Un rassemblement (d’élu.e.s), en soutien à la candidature de Bally Bagayoko à la présidence de Plaine Commune, s’est tenu dimanche matin Porte de Paris puis symboliquement près du stade de France où se trouve le siège de l’Etablissement Public Territorial. Autour de Bally Bagayoko (LFI), 3 maires, Mohamed Gnabaly, de l’Ile-Saint-Denis, Azzédine Taïbi de Stains, Aly Diouara de La Courneuve. Un rassemblement des Ecologistes, du PCF et de la Seine Saint-Denis au Cœur.
« J’ai décidé d’être candidat », claironne Karim Bouamrane. Ce candidat à la présidence de Plaine Commune entend dénoncer « la volonté de faire de Plaine commune une base arrière pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon » à l’élection présidentielle de 2027.
Rien que ça. Soyons sérieux Monsieur Bouamrane. Et parlez vrai, vous serez plus crédible.
On ne voit pas comment une coopérative de villes pourrait servir de tremplin à une candidature à la présidentielle. Mais pour vous il ne s’agit même pas de tremplin, non carrément « une base arrière ».
Whaou ! On imagine, les avant-postes, la ligne de front, la base arrière. Vous voulez faire peur à qui Monsieur Bouamrane ?
Faire croire qu’aux motifs de compétences transférées à Plaine Commune (Développement urbain et social : aménagement, voirie, déchets, action foncière, habitat, rénovation urbaine et politique de la ville, environnement, lecture publique) Bally Bagayoko, président, conduirait à faire d’Épinay, d’Aubervilliers, Villetaneuse ou La Courneuve une "base arrière" de la France Insoumise ?
Avez-vous oublié (ou à qui voulez vous faire croire l’inverse) que les permis de construire ne sont accordés que par les villes, par les maires, que Plaine Commune n’a jamais imposé de politiques publiques allant à l’encontre de la volonté d’un maire quel qu’il soit.
La « base arrière » ! Rendez-vous compte, de Plaine Commune seraient lancés les assauts de La France Insoumise entrainant Romorantin, Epinal, Saint-Malo, Toulouse, La Bourboule ou la moindre commune… dans le chaos de la présidentielle. Brrr !
Karim Bouamrane renchérit : « La confiscation de la présidence au seul service du projet politique de La France insoumise menace l’équilibre nécessaire pour une gouvernance de compromis ».
Un spectre hante Plaine Commune : « La confiscation de la présidence au seul service du projet politique de La France insoumise ».
A ce spectre imaginaire, auquel personne ne croit car il est aussi bien politiquement, techniquement que juridiquement impossible, Karim Bouamrane entend opposer, tenez vous bien : « l’équilibre nécessaire pour une gouvernance de compromis ». C’est beau tant c’est creux.
Traduisons : Feu sur la gauche et faisons de Plaine commune une base arrière, un tremplin pour MA candidature, moi Karim, à l’élection présidentielle de 2027 !
« J’ai décidé d’être candidat » nous dit Karim Bouamrane. A quoi en fait ? Pourquoi ? Pour quoi faire ? Le bilan des socialistes à la mode Hollande, Valls, Cazeneuve, Bouamrane porte un nom : un désastre pour la gauche.
Un dernier mot. Chacun "sa base arrière" pour présider Plaine Commune. Bally Bagayoko habite Saint-Denis. Wikipédia vous dit Parisien, Monsieur Bouamrane. Tout un symbole, non ?
PS 1 : article modifié à 17h25. Lu sur les réseaux sociaux. Katy Bontinck parle de « la brutalité de la candidature insoumise de Bally Bagayoko [qui ] n’est pas acceptable ». La soif de revanche après le rejet du 15 mars conduit à dire n’importe quoi. La "brutalité" d’une candidature si tant est que ce propos ait un sens ne saurait faire oublier la brutalité réelle de votre mandat pour les Dionysiens et Pierrefittois. Ne rien vouloir comprendre ne fait pas une politique.
PS 2 : Article et titre modifié à 18h58. On apprend dans le Monde, leur article ayant été modifié à 18h19, le chantage à la contribution financière de Saint-Ouen à Plaine Commune par Karim Bouamrane : « A Saint-Ouen, nous sommes le plus grand contributeur net par habitant. Je peux me retirer. Et en attendant, je ne verserais plus les contributions qui s’élèvent à plus de 26 millions par an » menace-t-il. Une décision qui « impacterait automatiquement les villes les plus pauvres ». On imagine que Katy Bontinck est à ce stade, sous le choc, effrayée et indignée de la brutalité des propos de Karim Bouamrane.
PS 3 : Titre modifié le 21 avril à 8 h. Sofienne Karroumi, maire d’Aubervilliers, soutient la candidature de Bally Bagayoko à la présidence de Plaine Commune. Son communiqué publié.
PS 4 : Titre modifié le 21 avril à 22 h 35. Bally Bagayoko élu au premier tour président de Plaine Commune par 46 voix contre Karim Bouamrane, 32 voix. Sofia Boutrih est élue 1ère vice-présidente.
