ? Allez-vous la rediscuter, la remettre en cause ?
Faire la fusion avec une telle méthode était une erreur, mais il est mensonger de faire croire à la population que la loi permettrait de défaire une fusion : de telles dispositions législatives n’ont pas été prévues par le législateur et n’existent donc pas. La question ne se pose ainsi pas, cette fusion est légalement irréversible. Nous travaillerons par conséquent à la réunion harmonieuse de tous les habitants de la commune nouvelle.

Quelle vision de la ville portez-vous ? Comment voyez-vous son évolution, que proposez-vous comme projet structurant à 10, 20 ans ? Quel est votre « projet de territoire » pour Plaine Commune ?
Nous portons une vision ambitieuse et réaliste pour Saint-Denis, une ville en pleine transformation qui fait cependant face à de nombreux défis. Avec presque 150 000 habitants et une position centrale en Île-de-France, renforcée par l’arrivée des lignes du Grand Paris Express, Saint-Denis a le potentiel de redevenir un territoire économique et culturel majeur et moteur. Notre projet vise à enclencher un cercle vertueux en mettant en œuvre des actions concrètes pour améliorer la qualité de vie des habitants, stimuler l’économie locale et, renforcer le sentiment d’appartenance à la ville en évitant les départs de familles inquiètes de vivre dans un environnement néfaste pour leurs enfants.
Le cœur de notre projet visera à donner l’envie de Saint-Denis !
Cela passera par de nombreux changements, menés de manière cohérente. Renforcer l’attractivité économique ne se décrète pas, le rôle de la puissance publique communale est toutefois essentiel au travers de ses pouvoirs étendus en matière d’urbanisme, de maîtrise foncière et de logement.
Pour stimuler l’économie locale de manière pérenne, il faut à la fois investir dans les services publics et leur qualité mais aussi comprendre que la clé de toute réalisation de long terme par des investisseurs privés (professions libérales, commerçants, entreprises, personnes physiques propriétaires) est la rentabilité.
Ainsi, toute diversification commerciale requiert plusieurs évolutions dont certaines passent notamment par une politique de logement différente encourageant une mixité sociale répartie de manière plus homogène sur tout le territoire communal à même de permettre une augmentation de la base fiscale de la commune pour des services publics de meilleure qualité sans augmentation des taux d’imposition.
Nous revendiquons de vouloir une ville prospère et riche où il fait bon vivre. Une ville en mesure de financer des politiques de solidarité et de cadre de vie dignes, au service des habitants du territoire, de leur épanouissement, de leur émancipation économique et sociale. Avec notamment une politique d’investissement accrue dans les écoles, les crèches et les centres de santé.
De nombreuses autres actions sont à mener concomitamment dans de nombreux domaines.

La droite et le centre étaient partis divisés pour les municipales en 2020. À un an du premier tour, qu’envisagez-vous pour la prochaine échéance de 2026 ? Quels atouts pour que votre déclaration de rassemblement aille jusqu’au bout ?
Nous avons tiré les leçons de l’échec de 2020. Pour être crédibles, nous devons être unis et déterminés. Nous discutons et avançons ensemble depuis plusieurs mois. Notre diversité est notre force.

Le candidat investi par les macronistes, Alexandre Aïdara, avait frôlé les 10 % en mars 2020, ratant de peu la possibilité de se maintenir au second tour. Depuis, l’aura du président Macron a largement été démonétisée, et la droite est éclatée entre différentes chapelles. Pensez-vous, dans ces conditions, franchir la barre ? Ou même faire beaucoup mieux ?
Sans équivoque, oui. Preuve en est avec les résultats de la récente élection municipale à Villeneuve-Saint-Georges.
Il s’agit d’une élection municipale, loin des prérogatives du Président de la République. Les Dionysiens et Dionysiennes se concentreront sur les enjeux locaux. Et en cela, nos axes programmatiques sont clairement et solidement établis. Nos propositions viseront nécessairement : l’émancipation économique et sociale, la sécurité partout et pour toutes et tous, l’accès au beau et à un cadre de vie agréable, le renforcement de nos écoles, la dignité des logements privés et sociaux, l’intransigeance sur la propreté, le respect des lois, des libertés individuelles fondamentales et des valeurs républicaines.

Il n’y avait plus d’élus se réclamant de la droite au conseil municipal de Saint-Denis depuis 2014. La fusion a permis leur retour avec des élus issus de Pierrefitte. Quels sont vos contacts avec eux ? Pascal Kouppé de K Martin n’est pas signataire de votre appel. Houari Guermat non plus. Est-ce le signe de désaccords, d’un attentisme de leur part ? Le centre et la droite sont-ils unis comme vous le proclamez ou bien déjà divisés en fait ?
Dans ce nouveau groupe d’opposition de droite et du centre, on compte par exemple une ancienne suppléante, lors des législatives, d’un membre de notre association.
Nous avons pris contact et maintenons les échanges. Notre démarche est comprise et soutenue aussi par plusieurs élus de l’opposition. 
Construire est toujours plus complexe que détruire, la démocratie requiert du temps. 
Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues ; notre porte est ouverte et notre main tendue.

À l’heure actuelle, est-ce qu’il se dessine une tête de liste parmi vous ? Un ticket paritaire pour incarner ce rassemblement ? Où en êtes-vous ? Des discussions sont-elles déjà initiées ?
La question de la tête de liste viendra en son temps. Aujourd’hui, l’heure est au rassemblement.