Le rapport mis au vote le 23 juin a fait l’objet de propositions d’ajustements pour lesquels l’ensemble de l’assemblée, majorité et opposition confondues, se sont prononcées favorablement.
En revanche, la désignation de quatre administrateurs au sein de l’association « Suivez la Flèche », la structure qui dirige le projet de reconstruction de la tour nord et de la flèche de la basilique cathédrale de Saint-Denis, a fait l’objet d’un désaccord qui renvoie à une conception de la démocratie.
Allons à l’essentiel. Mathieu Hanotin présidait cette association. Il a fait part de son souhait de conserver un rôle actif à travers un mandat d’administrateur au sein de l’association, revendiquant par là-même une place pour l’opposition, les trois autres étant attribuées à la majorité.
Cela a été refusé par le président de Plaine Commune, Bally Bagayoko. Il a donc été procédé à un vote sur chaque candidat présenté par le président, Mathieu Hanotin réitérant pour chaque vote sa candidature.
La décision initiale du président a été sanctionnée par un vote, dans la droite ligne de celle prise précédemment à Saint-Denis par le maire : le refus d’accorder une place d’administrateur à Mathieu Hanotin. La délibération concernant la ville indique le nom des administrateurs au titre de la collectivité : Bally Bagayoko, Silvia Capanema, Sofia Boutrih et Katy Bontinck, celle-ci représentant l’opposition.
A l’issue du vote à Plaine Commune, quatre candidats ont été élus par le conseil territorial, Bally Bagayoko (Saint-Denis), Manon Monmirel, conseillère municipale et suppléante du député LFI Eric Coquerel (Saint-Ouen), Bastien Lachaud, conseiller municipal et député LFI (Aubervilliers), Mourad Mehkloufi, adjoint au maire (Saint-Denis)
Qu’en conclure ? Mathieu Hanotin serait plus crédible quand il invoque la démocratie pour défendre la présence de l’opposition dans le conseil d’administration de l’association s’il n’avait pas pratiqué l’inverse de ce qu’il réclame aujourd’hui. Et, de surcroit, pour lui-même.
En effet, qu’on s’en souvienne, Mathieu Hanotin n’a-t-il pas refusé lors de son mandat la présence de l’opposition au sein du Fonds de dotation Ambition Saint-Denis réservant l’ensemble des postes aux membres de sa majorité ?
Qu’on n’oublie pas, c’est pourtant tout récent, le résultat de l’élection municipale s’est joué – en grande partie – sur une question cruciale : celle de la démocratie, de l’expression des contraires, du pluralisme et bien au-delà des nominations dans les organismes extérieurs ! C’est faute de ne pas l’avoir pratiqué au quotidien qui a conduit à une sanction électorale aussi nette.
Pour ce qui concerne la majeure partie de la majorité municipale à Plaine Commune et le président qui l’incarne, la tentation de l’hégémonie est un faux pas, la laisser s’installer, prospérer, serait une faute, a fortiori au sein d’une coopérative de villes. A tout le moins aujourd’hui une entorse, pour ceux qui s’en réclament, à ce que prône aussi la « révolution citoyenne ».
PS : il y avait un conseil municipal ce jeudi 25 juin. Un rapport portait sur le règlement intérieur du conseil. Il comporte en particulier une nouveauté pour l’expression citoyenne. En donnant pendant un quart d’heure, en début de séance, la parole aux citoyens, cela permettra outre cette expression des échanges avec les conseillers municipaux. Autre nouveauté, une modulation des indemnités, des retenues pouvant être effectuées selon un critère : celui d’absences répétées au sein des commissions ou des conseils municipaux. L’intervention du conseiller municipal Kader Chibane sur le sujet n’a pas manqué de culot, celui-ci exprimant l’importance de la présence régulière, assidue des conseillers municipaux dans les instances et assemblées. Ce qui ne l’a pas empêché d’avoir eu recours pour l’existence du « groupe » qu’il a présidé de janvier 2023 à mars 2026, à un conseiller municipal fantôme. Le groupe « socialiste, écologiste et citoyen » a voté contre le rapport.