– Dans une lettre ouverte aux membres du bureau et du conseil d’administration de l’établissement public Campus Condorcet, des centaines de chercheurs de toutes disciplines, étudiants et riverains interpellaient les membres du bureau et du conseil d’administration de l’établissement public Campus Condorcet sur un projet immobilier conduisant à la disparition d’un espace vert d’un hectare au sein du campus, qu’est ce qui a motivé autant de signataires et comment la liaison s’est faite avec les riverains ? – Cette lettre ouverte a reçu un accueil très large en effet, au sein des 11 établissements du Campus Condorcet car ce projet de construction d’un nouveau bâtiment sur l’îlot 4 est aberrant non seulement sur le plan économique mais également sur le plan des conditions de travail pour tous les résidents du Campus et, enfin, sur le plan écologique !
Si cette lettre ouverte a largement circulé, c’est aussi parce qu’on a mis en place, sur le Campus, une assez large dynamique intersyndicale depuis notre arrivée en 2019, qui nous a permis de nous mettre en lien entre les personnes mobilisées appartenant aux différents établissements (via la création, entre autre, d’une liste collective « Condorcet-mobilisé », l’organisation de pique-niques intersyndicaux, etc). On se mobilise donc sur la question de nos conditions de travail sur le Campus, et notamment des espaces verts, depuis 2019.
Le lien avec les riverains s’est fait de plusieurs manières : par l’organisation d’une fête militante de rentrée universitaire, en 2023, où nous avons invité différentes associations d’habitants de La Plaine, qui tiennent pour certaines des permanences dans l’espace associatif du Campus ; par l’invitation des camarades de l’UL de la CGT d’Aubervilliers à nos différents rendez-vous militants ; par les liens tissés avec des travailleurs du dépôt de bus qui jouxte le campus lors des mobilisations contre la réforme des retraites, etc...
Pour la sauvegarde du parc de l’îlotier 4, plus récemment donc, ce sont des habitants du quartier qui ont lancé une pétition, de manière totalement indépendant de notre mobilisation ! Le pique-nique que l’on a organisé le 6 mai dernier, et l’apéro à venir du 12 juin ont justement pour objectif de mettre en lien les différentes personnes, associations, organisations qui refusent qu’un nouveau bâtiment soit construit sur le seul parc de notre Campus !
– Alors que ce projet est à rebours de « l’urgence climatique » qu’affiche Plaine Commune, qu’est ce qui motive selon vous qu’il trouve des soutiens au sein des institutions ?
– Ce projet trouve de moins en moins de soutien, mais malheureusement, le type de gouvernance d’un établissement comme le Campus Condorcet n’est pas démocratique : la preuve, l’ensemble des membres élu.e.s du conseil d’administration, qui nous représentent donc, se sont constamment positionné contre le projet de construction, mais comme ils sont numériquement moins nombreux que les membres nommés, notre voix n’est tout simplement pas entendue. De même, alors qu’une dizaine de laboratoires du Campus ont voté lors de leurs AG des motions pour un « Campus vert et ouvert », demandant là aussi qu’une véritable étude de faisabilité soit menée pour chiffrer le coût d’une solution alternative (achat d’un des bâtiments vides qui jouxtent le campus à la place de la fabrication d’un nouveau bâtiment), la direction du Campus n’a jamais dénié ne serait-ce qu’accuser réception de l’envoi de ces motions ! Ils ne nous ont jamais reçu, alors même que nous leur avons fait parvenir les communiqués intersyndicaux et qu’une délégation d’entre nous a souhaité les rencontrer à l’issue du pique-nique mobilisé pour la sauvegarde du parc du 6 mai dernier...
Il est difficile de répondre concernant leurs motivations, si ce n’est qu’ils ne se soucient aucunement des nôtres visiblement, et qu’ils ont jusque-là montré un mépris total vis-à-vis de nos différentes
Le lien icivers la pétition qui a déjà recueilli plus de 1000 signataires.
Nous reviendrons sur ce sujet et plus amplement autour de la question des modèles de développement urbain, de l’urgence climatique et des « friches tertiaires ». Plus de la moitié de ces dernières (2 millions de m2 ont été recensés en France fin 2024) se trouvent dans la région francilienne, et plus particulièrement dans les départements des Hauts-de-Seine et de la Seine-Saint-Denis.

