« Seule l’unité populaire nous protègera du pire et nous redonnera la force d’avancer »

, par La Rédac’

A quelques semaines de la date anniversaire de création du Nouveau Front Populaire le 10 juin et de sa victoire aux élections législatives le 7 juillet 2024 avec l’élection de 193 député.es après une importante et intense mobilisation populaire, nous avons interrogé deux membres du comité local du NFP. Ils reviennent sur sa constitution, ses objectifs, son évolution et les perspectives qui l’animent entre enjeu national – l’unité face au danger de l’extrême-droite – et le contexte local dionysien à moins d’un an de l’élection municipale.

Comment est né le groupe local du NFP à Saint-Denis ? Quels objectifs s’est donné le comité dès sa création ?
Alain Bertho. Le comité est né avant le premier tour des législatives, dans une Bourse du Travail bien remplie, à l’initiative, si mes souvenirs sont bons, de LFI et du NPA. Nous étions toutes et tous dans la sidération face au danger d’une victoire du RN et à peine rassurés par la signature de l’accord de Nouveau Front Populaire entre les partis. Nous avions conscience qu’une mobilisation sans précédent était nécessaire. Ces deux dimensions ont persisté au-delà des législatives et du soulagement temporaire qu’elles nous ont apporté : la nécessité impérieuse de l’union face à la montée de l’extrême droite et la nécessité d’ouvrir cette union très largement à toutes les mobilisations sociales et politiques de terrain, qu’elles soient locales ou nationales. Bref la nécessité de penser l’union comme un Front réellement populaire où toutes et tous doivent trouver leur place et avoir la parole.
Le comité s’est réuni de façon hebdomadaire durant l’été et depuis il reste rarement plus de deux semaines sans le faire.

Qui l’a rejoint ?
Valérie Sadoun. J’ai fait partie des dionysiennes qui rejoignent les réunions du NFP au jardin d’abord puis régulièrement. C’est avec le groupe des fidèles que je m’instruis à la politique.
La montée de l’extrême droite, la casse des services publics, une politique de plus en plus libérale en France, l’ampleur que prennent les pouvoirs autocratiques dans beaucoup de pays dans le monde, m’amènent à réfléchir sur mon engagement politique. L’engagement politique devient pour moi une nécessité qui doit permettre à chacun hors partis politiques de se mêler de ce qui se passe dans la cité et dans le monde pour préserver les peuples, les droits et la notion de devoirs humains permettant de vivre en société.

Territorialement, les différents manquements de la municipalité actuellement en charge d’administrer la ville de Saint-Denis, me font réagir. Il semble que toutes les décisions et les actions menées par le premier agent exécutif du conseil municipal, ne font l‘objet d’aucune concertation avec ce conseil et elles sont dépourvues de toutes communication préalable avec la population qu’il représente. Ceci augure peu du souci de son territoire, de son histoire, des difficultés et des ressources qui relient ses habitants.
Tout d’abord, des jeunes semblent laissés à l’abandon et des rixes violentes ne font pas bouger les lignes de la politique jeunesse municipale. Il est pourtant clair à ce moment-là que fermer des antennes jeunesse et développer une police municipale ne répond pas aux problèmes et à la fragilité des habitants. Ce qu’il faut c’est plus d’éducateurs et une volonté permettant de budgéter des initiatives redynamisant la politique des antennes jeunesse, et des associations œuvrant pour ce public qui représente une majeure partie des habitants de Saint-Denis.

D’autres difficultés sont visibles, l’arrêt des bus passant en centre-ville ce qui réduit l’accessibilité des lieux communs et des administrations disponibles au cœur de la cité à une grande partie de sa population dont au moins 5 quartiers de la ville touchés. Cela n’est pas une mesure écologique puisqu’elle n’évalue pas les besoins réels des habitants de ces quartiers. Est-ce en lien avec une politique conduite en vue de réduire des coûts ?
Si cela sert une pensée voire une démonstration politique, elle ne va pas dans le sens d’une politique orientée à gauche alors que c’est bien l’étiquette politique de la municipalité actuelle.
Le NFP nous propose un schéma politique alliant une vision écologique et sociale. Et je souhaite que ma ville contribue à ce projet.

