Campus Condorcet. Îlot de chaleur ou îlot de fraicheur. Il faut choisir !

, par Michel Ribay

Ce mardi premier juillet, 16 départements sont en vigilance rouge dont tous les départements d’Ile-de-France. Cette décision souligne le caractère extrême de la canicule en cours. Les impacts sanitaires sont connus. Se préparer, s’adapter dès aujourd’hui exigent de préserver ce qui contribue au bien être et à la santé et surtout à ne pas détruire ce qui existe déjà. C’est tout l’enjeu de la bataille pour la préservation du parc de l’ilot 4 du Campus Condorcet.

Un conseil d’administration de l’Etablissement public Campus Condorcet devait se tenir ce matin au 8 cours de Humanités. Il ne s’est pas tenu ou plutôt si mais pas dans les locaux en raison, ironie de la situation, de la canicule en cours.

Il s’est donc tenu en visio, une manière d’échapper aux fortes chaleurs et au comité d’accueil présent dès 9 heures au pied des locaux, pour se faire entendre, pour faire entendre raison aux membres du conseil d’administration sur le risque qui pèse sur le parc d’un hectare existant : sa disparition.

Des membres du conseil d’administration présents parmi les manifestants avaient demandé en vain l’inscription d’un point à l’ordre du jour, celui de l’avenir de ce parc, afin d’y défendre l’idée d’un moratoire, en particulier sur le jury d’architecte qui doit se tenir ce mois-ci, et l’examen de toutes les alternatives possibles pour éviter la construction du bâtiment de 18 000 m2 conduisant à la disparition de cet espace vert, ouvert sur le quartier et qu’on déjà investi les riverains, les étudiants-chercheurs et salariés du secteur. Un sujet en définitive relayé dans les points divers permettant de ne pas le faire apparaître en tant que tel, d’invisibiliser le sujet.

On ne reviendra pas sur les arguments de bon sens, ni sur tous les documents stratégiques qui prescrivent de renforcer la trame verte pour faire face au réchauffement climatique.

On ne fera pas à nouveau référence à un document – le plus récent, le plus territorialisé, le PCAET de Plaine Commune –, mais à celui adopté en mars dernier, le Plan national d’adaptation au changement climatique qui repose, pour la première fois, sur une Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC), le scénario tendanciel selon les données du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Un scénario qui prévoit en France une hausse des températures moyennes de 2 °C en 2030, de 2,7°C en 2050 et de 4 °C en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle.

Ce plan comporte 52 mesures dont pas moins de quatre concernent directement notre sujet : détruire ou conserver un parc existant avec les mesures 13, 14, 20. La mesure 27 interroge directement la sobriété, le bon usage des finances publiques.

Ces préoccupations ont constitué la trame des intervenants. Se sont succédées ce mardi 1er juillet, celles de Julie Pagis, Emmanuel Bellanger tous deux chercheurs, usagers du Campus et membres de l’intersyndicale du Campus, des politiques et citoyens, représentants de collectifs et associations environnementales, Bastien Lachaud, député LFI de la circonscription, Jean-Jacques Clément, dionysien, du Collectif des habitants de la Plaine, Antony Daguet, conseiller municipal d’opposition PCF à Aubervilliers, Sofia Boutrih, dionysienne, conseillère municipale et territoriale d’opposition, chef de file PCF pour les municipales à Saint-Denis, Cécile Gintrac, dionysienne, pour LFI, Thomas Vigot, secrétaire de la section PS d’Aubervilliers, Nicole Picquart du MNLE 93, Didier Mignot, conseiller régional PCF, Catherine Choquet de la LDH, ainsi que Francis Redon, représentant de France Nature Environnement 93.

Auparavant, des membres élus du conseil d’administration s’étaientt connectés à la visio de la réunion qui débutait à 9h 30 pour faire entendre la parole des présents, leur refus de la destruction du parc. Bronca des participants et aboiements des chiens, – usagers eux-aussi du parc – ont résonné ainsi jusqu’aux oreilles des membres du conseil d’administration.

La mobilisation va ainsi se poursuivre. La raison, la cohérence, l’intérêt général même va-t-il l’emporter ou l’entêtement, l’aveuglement des décideurs conduiront-ils jusqu’à des recours devant les tribunaux administratifs ?

Leur inaction, pire une décision contraire aux politiques d’adaptation climatique, à la santé des habitants, salariés et usagers les conduiront-ils, au nom de la mise en danger d’autrui, devant d’autres tribunaux ?

La question, à bien y réfléchir, se pose aussi.