Mathieu Hanotin et son adjoint aux sports, Shems El Khalfaoui, mettent à nouveau le SDUS en grand danger. Les tout derniers échanges de courriers. (Article actualisé mercredi 29/11 à 8h30)

, par La Rédac’

Le Blog de Saint-Denis est revenu à plusieurs reprises sur la situation du SDUS. L’avenir de cette association historique n’est toujours pas stabilisé, celle-ci n’ayant pas de visibilité et d’engagement ferme sur la politique de la municipalité à son égard en matière de subventions. Pire, la municipalité développe des activités (financées par de l’argent public) directement en concurrence avec celles du SDUS. A quoi joue la municipalité ? Quel avenir réserve-t-elle aux milliers de licenciés sportifs et au plus de 70 salariés du SDUS ? Après la liquidation de l’office des Sports, celle du SDUS ?

Actualisation (29 novembre à 8h30)

Selon nos dernières informations, le versement d’une subvention à la hauteur du solde attendu (hors Fonds de dotation) aurait été acté en bureau municipal. Elle serait a priori adoptée lors du prochain conseil du 14 décembre. Une fois versée, elle permettra d’éviter in extremis une cessation de paiement à fin janvier.
Quoi qu’il en soit, le SDUS a besoin d’une visibilité sur deux saisons, soit jusqu’à juin 2025, quant aux ressources dont il peut disposer, afin de construire et développer ses activités. Le problème de fond reste donc entier. Il en va aussi par ailleurs de la possibilité pour ses salariés d’un cadre de travail serein sans la crainte récurrente d’une cessation d’activités. C’est cette dimension que souligne le président du SDUS dans son tout dernier courrier en date du 20 novembre 2023.

Les derniers échanges de courriers sont accessibles dans le portfolio. Le Blog de Saint-Denis fera part dans ce même article de tout élément nouveau concernant l’évolution de ce dossier.

La municipalité semble bel et bien engagée dans une logique de municipalisation des activités sportives qui de fait dévitalise le mouvement associatif, acteur historique du mouvement sportif. Cette logique est contraire à ce que la démocratie doit au mouvement associatif, à ce que le mouvement associatif développe comme démarche d’intégration, de construction collective et d’autonomie pour les citoyens. Un mouvement d’association libre avec des buts d’intérêts collectifs.

L’exposition sur les Figures militantes du sport qui s’est ouverte ce mardi 28 novembre au Campus Condorcet en est la meilleure illustration.

La municipalité, d’une certaine manière, ne cesse de dire une chose et son contraire, de dire une chose et de mettre en œuvre son contraire, une municipalité adepte du "en même temps ".

Le SDUS devrait prévoir – la rationalité managériale – mais rien n’est donné pour prévoir. Le SDUS doit s’adapter mais est mis en concurrence avec des activités financées par de l’argent public.

Cette adaptation à cet "en même temps", bien dans l’air du temps de la Macronie, pousse l’imposture jusqu’à citer Vaclav Havel, dramaturge, opposant au régime stalinien tchécoslovaque, fondateur de la charte 77 et ancien président de la Tchécoslovaquie, au conseil municipal du 23 novembre, lors d’une délibération concernant les associations : « Le rassemblement des citoyens dans des organisations, des mouvements et associations est une condition nécessaire au fonctionnement de toute société civilisée bien structurée ».

Cette communication sans vergogne et l’esprit qui la gouverne, sont déconstruits dans le petit livre de la philosophe Myriam Revault d’Allonnes titré L’Esprit du macronisme ou l’art de dévoyer les concepts.

Résumé. Emmanuel Macron avait invité les chômeurs à « traverser la rue » pour trouver un travail. Comme si l’individu était un acteur rationnel, calculateur, seul responsable de ses actes et de leurs conséquences. Or cet individu n’existe pas, personne n’est le coach de soi-même, et la nation n’est pas une « start-up ». Loin d’être anodins, ces propos engendrent des lectures simplifiantes et univoques du lien social.
Car le sujet-citoyen n’est pas l’individu performant. Il n’est pas un bloc d’intérêts et de concurrence mais celui qui, sachant ce qui le relie aux autres, œuvre au sein d’institutions justes à rendre possible telle ou telle option. L’autonomie, la responsabilité ou la capacité n’ont de sens que comprises comme porteuses d’une tension entre l’indépendance des individus et leur intégration dans la communauté. Il existe un endettement réciproque entre l’homme et le social, révélateur du besoin d’un monde commun.
Myriam Revault d’Allonnes. Philosophe. Elle a publié de nombreux essais au Seuil et notamment La Faiblesse du vraiCe que la post-vérité fait à notre monde commun (2020).

Une vivifiante lecture (collection Points, 112 pages, 6,50 euros) à se procurer à la librairie La P’tite Denise, place du Caquet.

Tous nos précédents articles que vous pouvez retrouver sur le Blog via le moteur de recherche avec le mot SDUS :
– Mathieu Hanotin laissera-t-il le SDUS mourir ? Avant la coupe du monde de rugby 2023 ou après les JO 2024 ?
– Bonnes nouvelles… et fin du suspense pour l’avenir du SDUS ? Des inquiétudes persistent, des interrogations demeurent.
– Crise financière du SDUS. Un plan de réduction de charges et de personnel discuté le 9 février par le comité directeur.
– Démission du président de Saint-Denis Union Sports (SDUS) Hervé Borie...
– Saint-Denis Union Sport s’adresse à nouveau à Mathieu Hanotin dans un courrier. Face aux incertitudes pour ses subventions, le SDUS l’alerte sur une possible cessation de paiement.
– Un courrier (musclé) à Mathieu Hanotin signé du président du SDUS, Hervé Borie, conseiller municipal et vice-président à Plaine Commune.
– De mauvais coups en mauvais coups, la municipalité sonne la mort de L’Office des sports créé il y a 50 ans.