Article actualisé. Massacre de la couverture de l’autoroute A1 à la Plaine. Mathieu Hanotin : « Je ne reviendrai pas sur ce qui a été supprimé ». Interrogée par le Collectif la semaine dernière sur les travaux, l’Unité Territoriale Urbanisme de Saint-Denis indique "qu’aucune autorisation d’urbanisme n’a été délivrée ". Mathieu Hanotin ne reviendrait donc pas sur des travaux effectués en toute illégalité ?!

, par Michel Ribay

Le collectif « Stop au massacre de la couverture de l’autoroute A1 » appelle à une réunion d’information et de mobilisation pour défendre l’esprit et la qualité architecturale et paysagère de l’ancienne voie royale, à la Plaine, dénommée aussi "Les Jardins Wilson " En 1998, Michel Corajoud, paysagiste et Yves Lion, architecte, réalisent l’aménagement de la couverture partielle de cette tranchée permettant ainsi à Saint-Denis de retrouver sa voie monumentale large de 70 mètres, à l’instar des Champs-Élysées. Aujourd’hui, Mathieu Hanotin, maire de Saint-Denis et président de Plaine Commune tente de rejeter les décisions sur d’autres mais assume « « Ce n’est pas moi, mais je ne reviendrai pas sur ce qui a été supprimé ». Article actualisé le 13/12 à 14h45. Réunion d’information et de mobilisation à l’appel du Collectif, mercredi 13 novembre, 19 h, à La Belle Étoile.

Suite aux interpellations par courriels dès la mi-novembre des services de la ville, de Plaine Commune et des services de l’Etat par des habitants de la Plaine, une réunion en visioconférence s’est tenue jeudi 7 décembre rassemblant les services de l’urbanisme de Saint-Denis/Plaine Commune, de La Direction régionale et interdépartementale de l’Environnement, de l’Aménagement et des Transports (DRIEAT) et ceux des Unités départementales de l’architecture et du patrimoine (UDAP).

Cette réunion avait sans aucun doute pour but d’éclaircir ce qui a conduit à débuter des travaux dans les conditions que l’on connait : absence d’affichage sur leur nature, le maître d’ouvrage, leur durée, leur finalité, l’absence d’information des riverains et en sus de tous ces manquements aux règles, aucune consultation en amont des Architectes des Bâtiments de France ce qui a été confirmé au Collectif par le service concerné (voir les échanges de mail dans le portfolio) dans les termes suivants le 17 novembre dernier :

"Je vous remercie pour cette alerte et votre vigilance. A ma connaissance, l’avis de l’architecte des Bâtiments de France n’a pas été sollicité concernant ces travaux comme il aurait dû l’être pour des travaux en abords de monument historique.
Nous ne pouvons que nous joindre à votre constat du manque de soin apporté aux interventions sur les pavillons existants conçus par l’agence Yves Lion. Nous prenons donc attache sans délai des services concernés de Plaine Commune afin d’éclaircir la situation du point de vue de la procédure administrative."

Le Collectif demande :
 le respect des règles
 une information des chantiers précises et fiables
 des visuels sur la transformation des locaux techniques
 une vision complète de la requalification de la voirie et des trottoirs du Sud de La Plaine et un entretien de fond pour « Les jardins Wilson »

Mathieu Hanotin, prétextant des mésusages n’entend pas revenir à la situation antérieure concernant les pavillons conçus par l’agence d’Yves Lion. Dans le même esprit, il a justifié auprès de nous la politique qu’il mène consistant à supprimer ici ou là des bancs dans la ville.

Encore une fois, des décisions sont prises sans aucune concertation, au mépris des règles en matière d’urbanisme, de respect du patrimoine et du droit moral des architectes.

On se permettra de relever que cette manière de faire, a plus à voir avec l’autoritarisme, le caporalisme et le fait du prince qu’avec le souci affiché d’une "ville équilibrée et apaisée".

Sous le vocable de l’équilibre et de l’apaisement se déploie, se décline dans diverses décisions et arrêtés de la municipalité une politique. De l’arrêté anti-chicha – annulé par la justice après trois ans de procédure – d’août 2020 au retrait des "casquettes " des pavillons conçus par Yves Lion présents sur la couverture de l’A1, ou des bancs en centre-ville ou ailleurs, il y a une logique.

Elle vient de loin.

« Aux U.S.A., les arrêtés municipaux se multiplient : lois anti-flânerie (Cincinnati), interdiction de se réunir dans les squares (Plainfield), interdiction de s’asseoir sur les trottoirs (Boulder), etc. Le promeneur est brutalement collé au mur et fouillé par le policier américain au nom de la sécurité urbaine […] » notait, dès 1976, Paul Virilio dans son Essai sur l’insécurité du territoire.

Mathieu Hanotin a sans doute fait sienne cette manière de penser la "ville équilibrée et apaisée".

Que nous promet-on ?

Une ville qui devra être "marchable" ; on y bannira (au choix) : les bus, la flânerie, l’assise sur les trottoirs, les attroupements et jusqu’aux amoureux sur les bancs publics ?

Lire ici notre premier article sur le sujet.