Une primaire fermée et à 15 euros. Le prix de 15 repas d’étudiants à 1 euro, l’indemnité de repas d’un routier, un menu kebab complet, 7 litres d’essence permettant de faire 100 et quelques km ou le coût mensuel des couches entre les 24 mois et les 36 mois d’un bébé.
On le voit c’est un choix. Et pour le peuple de gauche qui a connu une amputation de son pouvoir d’achat de 1200 euros depuis 2024 c’est une drôle de manière de susciter sa participation. Un scrutin censitaire en quelque sorte.
Drôle de manière ou plutôt une stratégie qui vise à conforter celui que sondages et médias réunis ont désigné, d’avance, comme vainqueur, Raphaël Glucksmann.
A Saint-Denis, du côté de l’ancienne majorité municipale, c’est le divorce.
Mathieu Hanotin bien que faisant preuve d’une discrétion remarquable depuis sa défaite a fait part de son intention de voter pour Olivier Faure sur sa page Facebook aujourd’hui en sommeil et donc inaccessible. Quel enthousiasme !
On sait qu’il tente depuis quelque temps de revenir dans la maison socialiste après l’avoir largement déserté pendant tout un mandat macron-compatible. Ça ne va pas être aisé de convaincre ses camarades qu’il est temps de passer l’éponge sur sa perte dès le premier tour de deux villes, après avoir bénéficier des JO et du transfuge d’un logo (Les Ecologistes-EELV) dans sa majorité en cours de mandat. Comme dit la chanson : « Y a quelque chose qui clôche la dedans".
Sa première adjointe, Katy Bontinck, a fait elle le choix de Raphaël Glucksmann.
Un divorce donc au sein de l’ex-majorité et aujourd’hui de l’opposition. Un divorce politique qui pourrait peser tant parait difficilement conciliable le prurit obsessionnel de Raphaël Glucksmann envers LFI et l’affirmation d’une indispensable union de toute la gauche défendue par Olivier Faure.
Les débats de la primaire l’ont amplement démontré et amplifié.
Du côté des anciens adjoints, en particulier de la garde rapprochée de Mathieu Hanotin, plusieurs nuances s’affichent. Corentin Duprey, Leyla Temel affichent publiquement leur soutien à Olivier Faure, tandis qu’Adrien Delacroix reste coi. Tout comme Oriane Filhol.
Eloigné du sérail mais toujours vibrionnant Bertrand Revol (pas rancunier pour deux sous ou amnésique) salue le choix de Katy Bontinck et tresse autant de lauriers à Raphaël Glucksmann qu’il déverse sa bile sur Bally Bagayoko et LFI saisissant toutes les occasions d’y consacrer un post.
Que font les autres ? On ne sait pas.
Petit rappel néanmoins. Au sortir de l’élection municipale de 2020, des élu.es s’affichent comme membres de Génération.s. Ils sont pas moins de sept.
Qu’en reste-t-il ? A n’en pas douter rien. Personne. Nada. Etonnante plasticité de l’engagement et de la capacité à naviguer d’un parti à l’autre. De Génération.s au PS ou vice-versa et même, sans quille, à la dérive, de Hamon à Glucksmann… Vers le large…
Le bureau national de Génération.s a, début octobre, fait connaitre sa décision de rejoindre la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Un autre cap.
Pareil, rien du côté des militants qui s’affichaient en janvier 2020 comme membres de Génération.s. On y retrouve une partie des futur.e.s élu.e.s, un futur membre du cabinet et trois autres qui ont fait l’objet pour l’un, d’un article de StreetPress, pour l’autre de l’Humanité. Trône presque au centre et devant le groupe photographié, le troisième, un associé en affaires du second.
Adhérer, s’afficher. Naviguer. Sans boussole ?
Précision apportée ce dimanche 11 à 8h 30 : Oriane Filhol nous signalait hier peu avant minuit via Messenger " : " je n’ai jamais été adhérente au PS et je suis toujours adhérente à Génération•s."
Ajout d’un lien vers un article du Blog de Mediapart "Le PS en voie de radicalisation " ce dimanche à 9h54.

