Le 6 décembre 2016, Bernard Cazeneuve est nommé Premier ministre par François Hollande. Son séjour à l’hôtel Matignon est le plus court de la Cinquième République, il bat ainsi le record du plus bref passage à Matignon après Édith Cresson.
Son respect du travail parlementaire n’est plus à démontrer puisqu’il est le Premier ministre ayant eu le plus recours aux ordonnances au regard du temps passé à Matignon…
Que ce soit aux Affaires européennes, au Budget ou à l’Intérieur il y laisse sa marque. Celle de l’orthodoxie libérale et sécuritaire.
Aux Affaires européennes, c’est lui qui porte pour la France le pacte de stabilité monétaire, autrement dénommé le pacte budgétaire européen. La fameuse règle d’or qui entend limiter les déficits. L’ordolibéralisme est aux commandes.
Au budget, c’est le projet d’une taxation infime des activités de « trading à haute-fréquences » qu’il combat. Une taxation n’ayant pas pour but d’interdire mais de s’appliquer à un procédé basé sur un algorithme qui permet (en millième de seconde) de réaliser des opérations financières sur des titres achetés et vendus des milliers de fois dans la même journée. Une activité dénoncée à l’époque par l’ONG Oxfam comme une « spéculation sans limite, inutile et dopée par les ordinateurs ». On parlait à ce moment là de la Taxe dit Tobin sur les transactions financières…
Au ministère de l’Intérieur, place Beauvau, c’est la mort de Rémi Fraisse, tué dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014 par un tir de grenade offensive lors des manifestations contre le barrage de Sivens. Un rapport de la Ligue des droits de l’homme dénoncera « un régime de violences policières qu’aucun citoyen attaché aux règles démocratiques ne saurait tolérer » et « la légalité douteuse des opérations de maintien de l’ordre menées à Sivens ».
L’utilisation de grenades offensives pour le maintien de l’ordre sera interdite suite à ce drame. Elles laisseront place à l’utilisation massive des LBD dans les années suivantes à l’occasion des manifestations contre la loi travail, lors des manifestations des Gilets jaunes ou plus récemment à Sainte-Soline.
Et c’est en tant que premier ministre qu’il porte la loi dite « sécurité publique », adoptée en février 2017, qui assouplit les conditions pour ouvrir le feu sur un automobiliste, en cas de refus d’obtempérer, lors d’un contrôle routier, loi entrainant cinq fois plus de personnes tuées par des tirs policiers visant des véhicules en mouvement entre 2017 et 2023 en comparaison avec la période précédente.
Macron élu président de la République, le gouvernement conduit par Bernard Cazeneuve démissionne en mai 2017.
Le soir du 10 mai exactement, là aussi tout un symbole…
PS : On apprend un peu avant 20H ce dimanche 1er septembre que Xavier Bertrand sera aussi reçu à l’Élysée le lundi 2 septembre. Le titre de ce billet est à nouveau confirmé.