On peut lire dans le Club de Mediapart le billet de blog d’Alain Bertho publié sur le sujet ce lundi 27 janvier.
Article actualisé le dimanche 26 janvier à 20h. Salim Dabo a été libéré de sa garde à vue ce dimanche quelques minutes avant 15 h. La veille il avait été conduit à l’hôpital de 20h à 23h avant de réintégrer le commissariat de Saint-Denis. Nous reviendrons dans les jours qui viennent sur cette interpellation et les suites qui y seront données.
Article actualisé à 21h18. Selon nos informations Salim a été pris en charge et selon les propos d’un infirmier rapportés à un proche il va bien. Il a été vu par un médecin et des examens sont néanmoins prescrits. La garde à vue est suspendue le temps de son hospitalisation.
Article actualisé à 20h08. Les personnes mobilisées devant le commissariat indique que Salim Dabo est sorti du commissariat et a été orienté sur l’hôpital.
Article actualisé à 19h55. Salim Dabo est toujours en garde à vue au commissariat central avenue Jean Moulin, il n’a à l’heure où nous écrivons ni vu un avocat ni vu un médecin. Une quinzaine de personnes sont devant le commissariat en soutien. Selon nos informations il serait accusé "d’outrage et rébellion". Les manifestations de soutien se multiplient sur les réseaux que ce soient celle de Sofia Boutrih, celle de Bally Bagayoko, de Bakary Soukouna, du député Eric Coquerelou de ses nombreux amis.
Nous publions dans le portfolio des videos de son interpellation. Un audio qui circule parle de "harcèlement de ce gamin".
Nous avions publié tout récemment, le 18 janvier, un portrait de Salim Dabo à lire ici.
Communiqué de presse du 11 novembre 2024
Contrôle abusif à Saint-Denis : je suis Salim Dabo je dénonce des pratiques discriminatoires et illégales
Saint-Denis, le Samedi 9 novembre 2024– Je suis profondément choqué par l’incident survenu le 9 novembre à la sortie d’une activité éducative du Programme “Bel-Air”, où des membres de l’association Univers Project ont été victimes d’un contrôle policier abusif. En tant que président de l’association, je déplore fermement la manière dont ces jeunes, ainsi que moi-même, avons été pris pour cible par les forces de l’ordre, dans un contexte marqué par une montée des tensions à Saint-Denis, particulièrement depuis le début des préparatifs des Jeux Olympiques. Cet événement reflète des pratiques discriminatoires et illégales que nous ne pouvons plus ignorer.
Au cours de ce contrôle, aucun élément de nature illégale n’a été trouvé, mais la manière dont cette opération s’est déroulée était clairement arbitraire et stigmatisante. Plutôt que d’agir dans un cadre sécuritaire ou préventif, il s’agissait d’une manœuvre d’intimidation. Pire encore, j’ai été victime de techniques d’immobilisation interdites depuis la mort de George Floyd, des pratiques expressément prohibées par la loi française pour leur dangerosité.
J’ai été emmené au commissariat, placé en garde à vue pendant 24 heures, avant d’être relâché sans que la moindre charge ne soit retenue contre moi. Cet incident, qui a profondément choqué notre association et les jeunes que nous accompagnons, s’inscrit dans une tendance inquiétante d’intensification des contrôles policiers dans le quartier depuis l’initiation des préparatifs olympiques.
Je suis plus que jamais préoccupé par cette montée des discriminations, dissimulées sous le prétexte d’une sécurité renforcée. Ces pratiques affectent gravement notre travail d’accompagnement auprès des jeunes et alimentent un climat de méfiance et d’injustice dans un territoire déjà fragilisé.
Je demande une enquête rapide et transparente sur cet incident et exige des autorités compétentes qu’elles prennent des mesures concrètes pour garantir le respect des droits fondamentaux des habitants de Saint-Denis. La sécurité, loin d’être une justification pour de telles dérives, doit se bâtir dans le respect de la dignité humaine et de la légalité.
Face à ces abus, nous réaffirmons notre engagement pour une société juste et solidaire. Nous appelons les institutions locales et nationales à instaurer un dialogue constructif, pour éviter que de tels agissements ne se reproduisent à l’avenir.
À cette fin, nous déposerons une plainte à cette date, et demandons à la mairie la mise à disposition des caméras de surveillance afin de faire toute la lumière sur ce contrôle.