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– Le contexte
C’est la rentrée 2020, en pleine crise du Covid, avec des parents qui sortent du confinement en pleine détresse. Les distributions alimentaires se multiplient à proximité des écoles, et de nombreux parents doivent s’y rendre pour survivre. Nombreux sont ceux qui tentent de reprendre une activité professionnelle pour sortir la tête de l’eau.
– La décision des élus
Les nouveaux élus de Saint-Denis sont à la fête. Après s’être augmentés copieusement leurs indemnités ils décident de serrer la ceinture des agents en leur allongeant le temps de travail. Les agents ne sont pas trop d’accord. Les parents bien que sévèrement impactés ont du mal à leur en vouloir : leurs voisins, qui travaillent dans les écoles, les AVS, les personnels de ménage, de cantine, les équipes d’animation… ce sont des travails difficiles, peu payés, souvent des femmes, pas vraiment le profil type du privilégié…
– La mobilisation
Les Dionysiens découvrent les méthodes de leurs nouveaux élus : mépris pour leurs interlocuteurs et passage en force, tout en affirmant la main sur le coeur avoir tout fait pour dialoguer. Tentative de dresser les uns contre les autres, les parents contre les agents. Disqualification de toute critique, qui nécessairement émane d’une minorité de l’opposition. Et pire que tout, mensonges et contre-vérités assénés tranquillement, brisant une certaine confiance nécessaire entre population et élus, quels que puissent être les désaccords.
La grève qui s’engage frappe de plein fouet les parents. À l’initiative de l’élémentaire Langevin, les parents publient une lettre ouverte le 7/11 signée par 96 représentants de parents de 35 écoles de la Ville. Le mouvement « On veut nos cantines » est né et multiplie les actions, dont un rassemblement de plusieurs centaines de parents devant la mairie le 13/11 pour exiger la suspension de ce projet, et au moins des compensations financières pour les familles les plus en difficulté, tandis que les témoignages alarmants sur les parents en grande difficulté remontent des écoles (Voir sur la page [On veut des profs, remonter à l’automne 2020→https://www.facebook.com/onveutdesprofs/]). La mobilisation est couverte par une presse étonnée de voir des usagers s’en prendre non aux grévistes mais aux fauteurs de grève...
– Une défaite mais une victoire
Le mouvement échoue et ce sont presque deux mois de grève qui sont imposés aux parents par les élus. Rien n’est concédé, et Monsieur le Maire affirme dans le Journal de Saint-Denis [1] « Nous pouvons tenir deux mois s’il le faut. » Pour eux, bien sûr, la vie est plus simple.
C’est cependant au long de ce mouvement que des collectifs de parents (rares collectifs locaux FCPE survivants [2], héritiers des Bonnets d’âne, collectifs indépendants présents dans certaines écoles…) se rencontrent, que des outils sont créés (liste mél, groupe téléphonique, site Internet...), qui permettent d’agglomérer également de nombreux parents isolés. Des liens sont mis en place qui seront déterminants pour les luttes suivantes.






