Dans une pétition lancée en mars 2023 qui s’opposait à l’installation rue Suger d’un Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction de risques pour Usagers de Drogues (CAARUD) portée par l’association Proses, les pétitionnaires concluaient leur propos par ces quelques lignes :
« Nous avons conscience de la nécessité d’implanter les CAARUD au plus près des usagers, mais d’autres lieux sont possibles, par exemple au long de la rue Ambroise Croizat, qui combine proximité avec la gare et quasi-absence de riverains.
Nous demandons à la Ville de protéger les habitants du quartier Gare et de faire tout son possible pour accompagner l’association Proses [situé boulevard Carnot. NDLR ] dans la recherche d’un lieu alternatif. »
Deux ans plus tard, un autre lieu a été retenu par l’association, avec le feu vert de la ville qui, selon nos informations, s’est prononcée favorablement en signant la Déclaration d’Intention d’Aliéner (DIA) d’un bien situé rue Catulienne.
Il est fort probable que cette nouvelle soulève les mêmes oppositions tant la municipalité s’est bien gardée, tout au long de la préparation de cette implantation d’un Caarud, de consacrer à cette question toujours complexe – on l’a vu aussi à Paris à de nombreuses reprises – tout le travail de concertation, d’information, d’accompagnement du projet.
Cette affaire, une fois de plus, est menée par la municipalité comme toutes les autres – on n’en refera pas la liste – à l’arrache, brutalement, sans considération aucune pour l’ensemble des acteurs nécessaires à la réussite d’un tel projet qui on le sait suscite toujours de grandes craintes.
Ni fait ni à faire. Révoltant. Désespérant.
Qu’est ce qu’un Caarud ?
Un CAARUD (Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues) s’adresse à des personnes qui ne sont pas forcément engagées dans une démarche de soin, ou qui sont exposées à des risques majeurs (accidents, infections – notamment hépatite C et VIH, etc.) du fait de leurs modes de consommation ou des produits consommés. Une attention particulière est portée aux usagers les plus marginalisés.
Depuis l’adoption de la loi de santé publique du 9 août 2004, les CAARUD sont financés par l’Assurance Maladie et portés soit par des associations, soit par des établissements publics de santé, pouvant par ailleurs gérer des centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA).
La grande majorité des intervenants sont des éducateurs spécialisés. On y trouve également des animateurs. Les CAARUD peuvent également faire intervenir des médecins et faire appel à du personnel infirmier.