Deux informations ont été données Mathieu Hanotin encore président de Plaine Commune le 17 décembre lors du dernier conseil de territoire de l’année 2024. La première concerne l’existence menacée à court terme de Plaine Commune en l’absence d’adoption d’une loi de finances pour 2025.
En effet et sans entrer dans les détails des mécanismes de financement de Plaine Commune, Mathieu Hanotin a alerté sur la perte possible de recettes de l’ordre de 120 millions d’euros pour le territoire en introduction de la présentation du projet de budget de Plaine Commune par le vice-président Hervé Chevreau, maire d’Epinay-sur-Seine, en charge des finances.
La répartition des recettes entre la Métropole du Grand Paris (MGP) et Plaine Commune a été stabilisée par un amendement à la loi Notre. En l’absence de reconduction de l’amendement dans le cadre d’un projet de loi de finances, la question de l’avenir se pose avec acuité.
Y aura-t-il, au vu de la situation politique et de la menace d’une censure du gouvernement Bayrou, un budget adopté intégrant l’amendement nécessaire ou un véhicule législatif permettant de résoudre cet épineux problème ?
On ne le sait pas encore et l’inquiétude est légitime. L’avenir de Plaine Commune, coopérative de villes en dépend.
Qui sera le nouveau président de Plaine Commune ?
On s’interroge sur les raisons qui ont poussé Mathieu Hanotin à faire l’annonce d’une future élection du président de Plaine Commune non pas dans le cadre du conseil mais à l’issue de celui-ci invitant les élus territoriaux : « à ne pas [se] lever car j’ai une petite annonce à vous faire après le conseil ». Elle n’est donc pas sur la captation video du conseil. Etait-ce dans l’intention de ne pas lui donner un caractère trop officiel, trop formel ?
Avec la création de la commune nouvelle de Saint-Denis formant une nouvelle collectivité, il s’agira, après l’installation du conseil du 4 janvier à Saint-Denis et celui du 9 janvier portant sur les désignations d’élus dans différentes instances, de procéder dans la foulée le 14 janvier aux renouvellements des mandats dans l’instance territoriale et donc à l’élection du président de Plaine Commune.
Depuis le 1er janvier 2025, Mathieu Hanotin n’est plus président de Plaine Commune et c’est le premier vice-président, Philippe Monges, élu de l’Ile-Saint-Denis, qui en assure la fonction.
S’il ne fait pas de doute que Mathieu Hanotin sera à nouveau candidat à sa propre succession rien n’interdit de formuler quelques hypothèses.
D’autres candidates ou candidats à la présidence de Plaine Commune ?
Quels pourraient-ils être ? Une candidature d’un maire ou d’un élu territorial se réclamant de la droite n’a pas d’avenir au regard de la représentation politique des villes et de l’assemblée territoriale. L’alliance d’Épinay et d’Aubervilliers est très insuffisante pour gagner.
En revanche, au regard de la pratique et du mode de gouvernance pratiqués par Mathieu Hanotin depuis le début de son mandat à Plaine Commune, certains maires, certains élus pourraient être tentés de saisir cette occasion pour faire défection voire régler quelques anciens différends. Il n’est pas exclu, le vote se déroulant à bulletin secret, qu’il réserve quelques surprises.
On peut aussi formuler l’hypothèse que la droite ne voyant pas d’intérêt à compter ses voix sur un candidat ou une candidate sans perspective d’aboutir n’en présente pas et porte ses voix sur un candidat alternatif à Mathieu Hanotin, issu d’une autre famille politique que la leur.
Ce qui conduit à envisager une autre hypothèse, celle d’un candidat capable de rassembler les mécontents de tous bords, dont les maires qui ont quelques raisons de se plaindre – elles ne manquent pas – ; ainsi que ceux qui à une occasion ou une autre se sont offusqués des méthodes de Mathieu Hanotin et cela sans bouleverser l’équilibre politique à Plaine Commune.
Le bel alignement des planètes…
La conjonction d’une ambition politique à celle de faire vivre Plaine Commune autrement et d’une arithmétique favorable associée à des règlements de comptes probables créent une dynamique possible.
Surtout la simple nécessité de ne pas concentrer tous les pouvoirs entre les mains d’un seul peut suffire à motiver la démarche et recueillir l’adhésion nécessaire à sa réussite.
Déjà en position hégémonique à Plaine Commune, le maire de la commune nouvelle de Saint-Denis reconduit à sa tête s’y révélera omnipotent. Les maires des autres villes composant cette coopérative de villes peuvent-ils accepter cela ?
La récente décision du président du département Stéphane Troussel de déménager à Saint-Denis les services du département renforce le déséquilibre déjà existant au sein de Plaine Commune et l’amplifie plus que de raison.
L’hypothèse d’un candidat qui avec son élection à la présidence de Plaine conjuguerait celle de l’élu de proximité ancré dans un territoire et un destin national auquel il aspire n’est pas dénuée de réalisme. Il arrive en politique, comme dans d’autres domaines, que ce qui était improbable le matin prenne rapidement corps au fil des heures et se révèle plausible, possible et finalement se concrétise.
Un nom vient vite à l’esprit et deux questions l’accompagnent : Karim Bouamrane saisira-t-il cette opportunité à Plaine Commune, osera-t-il non pas « défier » Mathieu Hanotin mais tout simplement assumer cette responsabilité au nom de l’intérêt général communautaire ? Un rééquilibrage territorial que beaucoup pensent indispensable en dépend.
Cette option ne serait pas incompatible avec les premiers pas du lancement d’une campagne présidentielle. Selon nos informations, une petite quarantaine de personnes se sont réunies pour cela vendredi dernier autour du maire de Saint-Ouen.
L’élection du 14 janvier ne sera-t-elle alors qu’une simple formalité que beaucoup, laissant faire, pourraient amèrement regretter ou un nouveau point de départ ? A l’approche du scrutin la question semble bien occuper les esprits.
PS : Sur le site de Plaine Commune ce 14 janvier, dans le calendrier des conseils de territoire de 2025 le conseil de ce jour n’y figure toujours pas. Il est prévu à 19 h ce qui est inhabituel, les conseils étant généralement programmés à 20 h.