Alain Bertho. Il y avait beaucoup de monde à la Bourse lors de sa création. Très vite la boucle WhatsApp a compté plus de 200 personnes. Comme organisation, la FI, le NPA et le PCF s’y sont investis. On compte aussi des militants socialistes et écologistes. Mais le plus grand nombre de celles et ceux qui l’ont rejoint ne sont pas encarté.es.
De fait, le comité est devenu très vite le carrefour des collectifs et des résistances locales, un lieu de rencontres et d’échanges où ont germé des convergences très utiles par exemple pour le soutien des personnes en demande de titre de séjour et de renouvellement de titres maltraitées, le mot est faible, par la sous-préfecture.

Très naturellement, le comité s’est donc investi ici et maintenant dans la résistance à un gouvernement de droite extrême bénéficiant de la bienveillance parlementaire du RN.
Car le soulagement apporté par le résultat des élections n’a pas été démobilisateur. Les batailles se sont présentées les unes après les autres : bataille contre le déni démocratique de Macron qui maintient aux manettes des gouvernements minoritaires avec la complicité du RN, bataille contre l’action menée par ces deux gouvernements successifs, bataille contre le budget de casse sociale finalement adopté, bataille contre la guerre ouverte contre les étrangers et l’islam engagée par le ministre de l’Intérieur….

L’élection législative nous a laissé un sursis mais l’extrême droite est toujours là, forte dans le pays, en action au sein même du gouvernement. La résistance est donc à l’ordre du jour. Elle sera longue.

Les formes d’organisation qui traduisent l’aspiration à l’unité des forces de gauche semblent toujours à un moment ou un autre s’étioler, éclater puis disparaitre. On a connu le Front de gauche en 2009, sa disparition presque une décennie plus tard, l’aspiration semble pourtant toujours bien présente et s’est accélérée avec les dernières échéances électorales, la NUPES en 2022, le NFP en 2024, quelle spécificité prend cette dernière alliance ?
Valérie Sadoun. Le NFP représente l’ensemble des forces de gauches. Les dirigeants des partis à l’initiative de ce mouvement ont démontré leur volonté de réfléchir à un programme avec des membres hors partis, ayant une aspiration politique sociale, écologique et démocratique.

Alain Bertho. Lorsque l’unité ne concerne que les partis, d’expérience, elle n’est pas durable. Quand, une fois les élections passées, le terrain de la politique se réduit peu à peu aux enjeux et débats parlementaires, à l’agenda gouvernemental et aux rivalités d’organisations, les logiques délétères ne se font pas attendre. D’une part les logiques partisanes l’emportent sur le travail commun et d’autre part, un sentiment d’impuissance populaire grandit dont les effets peuvent être catastrophiques.
Le maintien de la mobilisation du comité local onze mois après les élections est exceptionnel. Il n’est pas isolé. Avec l’aide de la fondation Copernic, nous avons constitué un réseau des comités locaux encore mobilisés. Il a fallu les trouver, renouer des fils mais nous y sommes parvenu.es. Le 22 mars à la Bourse du travail de Paris a eu lieu la réunion nationale fondatrice à laquelle ont participé quelques 70 comités (ce qui concerne environ 6000 personnes sur tout le territoire…). Nous préparons une autre rencontre nationale pour le 21 juin et invitons toute la gauche politique et sociale à construire avec nous une grande initiative unitaire en octobre.

C’est de la mobilisation sociale qu’est née l’unité en juin 2024, car le meilleur barrage à l’extrême droite c’est l’unité populaire, sur tous les terrains. Cette unité reste la clef pour la période qui s’ouvre. Le meilleur barrage contre la haine, c’est la construction du commun dans l’action, dans la solidarité, dans la fête comme dans la lutte.

