D’une manière ou d’une autre les échanges lors de la réunion du 25 novembre ont tous tourné autour des questions que labourent depuis plusieurs mois le Collectif « On s’en mêle ». La formule retenue pour cette réunion « d’échanges et d’interpellation des chefs de file » de différentes organisations a conduit à ce que la question de l’union des forces politiques reviennent systématiquement au premier plan. Une préoccupation majeure de beaucoup de Dionysiens et de Pierrefittois.
Il s’avère qu’en pleine négociation, – et celle-ci menée à différents niveaux, local, départemental voire national – les forces politiques interpellées – aujourd’hui signataires d’un accord – étaient bien en peine de répondre dans le détail sauf à redire d’une manière ou d’une autre que « les négociations étaient sur le point de se conclure »…
Les échanges, quelques fois vifs, des chefs de file, des représentants d’organisation ou collectifs, avec ou entre participants témoignaient du décalage entre l’attente de réponses précises dans la salle et la réserve à laquelle étaient contraints les premiers en cours de négociations. Huit jours ont séparé la réunion du 25 novembre du dénouement des mois d’échanges communs des partenaires ou lors de discussions bilatérales.
Une hypothèque est levée, celle de l’union.
Annoncée le 3 décembre dans un communiqué de presse des trois organisations, la France Insoumise, le PCF et la Seine-Saint-Denis au cœur ont fait part de leur accord. Quelques jours auparavant on apprenait, sans que cela soit formalisé par une déclaration publique, que la Seine-Saint-Denis au cœur avait de son côté conclu un accord avec la France Insoumise.
Deux forces politiques sont absentes du communiqué de presse, l’une partie prenante des échanges et des négociations précédentes avec les signataires, « Rassemblés pour changer Pierrefitte » représentée par l’élu Romain Potel, l’autre absente des négociations mais représentée à la tribune le 25 novembre, par Cathy Billard et François Krumnow, le NPA.
La première, « Rassemblés pour changer Pierrefitte » a rappelé une exigence cruciale, de son point de vue, le refus de toute situation hégémonique de toute force politique dans la composition d’une liste d’union. Cette exigence l’avait conduit il y a plusieurs mois à formuler une proposition de constitution d’une liste composée de trois tiers : 30% pour la France Insoumise, 30 % pour le PCF, 30% pour la composante citoyenne.
Une proposition qui avait recueilli l’accord du PCF par la voix de Sofia Boutrih mais à laquelle s’était opposée la France Insoumise. De son côté, la Seine-Saint-Denis au cœur ne semblait pas soutenir vraiment cette proposition, privilégiant sans doute sa propre représentation au sein d’une liste. Une position qui l’a conduit en définitive à un accord avec la France Insoumise.
La proposition de « « Rassemblés pour changer Pierrefitte » rejoignait les exigences du Collectif « On s’en mêle » sur la place que doivent prendre les citoyens, non encartés, dans la composition de la liste et dans la conduite des affaires publiques tout au long du mandat.
Cette proposition un temps discutée a aujourd’hui cédé la place à une autre. Celle qui consiste à ce que chaque force politique signataire de l’accord intègre sur son propre quota des citoyens. Chacun conviendra que ce n’est pas la même chose.
A contrario de la proposition initiale bien accueillie de « Rassemblés pour changer Pierrefitte » sur la composante citoyenne et le refus de toute hégémonie, le positionnement affiché d’un « ni droite, ni gauche » exprimé par Romain Potel a sans doute heurté une large partie des présents, qui pour la plupart revendique clairement et depuis fort longtemps leur appartenance à la gauche.
Situation paradoxale quand on sait que concernant les grandes orientations d’un programme, Romain Potel se déclare quasiment à 100 % en accord avec celles qui consistent à rompre avec la gestion Hanotin. N’est-ce pas cela qui compte pour beaucoup avant tout ?
Le NPA de son côté a insisté sur la nécessité que les citoyens puissent révoquer les élus, refusant qu’il soit laissé au seul pouvoir du maire la possibilité de retirer une délégation ; ainsi que leur attachement à un principe : celui d’indemnités pour les élus comparables à un revenu salarial moyen, un mandat électif « ne devant pas être une source d’enrichissement ».
Les attentes du collectif « On s’en mêle », sur la question de l’hégémonie, de la place des citoyens sont-elles au rendez-vous ?
Si les modalités de construction de la liste, la représentation de chaque force politique n’est aujourd’hui pas connue, il semble bien que les propositions, ou du moins l’esprit des exigences portées par le Collectif « On s’en mêle » on fait leur chemin à la lecture du communiqué de presse des trois organisations paru le 3 décembre.
Celui-ci fait explicitement mention d’objectifs dans lesquels le Collectif peut se retrouver : « une liste plurielle, largement ouverte aux forces citoyennes et représentatives de tous les habitants » ; « une liste commune permettant à toutes les sensibilités d’exister sans hégémonie d’aucune force qui la compose » ; avec un projet « qui s’inscrira dans un cadre collectif tout au long du mandat ».
Voilà pour l’esprit du communiqué. Reste à en écrire précisément la partition, la mise en musique. Nul doute que les débats vont se poursuivre sur ces sujets ainsi que pour « le projet de ville » qui sera soumis aux suffrages des habitants le 15 mars 2026.
L’heure est aujourd’hui sans plus attendre à la construction collective du projet et à la mise en mouvement du plus grand nombre à partir d’un acquis, d’une force, d’une dynamique : l’union.
Tout ce qui était en germe doit maintenant s’amplifier.
L’impatience se transformer en force. Les doutes en certitudes au service d’un objectif : convaincre. Les déçus, les floués, les abstentionnistes, les – encore – non-inscrits (la clôture des inscriptions sur les listes électorales est fixée au 6 février). Avec une ligne de conduite : rassembler, fédérer toutes les énergies pour gagner.
