On vous avait parlé sur le Blog de Saint-Denis de la vente d’un bien immobilier il y a plusieurs mois. Nous pointions dans notre article la disproportion entre le descriptif du bien et celui vantant son environnement. La longueur de l’annonce n’a semble-t-il pas suffit à convaincre puisque le bien est toujours en vente. L’annonce aujourd’hui en ligne multiplie les photos et l’argumentaire est dorénavant moins bavard, plus circonscrit à ses atouts intrinsèques. Du classique.
L’identité du propriétaire relevait d’un secret de Polichinelle, tout le monde ayant identifié que derrière le prénom de Mathieu et le descriptif dithyrambique en forme de bilan municipal un nom s’imposait, celui du maire, Mathieu Hanotin.
Pourquoi revenir sur le sujet ? Il ne s’agit pas d’un intérêt particulier pour l’avenir de ce bien mais parce qu’il s’avère, qu’à rebours de ce qu’on est en droit d’attendre d’un responsable politique, d’un maire, à savoir une forme d’exemplarité dans le comportement et la concordance entre le faire et le dire, elles ne sont pas au rendez-vous.
Posons la question abruptement. Serions-nous trop exigeants ? Ou trop naïfs ?
Comment un maire qui n’a cessé de mettre en avant, à juste titre, les nécessaires politiques publiques contre l’habitat indigne, l’accélération des procédures de péril, l’indispensable accompagnement des copropriétés en difficulté, fragilisées, déstabilisées, par des défauts de paiement des appels de charges a-t-il pu se dispenser d’honorer ses propres obligations en la matière ?
Autrement dit, comment Mathieu Hanotin peut-il justifier d’être débiteur au titres des charges de copropriété d’une somme qui équivaut à plus de trois ans de retard ?
Les procès verbaux des assemblées générales des années 2023, 2024, 2025 font mention des montants cumulés dont le copropriétaire aurait du s’acquitter auprès de la copropriété.
Le dernier état « Balance des copropriétaires en date du 29 janvier 2026 en précise le montant : 15 287, 35 euros.
Un constat. Si la somme peut apparaître à beaucoup de foyers dionysiens comme conséquente, rapportée aux revenus du copropriétaire en question elle s’avère bien négligeable (voir le tableau des indemnités des années 2023 et 2024).
D’autant que celle-ci, rappelons le, correspond à trois exercices annuels d’appels de charges (soit un peu plus de 5000 euros annuels), appelés en général sur quatre trimestres…
Que faut-il en conclure ?
En matière d’exemplarité c’est un zéro pointé pour un maire. Pire pour ce maire qui en octobre 2023 avec Michèle Lutz, maire de Mulhouse, remettaient au ministre alors chargé du logement, Patrice Vergriete, leur rapport contenant 24 pistes pour accélérer la résorption de l’habitat indigne.
Parmi les 24 propositions les rapporteurs préconisaient dans le chapitre IV la suivante : « Faciliter la saisie des lots des propriétaires indélicats en impayés et instaurer un régime de substitution de la collectivité à l’engagement des procédures de saisie en cas d’inaction du syndic. »
« Propriétaires indélicats en impayés », cette formule semble bien s’appliquer au cas d’espèce. 15 287, 35 euros, soit trois ans d’indélicatesse.
Une indélicatesse à l’égard de copropriétaires. De quel terme devons nous caractériser cette attitude à l’égard des Dionysiens ? De quel terme devons nous caractériser cette manière de faire du premier magistrat ?
Cette indélicatesse pourtant caractérisée a fait l’objet d’un traitement particulier lors de différentes assemblées générales.
Certains copropriétaires pour des sommes bien moindres ou légèrement supérieures font tous l’objet de procédures décrites comme telles dans le procès verbal de l’Assemblée Générale Ordinaire du 6 novembre 2025 : « Le copropriétaire débiteur a fait l’objet de relances amiables (courriers simple et mise en demeure) et contentieuses. En l’absence de paiement, au regard de l’importance du passif, le dossier a dû être transmis à l’avocat aux fins d’un recouvrement forcé. Les diligences sont en cours. »
Notre « propriétaire indélicat en impayés » bénéficie lui d’un autre traitement, moins expéditif : « Le copropriétaire débiteur a fait l’objet de relances amiables (courrier simple et mise en demeure) et contentieuses. »
Cette affaire, plus l’on s’y penche, suscite beaucoup de questions. Nous y reviendrons assurément.
PS : Article modifié le lundi 2 février à 11h53, suite à des interrogations de lecteurs, publication de l’état des comptes de la copropriété au 29 janvier 2026.