Le congrès du PS prévu à la mi-juin semble devoir déboucher vers la défaite de ceux qui ont fait le choix d’opportunité ou de conviction du NFP, va-t-on dans ce cas assister à un affaiblissement du NFP au niveau national, est-ce le premier signe du délitement de cette alliance et de cette forme d’unité ?

Alain Bertho. Les débats internes au PS ne datent pas du NFP. Il était essentiel que ce parti soit partie prenante du NFP en juin avec un accord électoral contraignant. Cet accord lui a sauvé beaucoup d’élu.es. Mais cet accord n’a pas tranché toutes les ambiguïtés politiques d’un parti qui n’a ni fait l’inventaire de la catastrophe qu’a été le quinquennat social libéral de François Hollande ni pris le temps de construire un projet politique singulier. Nous n’avons pas attendu son congrès pour assister à son refus de voter la censure contre le budget : un petit pas tactique pour se différencier de ses alliés de gauche, une grande catastrophe pour la vie concrète des gens.
Là encore, seule la mobilisation de toutes et tous, forces politiques de gauche et forces sociales, dans l’unité contre l’extrême droite, les fera revenir à la raison, sinon à la sincérité.

Valérie Sadoun. Je suis confiante car l’heure est à l’unité, la construction d’un courant de pensée politique nouveau devant redéfinir ce qu’est l’équilibre d’une société populaire ; suppose, à mon avis, qu’au niveau national comme au niveau local, on puisse construire et mener des projets visant :
– la lutte contre la casse sociale afin de responsabiliser (sans faiblir) les entreprises basant leur prospérité sur de l’actionnariat au détriment de l’employabilité et de l’humain ;– le devoir de protection et d’asile des populations migrantes afin d’assurer plus que la survie, la capacité d’accueil dans des conditions dignes de la population migrante et une politique d’accompagnement de ces dynamiques ;
– le développement d’une politique écologique assurant l’avenir des ressources énergétiques renouvelables et imposant une dynamique au-delà des frontières nationales pour que l’on puisse expliquer, légiférer et contenir les crises écologiques et sanitaires que risque de provoquer une absence de pensée écologique ;
– des relocalisations de productions essentielles comme les médicaments, comme les savoirs faire technologiques par exemple la production de semi-conducteurs, et enfin une production agricole respectueuse de l’environnement et de la population en préservant un équilibre entre paysannerie et agriculture industrialisée.
Ce point de vue émane de ma compréhension du projet unitaire et politique que veut représenter le Nouveau Front Populaire. Ce programme du NFP peut vivre au-delà des pressions et des jeux de pouvoirs qui agitent les groupes et partis politiques qui veulent l’union comme de ceux qui conduisent les opposants à monter des stratégies déstabilisantes.

Au-delà du moment électoral qui a conduit à la création du NFP, qu’est ce qui peut faire durer les comités locaux ? La menace de l’extrême-droite est un puissant catalyseur mais au-delà, les comités locaux peuvent-ils être une force de proposition, de programme ?
Alain Bertho. Qu’est-ce qui fait d’ores et déjà durer les comités locaux est sans doute une meilleure formulation. Ce qui les fait durer c’est d’abord la nécessité de se battre tout de suite contre une extrême droite très puissante dans le pays et dont l’ombre plane déjà sur le gouvernement et sur la dérive des partis de droite. Mais ce que j’ai entendu de comités très divers le 22 mars à la Bourse du Travail de Paris lors de la constitution du réseau national, c’est aussi la volonté d’être les garants intransigeants de l’union populaire : au fond, dans les turbulences actuelles, « l’union, c’est un programme et nous ».

