Après l’adjointe au maire Hélène Boussel et le conseiller municipal Medhi Hmoudane pour le groupe communiste et citoyen qui ont rappelé que le financement par l’argent public des établissements scolaire privé, obligatoire depuis la loi Debré de 1959, pouvait être interrogé au nom des principes de laïcité, Mathieu Hanotin a, à l’inverse, défendu le principe de la loi en opposition avec ce qui fait consensus à gauche. Nous savons, depuis 1984, que le parti socialiste ne veut plus faire de ce sujet un cheval de bataille. Mais de là à défendre la loi – que François Mitterrand avait voulu abroger – il y a un pas que l’ancien député socialiste a allègrement franchi.
Sur sa lancée, il est allé… encore plus loin. Il a défendu l’idée qu’il faudrait étendre ce principe au financement par la collectivité des activités périscolaires (dont la restauration) des établissements privés ce qui n’est pas prévu par la loi de 1959. Non seulement, selon lui, cette loi est juste mais il faudrait l’amplifier. Ce faisant, notre ancien maire socialiste va au-devant des revendications des institutions représentatives des écoles catholiques qu’elles n’osent formuler.
Ce billet sera surement accusé de vouloir rallumer la guerre scolaire [1] et d’être le fruit d’une idéologie bornée qui refuse la « modernité ». Mais, la politique n’est-ce pas des principes, des idées, des convictions pour l’action ? C’est au nom de ses convictions que l’actualité pour la gauche est à la défense de l’école publique, l’école de tous, et non d’encourager la compétition et la ségrégation dans le système scolaire.
Ce petit débat lors du conseil municipal illustre aussi combien Mathieu Hanotin n’a toujours pas de boussole politique. Après un mandat où il a beaucoup emprunté aux idées de la droite nous aurions pu penser qu’une fois dans l’opposition il en tirerait le bilan. Ce n’est pas le cas. Il ne sait toujours pas où est sa gauche et ce qu’est la gauche.