6 ans d’Hanotin… novembre 2024 : Opération Stop sandwich

, par Jacques

État des lieux de 6 ans de luttes des parents de Saint-Denis. Automne 2024, grève des agents de la pause méridienne. Les parents les soutiennent pour l’amélioration de l’accueil des enfants et la fin de la grève.

 Le contexte
Depuis 2022 et le nouveau PEDT (plan d’éducation territorial), la fragilisation des ADL s’est accentuée. D’abord avec la baisse du taux d’encadrement. Avec le regroupement des centres pendant les vacances (jusqu’à 6 centres regroupés), qui fragilise les équipes, les projets, et déstabilise les enfants. Avec la mobilité forcée instaurée en 2023. Avec l’incapacité de la ville à recruter des animateurs pour les postes existants, à plus forte raison de remplacer les absents, ce qui aboutit à des taux d’encadrement réels de 1 pour 20, 1 pour 40, à 1 pour 60 dans le pire des cas constatés par les syndicats. Le temps de la pause méridienne est le plus impacté.
En parallèle, les autres professions des écoles ne sont pas épargnées : si le personnel de ménage désormais externalisé ne peut plus s’exprimer, les atsem et les gardiens les relaient. Ce sont eux en effet qui doivent suppléer aux carences des sociétés de nettoyage sur leur temps de travail.
Côté cantinières, pas d’embauches, alors que les effectifs de la cantine sont en forte augmentation en nombre d’enfants mangeant le midi (et pas seulement en pourcentage comme l’affirme la mairie).
Personnels précaires depuis 7 ans en moyenne, accueil dégradé des enfants handicapés, augmentation de la charge de travail des directions d’ADL et de leurs adjoints…
La situation est explosive et les personnels lancent une grève dure le 12/11/24 parce qu’ils n’en peuvent plus.

Des situations catastrophiques ignorées.

 La décision des élus
La réaction des élus est maintenant familière. Ils affirment leur incompréhension, puisqu’ils font tout pour le bien-être des agents, pour les écoles. Ils nient la réalité dénoncée par les agents et largement connue par les parents, en particulier concernant les taux d’encadrement réels, même s’ils reconnaissent des difficultés de recrutement. Ils répondent aux agents par le mépris (on peut voir M. Hanotin pianoter sur son téléphone tandis que les agents qu’il refuse de recevoir l’interpellent lors d’une réunion). Et aux parents sur le même ton : ces derniers sont contraints de forcer la porte de la mairie pour être reçus.
Les élus tentent sans succès de monter les parents contre les agents. Ils parviendront péniblement à obtenir un courrier de soutien aux élus, émanant d’un petit groupe de parents d’une école, dirigé par l’époux d’une élue.

 La mobilisation
Les parents sont à nouveau fortement impactés par cette grève. Dès le début, pourtant, une franche solidarité est affichée avec les grévistes, et un soutien massif à leurs revendications. Les représentants de parents de 19 groupes scolaires envoient des courriers à la Ville pour soutenir les agents.
L’« opération Stop sandwich » se met en place, les parents se fédèrent, ils se coordonnent avec les grévistes et appellent à un rassemblement à l’occasion du conseil municipal le 28/11/24, où ils se retrouvent à plusieurs centaines, avec la police municipale déployée à l’entrée de la mairie pour empêcher les familles de participer au conseil municipal.
La presse couvre l’évènement avec une certaine stupeur : malgré l’insistance des journalistes, les Dionysiens ne s’en prennent pas aux grévistes mais aux élus…

Le Parisien, 29/11/24


 C’est une victoire en demi-teinte. Le lendemain du rassemblement, la mairie concède plusieurs avancées réelles quoique largement insuffisantes par rapport aux revendications des personnels et des parents, et la dégradation des conditions d’accueil des enfants. C’est cependant la première fois que la ville est contrainte de céder du terrain. La solidarité des parents avec les agents a été déterminante, cela a permis des échanges fructueux.

La police municipale face aux parents-citoyens à l’entrée du conseil municipal. Une image qui restera de l’ère Hanotin.