Les comités sont, parmi d’autres, des porteurs ou des réceptacles d’expériences d’engagement au plus près du réel, au plus près des hommes et des femmes qui subissent la guerre sociale, la casse écologique, les racismes, le patriarcat et tentent de résister. Ils sont un réservoir d’intelligence collective à l’instar de tous les autres enracinements militants sur tous les terrain de lutte contemporains. Leur souci de réunir les résistances pour les transformer en espoir politique collectif fait leur singularité. En ce sens ils sont aussi un réservoir de propositions programmatiques, y compris au niveau local. Les partis ne doivent pas les voir comme une concurrence mais comme une possibilité de démultiplier, avec eux, l’engagement et la mobilisation démocratique dont nous avons besoin.

Valérie Sadoun. Je partage ce que dit Alain.

L’aspiration à l’unité ne risque-t-elle pas de céder le pas par rapport au appartenance partidaire. Comment résister à cela, comment s’en préserver ?
Valérie Sadoun. En s’en mêlant. C’est-à-dire en expliquant, en confrontant notre point de vue local, à partir des réalités constatées et des besoins d’unité répétés et justifiés par des analyses ; des études faites et issues de la population, des associations, des syndicats, de chercheurs, de journalistes engagés dans ce mouvement populaire du NFP et des responsables politiques associés à ce programme.

Quelle rôle peut jouer le NFP en vue de la prochaine échéance politique locale, les élections municipales compte-tenu de la configuration dionysienne avec un PS hors du comité local et qui mène une politique que toutes les composantes du comité rejettent ?
Alain Bertho. Les élections locales ne faisaient pas partie des priorités du comité à ses débuts.
La situation a évolué assez vite. Avec les gouvernements Barnier et Bayrou, Macron a aggravé la politique de casse sociale. Le budget le plus austéritaire que la France ait connu depuis des décennies est passé faute de motion de censure. La complicité du RN a été achetée par la violence de la politique sécuritaire, anti immigrés, islamophobe. Maîtresse d’une grande partie des grands médias, l’extrême droite a d’ores et déjà un pied dans le pouvoir.

Pour les habitantes et les habitants de notre ville, une des plus pauvres de France métropolitaine, cette période est d’une grande violence quotidienne. La vie est de plus en plus dure, les services publics de plus en plus indigents, la police de plus en plus brutale, les discriminations de plus en plus décomplexées. Les résistances se multiplient dans cette ville de longue tradition de solidarité.

Mais si la désunion à gauche au niveau national a un effet démobilisateur massif, c’est peu de dire que la politique municipale actuelle n’est pas est à la hauteur des enjeux de la période… Pire, dionysiennes et dionysiens ont souvent le sentiment d’être soumis à une double peine.

La résistance à l’extrême droite qui monte, qui est déjà là, passe par un projet de « ville résistante » ambitieux et combatif. Qu’est-ce que doit être une ville de gauche aujourd’hui ? avec quelle mobilisation démocratique face à l’offensive patronale et gouvernementale ? avec quels services publics ? avec quelles ambitions pour l’école et plus généralement pour la jeunesse ? avec quelle ambition écologique ? avec quels engagements contre tous les racismes et toutes les discriminations ?

Ce sont ces questions qui ont alimenté le deuxième forum organisé par le comité local NFP le 6 avril auquel les partis ont été conviés. Car il y a dans cette ville une richesse d’engagement solidaire et d’intelligence collective qui doit absolument dynamiser les prochaines échéances municipales, alimenter la construction du projet de ville comme la réflexion sur les candidatures quand l’accord unitaire sera enfin scellé par les organisations politiques actuellement en discussion.

L’appel « On s’en mêle » exprime cette exigence. Cet appel, largement signé, fait émerger un nouvel acteur collectif dans la préparation de ces échéances aux côtés d’organisations politiques qui ont, pour l’instant, trop discuté à huis clos.

