Mathieu et Rachida. Il était une fois Pierrefitte…

, par Saska Rupert

Il y a moins d’une semaine, le jeudi 30 mai, réunis en conseil municipal extraordinaire, les élus pierrefittois et dionysiens ont voté en faveur de la création d’une commune nouvelle nommée Saint-Denis au 1er janvier 2025. La délibération adoptée par 45 voix pour et 10 contre à Saint-Denis et 26 voix pour et 10 contre à Pierrefitte entérine la disparition de cette dernière en tant que commune souveraine la réduisant au rôle de commune déléguée. Une fusion peut en cacher une autre.

Après le vote des conseils municipaux, la parole est maintenant au préfet… et à toutes celles et ceux qui persistent à exprimer leur volonté dans le cadre de la votation citoyenne.

Il est possible de prendre connaissance de l’ensemble des interventions sur les sites des deux villes mais nous avons choisi de publier des extraits d’interventions. Nous en avons retenu deux pour les sujets qu’elles abordent et leur concision. On s’excusera pour la parité qui n’est pas au rendez-vous.

Celle de David Proult, élu d’opposition dionysien du groupe Saint-Denis à gauche ! conteste les éléments avancées dans le rapport financier. Romain Potel, élu d’opposition du groupe « Rassemblés pour changer Pierrefitte » qui outre les éléments concernant la mauvaise gestion financière de Michel Fourcade mis en exergue, dénonce l’absence de toute démarche démocratique transparente dans la conduite de ce projet.

Avant cela, il est plaisant de lire un article de Libération publié le 2 juin, en l’occurence le billet de Jonathan Bouchet-Petersen dans lequel il est question du projet de fusion entre France Télévisions, Radio France et l’INA, que porte Rachida Dati, ministre de la Culture.

Un billet titré " Rachida Dati a hélas plus d’ambition pour elle-même que pour l’audiovisuel public " dont la teneur nous fait penser à ce qui se trame ici en matière de fusion, tant les similitudes sont grandes tant dans les arguments que dans la méthode et l’objectif poursuivi.

On ne peut s’empêcher à sa lecture de remplacer un nom par un autre, d’y reconnaitre la manière de faire que l’on dénonce ici, les arguments frappés non au coin du bon sens mais de la filouterie politique. Essayez, vous verrez, ça fonctionne, mieux, ça fusionne.

Un exemple ?

"Avec un calendrier mis sur la table qui, même s’il reste hypothétique, a pour objectif premier de lui permettre d’afficher un bilan clinquant avant les municipales de 2026 où elle ambitionne de conquérir enfin Paris. Il y a dans cette démarche une aventure au service de son seul intérêt personnel qui sied bien à sa façon de faire de la politique." écrit Jonathan Bouchet-Petersen.

Plus loin il poursuit…

"Depuis qu’on l’a vue sortir ce dossier du chapeau – sans qu’il figure dans le programme présidentiel du candidat Macron en 2022, […], on a entendu la ministre dégainer des arguments purement budgétaires et mettre en avant la nécessité d’une fusion entre France Télévisions, Radio France et l’INA pour faire face aux géants du numérique."

"Réformer pour réformer est à la mode ces dernières années, mais cela se fait la plupart du temps pour de mauvaises raisons, sans dialogue et sans s’encombrer de ce qu’on appelle pompeusement l’intérêt général."

et Jonathan Bouchet-Petersen conclut en ces termes :

"Rachida Dati ne donne pas le sentiment d’être à l’écoute. Bien au contraire. Avancer quoi qu’il en coûte n’est pas une preuve de courage mais bien davantage le signe d’une obstination destructrice typique du macronisme. En cela, Rachida Dati est à sa juste place."

Si tout ça ne vous évoque rien ou personne, c’est à désespérer d’une faculté humaine essentielle : l’imagination.

Non c’est trop moche.

Alors on pourra toujours dans quelques années, le soir, ouvrir un livre devant des yeux émerveillés et commencer à lire :

« Il était une fois une pierre, dressée et plantée qu’on appelait Pierrefitte, que dominait la Butte Pinson… »