Article actualisé. Cité Pablo Neruda. 100 jours d’eau froide, d’eau trouble et de légionelles. Que se passe-t-il à Plaine Commune Habitat ? Après son courrier du 29 novembre resté sans réponse, le député Stéphane Peu interpelle à nouveau la présidence de PCH et souligne la nécessité de « transparence et proximité dans une situation particulièrement anxiogène »

, par Michel Ribay

Le conseil municipal du 13 février a dès son ouverture fait l’objet d’un vif échange entre le maire, Mathieu Hanotin, et le conseiller municipal Bakary Soukouna. Ce dernier souhaitait parler de la situation que rencontrent des locataires à Pablo Neruda suite à la découverte de légionnelles dans le circuit de distribution d’eau. Entre le manque de réactivité du bailleur et l’attitude du maire au conseil, les locataires de PCH ont de quoi être inquiets et les Dionysiens être très en colère.

Parler ne serait-ce que quelques minutes de la situation rencontrée par les locataires de la résidence Pablo Neruda confrontée à la découverte de lésionnelles dans le système de distribution d’eau, pour le maire il n’en était pas question. Le souhait du conseiller municipal Bakary Soukouna d’y consacrer un moment d’échange a été immédiatement et brutalement refusé par le maire au motif que ce point n’était pas à l’ordre du jour.

Celui-ci ne s’est pas contenté d’ailleurs de faire preuve, comme à son habitude, d’un autoritarisme totalement déplacé puisqu’il est allé cette fois-ci jusqu’à qualifier cette demande d’une « manip à la con » de la part du conseiller municipal puis l’accuser de « jouer au con ». De pire en pire.

Une alerte et de nombreuses relances à PCH

Outre cette séquence dans laquelle, une fois de plus Mathieu Hanotin a fait preuve d’indifférence à l’égard de la situation dans laquelle se trouvent des habitants, de mépris à l’égard d’élus de l’opposition, cette affaire révèle aussi les nombreux dysfonctionnements qui affectent Plaine Commune Habitat quant à sa réactivité s’agissant du traitement des réclamations de la part de ses locataires.

En effet d’importants dysfonctionnements et anomalies concernant l’eau distribuée avaient pourtant été signalés dès le 21 octobre au président de PCH, Adrien Delacroix et au directeur général et les éléments photographiques envoyés auraient du conduire à une très rapide réaction ne serait ce que par mesure élémentaire de précaution.

Il n’en a rien été puisque du 21 octobre 2024, date de la première alerte jusqu’à la convocation d’une réunion le 14 février 2025 suite à la découverte de légionnelles dans le circuit d’eau, de multiples relances ont été adressées à PCH par les locataires et relayées par différents administrateurs représentants des associations de locataires au sein du conseil d’administration.

Rappelons qu’ayant déjà subi un grave incendie au mois d’août et les nombreux désordres qui ont suivi, après ce traumatisme les locataires pouvaient s’attendre à un peu plus d’attention pour traiter leurs réclamations.

La ville saisie par L’Agence Régionale de Santé

Une alerte aussi de la part de l’ARS saisie du sujet par les locataires avec un courriel adressé en date du 27 novembre au service Hygiène de la ville de Saint-Denis « pour enquête et suite à donner » et pour laquelle en date du 11 décembre l’ARS n’avait toujours pas de retour.

Un courrier du député Stéphane Peu le 29 novembre 2024 adressé au président de PCH demandait pour sa part « compte-tenu du caractère très anxiogène de la situation (eau de couleur jaunâtre plutôt inquiétante) de bien vouloir faire procéder aux vérifications et analyses nécessaires afin de lever les doutes et rassurer ainsi les locataires […] ».

Que se passe-t-il à PCH ?

Le bailleur semble de plus en plus en difficulté pour réagir promptement quand des dysfonctionnements lui sont signalés. Le manque de réactivité à Pablo Neruda, les locataires du 19, rue Eugène Hénaff en ont aussi fait les frais pendant plusieurs mois avant que les dysfonctionnement rencontrés là aussi dans la distribution d’eau chaude soient traités. Il a fallu la venue d’une délégation au siège de PCH pour qu’après plusieurs mois d’appels, de courriels, de courriers la situation se règle en moins d’une quinzaine de jours !

Que se passe-t-Il donc à PCH ? Alerté le 21 octobre par écrit après une première interpellation orale le 14 octobre, ce n’est que le 2 décembre qu’une première analyse de l’eau concernant uniquement son acidité (pH) et sa dureté (TH) est réalisée et ce n’est que le 30 janvier qu’une deuxième série de prélèvements est effectuée.

Que se passe-t-il à PCH (et à la ville) pour que les alertes et relances (appels téléphoniques, couriels, lettre recommandée avec accusé de réception, courriels des administrateurs, courrier du député) ne conduisent au mieux qu’à des réponses tardives et le plus souvent à l’absence de réponse.

Le président de PCH et adjoint au maire, Adrien Delacroix, la direction générale avaient pourtant été alertés dès le 21 octobre 2024. La ville avait également été saisie du sujet par l’Agence Régionale de Santé (ARS) à deux reprises, le 27 novembre 2024 et avec une relance le 13 janvier 2025.

Désorganisation des services, perte de proximité, départs de personnel, autres causes ou addition de plusieurs facteurs ? A ce stade, sans plus d’éléments précis, difficile de se prononcer mais cela se traduit par une dégradation du service dû aux locataires qui eux ont du faire face à une succession d’augmentations des loyers.

On peut en tout cas dès maintenant s’interroger sur la validité du label « Quali Hlm » à PCH. Un label qui, comme il est écrit sur le site du bailleur « témoigne de l’engagement fort de Plaine Commune Habitat pour la qualité de service et atteste de la mise en place d’une démarche d’amélioration continue et concertée, au service de la satisfaction des locataires et du cadre de vie ».

Hum… A n’en pas douter, peut mieux faire !

PS : Après la, réunion du 13 février suite à la découverte de légionelles, une nouvelle réunion est prévue le 19 février à l’école André Diez à 18h30 pour faire le point.