Dans ces conditions et dans le respect mutuel, le comité local NFP continue à jouer son rôle : celui du lieu de construction pas toujours facile mais déterminée de l’union indispensable entre les partis qui y participent et celles et ceux qui, « non encarte.és », ont décidé de « s’en mêler ».

Valérie Sadoun. « Il est clair que pas une voix ne s’élève au sein du comité pour considérer que la politique municipale actuelle est à la hauteur des enjeux de la période comme de ce que méritent les femmes et les hommes d’une des villes les plus pauvres de la France métropolitaine. Cette ambition appelle une réflexion collective, du travail et un enracinement démocratique qui nous a manqué avant même l’élection de la majorité municipale actuelle.

Contribuer à cette ambition est une volonté largement partagée dans le comité. Elle a animé nos forums successifs : celui du 7 décembre comme celui du 6 avril (« Construisons ensemble une ville de gauche »). Il y a dans cette ville une richesse d’engagement solidaire et d’intelligence collective qui doit l’emporter lors des prochaine échéances municipales. Comme au niveau national, l’esprit de rupture du programme du NFP et l’union en sont les conditions essentielles.
Le comité se mobilise pour que cette ambition soit portée par une liste d’union entre les partis qui la partage… 

Vers quoi se dirige le comité local ? Quels sont les projets ? Comment pensez-vous élargir un cercle qui demeure semble-t-il restreint aux militants politiques ?
Alain Bertho. Le cercle est ouvert largement : il y a 200 personnes sur la communauté WhatsApp. Et dans celles et ceux qui passent du temps à l’animation du comité et à l’organisation de ses initiatives, une minorité est constituée de militant.es « politiques » au sens de membres de partis. Mais cette précision n’évacue pas le fond de la question : comment rassembler, comme permettre à toujours plus de femmes et d’hommes de trouver leur place dans la résistance et de relever la tête ? C’est un enjeu essentiel.

Valérie Sadoun. Il est essentiel de mener une action structurée. Nous n’avons pas besoin de cabinets de conseils pour mesurer et mener une communication au service d’un projet politique local qui doit répondre aux aspirations émanant des besoins de la population qui forme l’identité de la ville de Saint-Denis.
Nous envisageons des actions visant à garder le contact avec les habitants dès maintenant afin de redonner la parole à la population et de construire avec elle une politique locale.
Il sera bien sur nécessaire de mesurer l’impact des besoins ressentis, de faire le bilan des ressources pour conduire une politique sociale, écologique et de soutien au travail et au développement tant du territoire que de ces habitants jeunes, migrants, actifs, retraités, ….

Qu’est ce qui vous attache au NFP d’un point de vue plus personnel ? Si vous aviez un souhait pour le NFP dionysien quel serait-il ?
Valérie Sadoun. Que l’unité des partis soit préservée en restant à l’écoute et en participant à la co-construction d’un programme avec et pour les habitants et la ville de Saint-Denis-Pierrefitte si tous souhaitent adhérer à cette nouvelle entité.
Enfin, que nous entendions tout ceux qui font la dynamique, l’harmonie et l’équilibre de la vie sociale et environnementale locale, à savoir les habitants, les adhérents du NFP, les associations, les syndicats qui unissent leurs forces, leur expériences et leur intelligence collective dans ce mouvement.

Alain Bertho. Franchement, je ne m’attendais pas à reprendre autant d’activité militante à mon âge. Mais la situation mondiale et nationale, les menaces qui pèsent sut l’avenir, sur nos enfants et nos petits-enfants, nous mettent chacune et chacun devant notre responsabilité. Il n’est pas possible de rester sans rien faire. Je suis convaincu, et je l’ai écrit à de nombreuses reprises, que seule l’unité populaire nous protègera du pire et nous redonnera la force d’avancer. Cette union se construit d’abord là où on est, à l’échelle humaine, dans l’action commune, la solidarité et la résistance. Nous avançons au jour le jour. Chaque pas dans la solidarité et le partage est une victoire qui nous donne du courage pour la suite.