A l’issue des JOP, la ville, le territoire, le département bénéficiera de nouvelles infrastructures sportives. Qu’elles aient été rénovées, remises à niveau ou construites pour l’occasion elles doivent permettre un plus grand accès, et pour le grand plus nombre, à des activités sportives tout au long de l’année. C’est un des effets JO attendu, promis, célébré. Ce n’est que justice pour un département carencé en matière d’équipements. Parmi les infrastructures qui ont bénéficié de l’événement le stade Auguste Delaune. Il en avait bien besoin. Pour autant, la succession d’événement imprévisible (le covid), les travaux indispensables qui s’y sont déroulés, puis les JO eux-mêmes ont fortement impacté son utilisation pour les clubs dionysiens.
Ceux-ci espéraient qu’à l’issue de ces séquences, un retour à « la normale », dans de bien meilleures conditions d’utilisation de l’infrastructure, leur seraient autorisés, dans le cadre de leurs créneaux habituels. Patatras pour le club de basket-ball affilié au SDUS. La douche froide qui leur a été réservée par la municipalité, et dont témoignent les échanges de courriels durant tout l’été, a suscité incompréhension et colère. Disposant de 37H, leur quota d’utilisation au stade est ramené à 7H30.
Le club avait pourtant eu l’assurance dans des échanges antérieurs qu’a minima ce serait 60% des créneaux qui seraient restitués soit quelque 22 H. On en est donc très loin.
Cette situation est d’autant plus incompréhensible qu’on ne voie pas bien ce qui pourrait justifier l’attribution de ces créneaux perdus par la section basket-ball du SDUS au profit d’une section gymnastique de l’Avant-Garde. Mettre quasiment à poil Pierre pour habiller Paul… on perçoit mal le sens de cette politique sportive.
Jouer la compétition entre structures plutôt que la coopération n’est pas très sain. La ville, la politique sportive n’est pas un terrain de jeu où la municipalité s’attribuerait le rôle d’un arbitre, de surcroit partial, attisant les uns contre les autres et favorisant ainsi un clientélisme qu’elle ne manque jamais de dénoncer.
D’autant que dans le même temps des créneaux pour des activités que la section du SDUS assure (basket-ball 3X3) sont attribués, selon nos informations, à d’autres structures non dionysiennes ou tout juste émergentes.
D’autant que la section basket-ball du SDUS a fait les preuves de son sérieux et ce à divers points.
Elle gère un budget de fonctionnement de 70 000 euros pour une saison, 45 % de celui-ci provient des cotisations des adhérents. Elle affiche plus de 330 licenciés en moyenne chaque année et organise 250 rencontres, matchs, plateaux sportifs par saisons avec le concours de 50 bénévoles dont 20 entraineurs qui encadrent les différentes catégories de joueurs. 60% de ces entraineurs bénévoles ont une qualification dont 2 sont diplômés d’Etat. Pour autant aucun salarié n’est rémunéré par la structure. Les activités se déroulent dans différents quartiers de la ville selon les gymnases disponibles, ceux accrédités pour les compétitions et les conventions signées.
Les résultats sportifs sont aussi au rendez-vous. Les spécialistes du basket-ball comme les sportifs d’autres disciplines peuvent en juger dans le courrier du SDUS en date du 25 juillet. Les perspectives de développement et de renforcement aussi, dont le sport au féminin qui est un des axes de la politique sportive de la municipalité, comme le rappelle l’adjoint au maire en charge de cette délégation dans son courrier du 21 août adressé au club.
Pour nous, un peu ignares en la matière, mais attachés aux faits, tout semble bien obscur. Le club rayonne sur divers quartiers, il promeut le sport au féminin, la gestion est saine, en l’absence de salarié pas de dépenses de fonctionnement excessives avec des coûts salariaux exorbitants, des résultats sportifs avérés, un nombre de licenciés significatif, la perte de créneaux attribués à une activité qui n’est pas une innovation (la gymnastique) que justifie donc ce traitement peu en rapport avec la réalité du club, son activité, ses perspectives ?
