Un président de la République en déchéance de dignité

, par Saska Rupert

Le président de la République qui se présentait comme un rempart face à l’extrême-droite ne s’interdit aujourd’hui aucun mot, aucun vocable. Il puise au plus profond des discours, des haines de l’extrême droite pour attaquer le Nouveau Front Populaire.

Ainsi, alors que l’extrême-droite a fait des personnes trans une des cibles de ses haines, la sortie du président de la République qualifiant de « ubuesque » l’idée « d’aller changer de sexe en mairie » est une indignité.

Le président de la République n’ignore pas que le changement d’état civil libre est en place en Espagne, au Danemark, en Allemagne, à Malte, en Suède, en Irlande, en Islande, en Norvège, en Suisse, au Portugal, au Luxembourg, en Belgique, en Grèce, en Argentine, en Uruguay, en Colombie, au Brésil, en Bolivie, en Équateur, au Pérou, au Chili.

Le président de la République n’ignore pas non plus que la France permet depuis 2017 aux personnes transgenres de modifier leur état civil sans avoir « à justifier de traitements médicaux, opération chirurgicale ou stérilisation », mais moyennant une procédure devant les tribunaux et non une simple déclaration volontaire à l’état civil comme le propose le programme du Nouveau Front Populaire à l’instar de nombreuses associations qui le réclame.

Une exception notable en Europe, depuis 2020, c’est la Hongrie de Victor Orban, ami des Le Pen et consorts, qui a interdit l’inscription du changement de sexe à l’état civil et la reconnaissance juridique de l’identité de genre des personnes transgenres.

Dans le même esprit, le président de la République a qualifié, mardi 18 juin, « de totalement immigrationniste » le programme du Nouveau Front Populaire, reprenant à son compte l’un des termes favoris du Rassemblement national et de Reconquête.

Face à l’alternative de gauche, le président de la République enterre définitivement son « en même temps », présenté comme « « et de gauche et de droite », et qui ne fut que « de droite et de droite » et enfourche le « ni droite, ni gauche »… cher à l’extrême-droite.

Nous avons aujourd’hui un président ventriloque qui, monstre à deux têtes, face à la gauche, vocifère. Bardella et Zemmour réunis.

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