Le projet de déménagement des services du département de Bobigny à Saint-Denis mené sans concertation avec les représentants du personnel et les organisations syndicales et sans en informer les élu.es départementaux, y compris ceux de sa majorité, procède de la même méthode utilisée ici par Mathieu Hanotin.
Absence de concertation, projet mené en catimini, la méthode fait florès. Les organisations syndicales se réunissent ce jour.
S’il semble que la motivation s’appuie sur des considérations budgétaires, – des locaux vieillissants sont appelés à connaitre des rénovations coûteuses –, il s’agit bien d’un choix politique effectué par le président du département renforçant un pôle métropolitain, Saint-Denis, au détriment d’une vision plus équilibrée de la collectivité, le département, dont il a la charge. Le coup est dur pour la ville de Bobigny engagée dans une rénovation de son cœur de ville.
A la fusion-absorption de Pierrefitte créant une commune nouvelle de près de 150 000 habitants, au maire-président Mathieu Hanotin de Plaine Commune (440 000 habitants) pratiquant le cumul de mandats tout en prenant des décisions sans mandat, Stéphane Troussel y apporte sa pierre et contribue à accentuer la concurrence des territoires.
On se demande bien à l’aune de ces pratiques et de ces choix politiques ce qui différencie sur le fond la vision de la politique francilienne, régionale de Stéphane Troussel de celle portée par la droite.
Il est toujours facile de développer des discours sur le rééquilibrage Est-Ouest régional quand soi-même on accompagne un mouvement contraire, inégalitaire, accélérant les déséquilibres, les renforçant au sein de son propre département.
L’ambition politique semble bien primer, les prochaines élections régionales en ligne de mire.
Se rapprocher de la sorte du cœur politico-économique métropolitain n’est sans doute pas le meilleur moyen d’y parvenir.
La politique étant aussi une affaire de géographie, le sentiment de relégation, terreau du ressentiment, prospérera d’autant plus dans les périphéries, ces périphéries que les mêmes ne cessent pourtant d’encenser.
Schizophrénie ou duplicité ?