Les mauvaises langues – dont certaines semblent sinon mauvaises en tout cas bien informées du panorama sportif dionysien – suggèrent que tout cela serait plutôt une manière de régler des comptes – plutôt politiques – dont en définitive ce sont malheureusement les jeunes dionysiens et dionysiennes qui en paieraient l’addition.
Serait-ce possible ? La municipalité serait-elle capable de sacrifier l’intérêt général pour de sombres et mesquins motifs ?
D’autres mauvaises langues, bien plus informées qu’elles n’apparaissent mauvaises, ne manquent pas de leur côté d’évoquer un épisode à l’appui de cette hypothèse. Un dirigeant de club de hand-ball poussé à la démission par le passé, le club bien que reconnu et plus que cinquantenaire dissous… et qui laisse place à une nouvelle structure.
Mais quel rapport entre ces deux affaires ? Les deux disciplines se jouent avec un ballon. Ok. Pas de la même taille mais des ballons quand même. Plus de joueurs par équipes au hand-ball qu’au basket-ball. Des remplaçants… un banc de touche. Ok, mais alors ? On ne voit pas. Mais…
Mais non… Ce n’est pas possible.
Il se chuchote tout haut dans les milieux sportifs que les présidents de ces clubs partageaient un très mauvais curriculum vitae. Ils étaient tous deux élus de l’ancienne majorité. Pire, maire-adjoints.
Alors… ? L’esprit Coubertin ? « Toujours plus vite, plus haut, plus fort ». Mais sans fair-play et l’intérêt général sur le banc de touche ?
De nombreux précédents
Cet épisode vient s’ajouter aux précédents qui ces dernières années ont alimenté les plus grandes interrogations sur la nature de la politique sportive de la municipalité.
En premier lieu l’annonce avait été faite qu’un rapport d’orientation serait présenté et donc débattu en conseil municipal. C’est bien la moindre des choses. Sauf erreur de notre part on l’attend toujours et celui-ci aurait été confié selon nos informations à un cabinet extérieur. L’usage, la responsabilité politique commande plutôt que celui-ci soit rédigé par les services sous la conduite et les orientations de l’élu.
A moins de deux ans de la fin de mandat, qu’en est-il ?
Par ailleurs, et sans aucun doute symptômes d’un malaise récurrent et d’un management de la part de l’élu en charge de la délégation qui tient plus du caporalisme que de la coopération, les frictions, les tensions, les conflits ouverts à répétitions entre le mouvement sportif associatif et la municipalité se sont multipliés.
On se rappelle des déboires multiples rencontrés par Hervé Borie, ancien président du SDUS, élu de la majorité en place. Des menaces qui ont pesé sur le SDUS jusqu’au bord du dépôt de bilan. Des alertes successives lancées par le président qui finira lui aussi par jeter l’éponge en février 2023. La municipalité avait diligenté un audit qui n’a d’ailleurs pas été porté à la connaissance du public. Pourquoi ?
On se souvient aussi de la liquidation de l’Office des sports après 50 années d’activité en mars 2023.
De tout cela le Blog de Saint-Denis s’était fait l’écho. Une seule certitude aujourd’hui : un sujet en chasse l’autre et la méthode persiste.
Les démissions se succèdent. Les crises s’enchainent ce qui n’est sans doute pas, au-delà du mouvement sportif, sans de multiples conséquences sur le service municipal des sports et ses agents.
A moins de 48 h du forum des associations sportives, les spots aveuglants des JO éteints, la poussière sous le tapis n’en est que plus visible.
Article modifié le 5 septembre à 8H10. Les cotisations des adhérents constituent 45% du budget et non 60% comme indiqués précédemment. Plusieurs courriers sont accessibles dans le portfolio.